Festival de Gardanne 2016 : jour 9

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Samedi 22 octobre, jour 9 du Festival 2016 : 2 films en avant-première, de et de .

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Présenté dans la sélection Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes, est le premier long métrage de , réalisatrice palestinienne au passeport israélien. Maha est en effet originaire de Nazareth, comme la famille dont son film nous fait le portrait, et Nazareth est une ville pleinement israélienne, quand bien même la quasi totalité de la population est arabe. Dans la famille dépeinte par , on demande le père, Saleh, et la mère, Nabila. Eux, ils habitent toujours à Nazareth, et les communications entre eux sont réduites au strict minimum, genre un « passe moi le sel », première réplique du film, lancée par Saleh à Nabila alors qu’il n’a qu’à tendre le bras pour atteindre la salière. En fait, Saleh passe son temps à lire des pages Wikipedia sur Internet alors que Nabila tricote, cuisine et regarde les premières minutes de séries télévisées devant lesquelles, régulièrement, elle s’endort. Dans ces conditions, leurs 3 enfants ont choisi d’aller s’établir ailleurs, Hicham en Suède, Tarek et Samar à Ramallah. Tourné avec très peu de mouvements de caméra, le plus souvent en plans séquence, est un film regorgeant d’un humour très fin et qui présente tout à la fois un volet universel et un volet lié à la situation des palestiniens en Israël. Le volet universel, c’est l’incommunicabilité 2.0, celle qui se vit au travers d’internet, de Skype, des réseaux sociaux et des séries télévisées. Quant au volet israélien, ce sont les difficultés que rencontrent les palestiniens dans leur vie de tous les jours, les fameux checkpoints ou le fait pour un trentenaire de ne jamais avoir vu la mer, pourtant située à seulement 60 km, tout simplement parce qu’on a toujours habité à Ramallah, une ville située en zone A, avec toutes les difficultés que cela représente pour aller voir ailleurs. On ne sera pas surpris d’apprendre que a commencé sa carrière cinématographique auprès de Elia Suleiman, en tant que décoratrice sur Le temps qu’il reste. La sortie de ce véritable bijou aura lieu durant le premier semestre 2017.

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C’est le producteur portugais Paulo Branco qui a proposé à de s’attaquer à l’adaptation cinématographique du roman Body Art de l’écrivain américain . A partir de ce roman sur le deuil, la comédienne a écrit le scénario du film avant d’en devenir l’actrice principale auprès de et de . Depuis 11 ans, le réalisateur de cinéma Jacques Rey vivait avec Isabelle, une comédienne qui joue dans tous ses films. Un beau jour, coup de foudre pour Laura, bien plus jeune que lui. Le nouveau couple s’installe dans une grande et belle maison de l’Algarve (remarque : cette maison appartient à l’ancien star du football portugais  Luis Figo !), l’amour est fou mais, dans la maison, résonnent des bruits bizarres. Aller retour rapide de Rey vers Paris, il revoit Isabelle et, au retour, sans qu’on en comprenne les raisons, il jette sa moto contre un camion et se tue. Résultat : Laura, folle d’amour, plus ou moins schizo, se met à porter les lunettes de Rey, à parler comme lui, à le revoir auprès d’elle, à retrouver des moments passés à ses côtés, à le laver dans la baignoire, à se laver, elle, dans la baignoire. Ne tournons pas autour du pot : aurait pu être un beau film sur le deuil, le problème c’est que vient se greffer dessus, dès le début, un fantastique de pacotille, avec ces bruits bizarres qui résonnent dans la maison, avec une musique à vocation anxiogène signée , et la mayonnaise ne prend jamais. Les comédiens ? Amalric (Jacques Rey) fait du Amalric, Balibar (Isabelle) fait du Balibar. Quant à (Laura), on ne la connait pas suffisamment pour savoir si elle fait du . Ce film va sortir le 7 décembre.

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