Festivals News — 19 octobre 2016
Festival de Gardanne 2016 : jour 5

Mardi 18 octobre, jour 5 du Festival 2016 : 4 films en avant-première, de , La supplication de Pol Cruchten, de et L’attrape-rêves de .

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Paterson

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2016, ce nouveau film de Jim Jarmush n’est pas totalement reparti bredouille : la chienne Nelly, qui interprète le rôle du bulldog anglais Marvin, s’est vue attribuée la Palm Dog 2016 du Festival. On ne peut s’empêcher de penser que, dans un cru 2016 plutôt faible, Paterson méritait davantage ! Ce film est avant tout centré sur un couple, lui, Paterson, chauffeur de bus et poète à ses heures, elle, Laura, reine des cupcakes qui rêve de devenir une star de la musique Country. Un couple banal dans une ville banale du New Jersey, Paterson. Une ville banale, mais qui s’enorgueillit d’avoir vu naître dans un village voisin le poète . Paterson dépeint ces banalités avec beaucoup de finesse et d’humour, avec tact, sans jamais forcer le trait. Le rôle de Paterson est interprété par , un nom prédestiné pour jouer un chauffeur de bus, et celui de Laura par la comédienne franco-iranienne . Sortie prévue, le 21 décembre.

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La supplication

La supplication est l’adaptation, par le réalisateur luxembourgeois Pol Cruchten, du livre La supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse écrit en 1997 par , Prix Nobel de littérature 2015. Adapter un tel livre, réunissant des témoignages de témoins de la catastrophe de Tchernobyl et de ses conséquences sur les humains, les animaux, la nature, représentait au départ un pari un peu fou. Avec intelligence, Pol Cruchten a choisi de s’écarter du genre documentaire pur et dur lorsqu’il en ressentait le besoin. C’est ainsi qu’il a fait appel à des comédiens, dont la lumineuse Dinara Droukarova, pour interpréter certains des témoins de toute sorte dont Sveltana avait recueilli les confessions. Il s’est aussi refusé à se cantonner  dans le spectaculaire d’une horreur à base de ruines et de déformations anatomiques. Avec l’aide de , son Directeur de la photographie, il a fait de La supplication un film poétique et d’une grande beauté formelle tout en étant d’une grande richesse d’informations sur les conséquences d’une catastrophe nucléaire. Ce film sortira en salles le 23 novembre.

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Le concours

La Fondation européenne des métiers de l’image et du son, plus connue sous l’appellation La Fémis, est un établissement public d’enseignement supérieur français de renommée internationale, un établissement qui délivre un enseignement technique et artistique destiné à des étudiants qu’on retrouvera plus tard dans les divers métiers du cinéma et de l’audiovisuel. L’entrée dans cette école se fait par le biais d’un concours général particulièrement sélectif : chaque année, ils partent plus de 1000 et, par une sélection qui s’effectue en 3 étapes, ils ne se retrouvent qu’à 3% des candidats inscrits en arrivant au port. Si le premier tour est commun à tous les candidats, les deux suivants dépendent du département visé par les candidats. Ces départements sont au nombre de sept, allant de la production à la réalisation, en passant par le scénario, l’image, le son, le décor et le montage. Ce sont les différentes étapes du concours général de 2014 que nous montre Claire Simon, un film de deux heures qui se voit sans que jamais le moindre ennui ne montre le bout de son nez. On apprécie plus particulièrement les discussions entre les membres des jurys lors du 3ème tour, genre un réalisateur peut-il être fou ou au bord de l’autisme tout en étant génial, genre tel candidat est-il vraiment sincère dans son discours ou, au contraire, essaye-t-il de mieux se « vendre » en disant ce que, pense-t-il, le jury souhaite entendre. Ce film passionnant sortira le 15 février 2017.

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L’attrape-rêves

Il arrive que des films vous accrochent du début jusqu’à la fin sans que vous soyez vraiment capable d’expliquer pourquoi. L’attrape-rêves (à ne pas confondre avec Dreamcatcher, l’attrape-rêves de Lawrence Kasdan) fait partie de ces films. Quand bien même on peut lui reconnaître une certaine originalité, le scénario intriguant de L’attrape-rêves ne casse franchement pas 3 pattes à un canard, ou plutôt, ici, à un faucon : une histoire de guérisseur, de recherche d’une mère qui, elle aussi, aurait des dons de guérisseuse mais qui a abandonné son fils de 10 ans 20 ans auparavant, tout cela avec des faucons qu’on élève et qui volent. Non, ce qui prend le spectateur dans ce film et ne le lâche pas, c’est la beauté glacée des paysages de l’extrême nord du Canada, c’est la caméra portée à l’épaule et qui tourne délicatement autour des interprètes, c’est le montage quasi parfait et c’est le jeu superbe des comédiens, avec une et un égaux à eux-mêmes et, surtout, une sublime dans le rôle principal. Finalement, il s’avère qu’on peut se montrer capable d’expliquer pourquoi ce film vous a accroché du début jusqu’à la fin ! Grâce, sans doute, à la présence de Mélanie Laurent, ce film, qui est resté dans les tiroirs des distributeurs français pendant plus de deux ans, va finir par sortir le 26 novembre.

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles