Critique : Django Unchained

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affiche

États-Unis : 2012
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : Quentin Tarantino
Acteurs : , , Leonardo DiCaprio,
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Durée : 2h44
Genre : Western
Date de sortie : 16 janvier 2013

4,5/5

On l’attendait depuis des mois, on en rêvait la nuit comme le jour : Django Unchained, le dernier né du réalisateur prodige aux films (et aux B.O) badass, est enfin arrivé sur nos écrans !  Après un détour par la Seconde Guerre mondiale avec ses « basterds », Quentin Tarantino se plonge de nouveau dans l’Histoire pour ce second opus de ce qui s’annonce être une trilogie et a su nous faire saliver en nous dévoilant progressivement des images de son western spaghetti sous fond d’esclavage.

SynopsisDans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.

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D-J-A-N-G-O (le D est muet) : un western sauce Tarantino

Touche à tout et cinéphile invétéré, il n’est pas surprenant que Tarantino s’essaie à l’exercice du western, genre qui a perdu de son essor ces dernières années à quelques exceptions près ( La dernière piste, The Proposition, True Grit….). Sans surprise non plus, le réalisateur excelle dans cet exercice, retrouvant les codes du genre tout en  ajoutant sa touche personnelle qui fait de Django un film dans la pure veine Tarantinesque. On se délecte de cette esthétique très stylisée, de ces gros plans, travellings et autres mouvements de caméra, de ce côté excessif à l’extrême qui fait  qu’une blessure par balle provoque des giclées de sang incontrôlables au point où une scène de fusillade permet de repeindre en deux temps trois mouvements (et cela sans pinceaux et sans peinture) une magnifique pièce blanche en un beau rouge sang !  Ainsi malgré un début en douceur et l’action qui se fait attendre, les scènes « hémoglobine » sont remarquables et viennent insuffler à ce film une bonne dose de second degré, offrant un mélange explosif et jouissif d’humour et de violence, caractéristique  indispensable d’un bon Tarantino.

Situé en pleine période de l’esclavage, Django Unchained possède un sujet propice à la violence, mais en mettant un homme de couleur en position de héros au sein de cette période trouble et créant ainsi une situation qui déroute les esclaves, Tarantino nous livre également des scènes dotées de beaucoup d’ironie qui dénoncent l’absurdité de l’esclavage.

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Un trio d’acteur brillantissime

Un autre élément comique incontestable de ce bijou n’est autre que Christoph Waltz qui une fois de plus excelle dans un rôle taillé sur mesure pour lui et qui, après un rôle de méchant ironique et détestable, confirme son talent incomparable dans un rôle un peu plus humain que celui du Colonel Hans Landa dans Inglorious Basterds. Christoph Waltz dans le prochain Tarantino ? On signe sans hésiter.

Incontestablement, Waltz domine le trio masculin Leo-Jamie-Christoph avec ses expressions désuètes et sa moustache extravagante. Jamie Foxx, malgré quelques scènes de bravoure, est légèrement éclipsé par les interprétations hautes en couleur de ses acolytes. En effet, Leonardo DiCaprio signe également une performance à saluer dans le rôle de ce personnage complexe et sadique qu’est Calvin Candie et s’illustre dans une scène culte comme Tarantino sait si bien les faire. Un film de Tarantino sans scènes cultissimes n’est pas un Tarantino, et Django unchained ne déroge pas à la règle avec son lot de passages jubilatoires sous forme de monologues ou de répliques acerbes signés de la plume toujours aussi singulière du réalisateur.

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Du Tarantino pur jus

Aucun film de Tarantino ne se ressemble vraiment, la créativité et la folie du réalisateur lui permettant de mettre en scène toutes ses fantaisies sous fond d’hommage à ses influences, et pourtant on retrouve dans ses longs-métrages de nombreux points communs qui ont su définir sa patte et qui apparaissent également dans ce western spaghetti-hommage aux films du genre.

Encore une fois, le réalisateur s’adonne à son petit plaisir coupable, apparaissant quelques minutes dans son film dans un caméo sympathique, sorte de clin d’oeil succinct qui fera le bonheur des fans. Il ne sera pas non plus étonnant de retrouver dans ce nouveau film une bande-originale badass qui fait frétiller les oreilles de plaisir, tantôt surprenante (faisant résonner du hip-hop sur des scènes de fusillade) tantôt collant parfaitement à l’atmosphère de ce western et rendant hommage aux classiques du genre (la légende Ennio Morricone en tête).

Et comme à son habitude, Tarantino livre un scénario qui frôle la perfection, mettant en scène des personnages très travaillés dans cet univers principalement masculin (les figures féminines, toutes plus ou moins soumises aux hommes, font bien pâle figure dans ce film, à l’opposé de ce à quoi le réalisateur nous avait habitué) et offrant un film bien rythmé avec de nombreux retournements de situations et qui n’est jamais affaibli par des scènes aux dialogues inutiles tant chaque réplique se savoure. Ajoutons à cela la grâce sans pareille avec laquelle certaines scènes sont filmées, telles des ballets et nous obtenons un film qui n’est peut-être pas un chef d’oeuvre, mais qui s’en approche dangereusement.

Résumé

Django Unchained est un film dans la pure tradition Tarantinesque, un régal de second degré et un bijou d’écriture comme à l’accoutumé. C’est un Christoph Waltz au sommet de son art que l’on retrouve pour la deuxième fois sous la direction de Tarantino, mais c’est aussi avec plaisir que l’on observe Leonardo Dicaprio se révèler un peu plus dans ce rôle malsain. Des scènes déjà cultes, des dialogues toujours aussi savoureux, ce dernier Tarantino n’est peut-être pas le meilleur, mais une chose est sûre : il est très bon ! 

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2 Commentaires

    • En effet et vous faites bien de le souligner ! Mais évidemment il n’ y avait pas de mauvaises intentions derrière l’utilisation de cette expression. 🙂

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