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Berlinale 2017 : Django (Etienne Comar)


France, 2017
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : Etienne Comar et Alexis Salatko
Acteurs : , , Beata Palya, Bimbam Merstein
Distribution : Pathé
Durée : 1h57
Genre : Biographie filmique
Date de sortie : 26 avril 2017

Note : 2,5/5

Le film d’ouverture d’un grand festival est chargé d’un capital de prestige conséquent, en théorie pour assurer son avenir commercial, ainsi que celui forcément plus subjectif de la dizaine de jours de festivités cinématographiques qui suivront. Il fait en quelque sorte office d’indicateur de la capacité des grandes messes à Berlin, Cannes ou Venise d’attirer les vedettes les plus en vogue du moment. Et il est censé donner le ton à un public de professionnels, dont les faveurs dépendent de façon tout à fait éphémère de ce démarrage plus ou moins réussi. Car, ne nous voilons pas la face, personne ou presque ne se souviendra de ce fameux film d’ouverture, une fois que les vraies hostilités de la compétition auront commencé et encore moins de façon rétrospective, quand certains choix des sélectionneurs doivent paraître bien incongrus. Toute cette préambule en guise de texte d’introduction à notre couverture du 67ème pour exprimer notre état d’esprit pour le moins circonspect à l’égard de Django. Les débuts de réalisateur de Etienne Comar ont certes eu le double honneur de passer en premier et d’être de surcroît soumis au vote du jury. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’un film ennuyeusement conventionnel qui ne sera pas – nous l’espérons de tout cœur – représentatif du programme à venir !

Synopsis : En 1943, alors que le quotidien des gens du voyage dans la France occupée devient de plus en plus précaire, le guitariste de génie Django Reinhardt jouit d’une grande popularité auprès du public national et des officiels de la propagande nazie. Il ne se préoccupe pas de politique et ne vit que pour la musique, à tel point d’envisager de céder à la requête de son agent de partir en tournée en Allemagne. Quand son ancienne amante Louise De Klerk, de retour à Paris après une longue absence, le prévient de la menace qui pèse sur lui en tant que gitan, Django accepte à reculons de se réfugier près de la frontière suisse, en attendant de se mettre à l’abri, avec sa mère et sa femme enceinte, en terrain neutre.

Django enchaîné

Il n’y aura jamais assez de films pour contrer les préjugés qui pèsent sur la communauté des gens du voyage dans la plupart des pays occidentaux. Rares sont en effet les réalisateurs et les producteurs osant s’investir dans des projets qui s’insurgent contre les idées reçues les plus nauséabondes envers un peuple à la culture particulièrement riche. En France, Tony Gatlif est essentiellement le seul à défendre avec vigueur et endurance la cause de la visibilité des gitans et de la tolérance à leur égard. Django ne risque hélas pas trop de permettre aux mentalités d’évoluer, ne serait-ce qu’à cause de l’absence d’éléments nouveaux et d’une sensibilité originale, susceptibles de faire la différence. Déjà amplement couvert au cinéma, le contexte historique de la fin de la Seconde Guerre mondiale, encore plus grotesque et sanguinaire que les débuts du conflit armé qui allait changer profondément la face de l’Europe, y sert au mieux de prétexte à un litanie de clichés manichéens sur les méchants Allemands et les valeureux Français soumis à leurs ordres cyniques. Loin de nous l’idée de vouloir réécrire l’Histoire ou relativiser l’impact néfaste de l’occupation, mais le portrait d’une époque charnière manque singulièrement de force ici, pris au piège d’une série en apparence interminable de poncifs plus médiocres les uns que les autres.

Singe capucin dans la brume

Pas assez de cette faiblesse très rarement démentie du scénario de recréer un climat anxiogène à la hauteur des enjeux de ces années décisives, Django n’est même pas un film agréable à l’œil. L’esthétique des couleurs étouffées qui tirent vers un marron synonyme de fadeur prévaut sur une majeure partie du film, à l’image du vocabulaire filmique général employé par Etienne Comar qui ne réussit guère à susciter le moindre effet de surprise ou d’étonnement. Il ne reste donc que des interprétations tant soit peu appliquées pour sauver les apparences, peu importe les bonnes intentions qui étaient sans doute à l’origine de ce premier long-métrage. Tandis que Reda Kateb campe un homme aussi charismatique que borné et égoïste, Cécile De France s’acquitte pas toujours avec les honneurs de l’emploi peu gratifiant de la femme fatale, qui ne cesse de jouer un double jeu pour arriver à ses fins d’héroïne plus idéaliste que tous les autres personnages réunis. Autant dire que ni la conception de leurs motivations, ni leur mise en œuvre concrète n’invitent à une forme d’enthousiasme quelle qu’elle soit.

Conclusion

Cette année, la Berlinale ne démarre pas vraiment sur les chapeaux de roue, contrairement à l’année dernière et le magistral Ave César des frères Coen et en dépit de quelques autres films d’ores et déjà découverts dans les sections parallèles, dont vous lirez nos impressions sur le site, une fois les délais des divers embargos passés. Quant à Django, s’il faut lui reconnaître un certain engagement dans la démarche louable de vulgarisation d’un chapitre méconnu de l’Histoire française, ce n’est pas pour autant un film assez accompli pour donner envie au public international, qui a pu le découvrir en ouverture du 67ème Festival de Berlin, de s’enquérir davantage de la santé ponctuellement chancelante du cinéma français.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles