Detachment

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Detachment

Detachment de Tony Kaye Detachment

USA : 2011
Titre original : Detachment
Réalisateur :
Scénario : Carl Lund
Acteurs : , ,
Distribution : Pretty Pictures
Durée : 1h40
Genre : Drame
Date de sortie : Prochainement

Globale : [rating:4.5][five-star-rating]

Tony Kaye, le papa d’American History X nous assène un nouveau coup de poing en pleine tête avec son Detachment. Pourtant beaucoup moins violent que le premier, Tony Kaye réinvente le film d’éducation à mille lieux d’Esprit Rebelle.

Synopsis : Henry Barthes est un professeur remplaçant. Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Lui, qui s’efforce de toujours prendre ses distances va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement.

Detachment

Le journal intime d’un professeur

De Sister Act à The Substitute en passant par Noces Blanches, le cinéma compte des dizaines de films traitant de l’éducation de près ou de loin. Pourtant, le Detachment de Tony Kaye est bel et bien unique en son genre. Pour une fois en effet, le but du film n’est pas de voir un professeur amadouer une classe pleine de lycéens rebelles et violents. Detachment est un peu le « journal intime d’un prof ». Débutant comme un documentaire, alliant au générique les dessins de Tony kaye lui-même et les confessions de professeurs anonymes racontant leurs souvenirs d’école et leurs vocation, le film donne immédiatement le ton. On comprend vite qu’on se situe du côté personnel des professeurs, celui dont on ne parle jamais.

A travers son personnage d’Henry Barthes, un remplaçant qui décide de ne jamais trop s’investir avec ses élèves (d’où sa position de remplaçant seulement) ni avec les femmes, le réalisateur nous fait découvrir l’envers du décor. Ceux qui aspirent à devenir enseignants, ou ceux qui sont simplement élèves ou anciens élèves, tout le monde se retrouve embarqué dans ces moments de vies privées bouleversants durant lesquels on comprend enfin les difficultés des professeurs aujourd’hui.

Detachment

Un magnifique « paysage d’émotion »

Pourtant pas professeur lui-même, Kaye parvient à saisir le côté sombre de chacun des personnages, avec leurs moments d’espoirs, de doute mais aussi et surtout leurs moments de ras-le-bol, de fatigue voire même de haine envers le métier et les élèves. Detachment est surtout une ode à ces acteurs de tous les jours ayant pour lourde mission de nous inculquer les bases de la vie et qui doivent s’armer d’un courage monstre pour parvenir à se lever chaque matin pour venir se faire humilier par de jeunes imbéciles et leurs parents. D’autant qu’il est encore plus difficile de tenir lorsque la vie privée en dehors de l’école est faite de solitude, de divorce, de maladie ou d’autres problèmes du quotidien.

Chacun des professeurs du film est touchant, et une fois mis tous ensemble, ils forment ce que Tony kaye appelle lui même un magnifique « paysage d’émotion ». Chaque acteur (et quels acteurs !) représente une façon de voir le métier d’enseignant différente. Chaque acteur a une histoire différente. Au final, peu importe le scénario du film qui peut paraître un peu fou. L’important c’est ce qu’on ressent. Et avec le maniement précis de la photographie par Kaye, on obtient ces clichés de vie absolument saisissants.

Detachment

Une mélancolie ambiante

Dans le même temps, le personnage d’Adrien Brody poursuit une quête personnelle, le poussant à s’engager, à enfin s’attacher à quelqu’un, par le biais d’une jeune prostituée qu’il va recueillir dans la rue, et par une adolescente perturbée qu’il va tenter d’aider. Ces engagements lui ouvriront les yeux et lui feront enfin ressentir quelque chose, contrairement à son attitude froide du début du film.

Cette ado qu’il va découvrir à l’école, Meredith, n’est autre dans la réalité que la fille de Tony Kaye. Elle est également dans le film bouleversante de réalisme, insistant encore une fois sur la responsabilité des parents et des professeurs dans le mal-être des jeunes d’aujourd’hui. La morale du film étant en effet de ne pas oublier de s’attacher, car même si le fait d’être détaché nous préserve, cet éloignement met en jeu les sentiments des gens qui nous entourent entraînant tout le monde dans une mélancolie ambiante.

Sur un côté purement technique, Detachment est aussi un petit bijou de réalisation qu’il faudra voir et revoir pour saisir chaque instant. Rythmé par la musique et la poésie, le dessin et la photographie, le film mélange des scènes de cinéma, des images de documentaires et une interview volée et surprise d’Adrien Brody qui débute et clos le film. Tony Kaye avoue d’ailleurs avoir été bluffé par la performance d’Adrien, poussant les limites d’Henry Barthes bien plus loin, et lui donnant envie de faire une suite sur ce personnage complexe qu’il redécouvre à chaque fois qu’il regarde son film. Et nous, on ne demande que ça de continuer un peu le voyage spirituel avec eux…

Résumé :

Un moment de poésie pure, sans violence, pour exposer la dure réalité du plus beau métier du monde. Un pur bijou aussi fort qu’American history X. Du grand Kaye, du grand Brody, du grand cinéma qui ne bouleversera pas que les professeurs ou ceux qui veulent le devenir.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=GfrZ8XCdM40[/youtube]

1 COMMENTAIRE

  1. Kaye prouve une fois de plus qu’il ne sait qu’effleurer ses sujets mais magnifiquement diriger ses comédiens. Dans « American History X », il n’évoquait jamais le cheminement intellectuel du personnage incarné par Norton pour parvenir à se sortir de son fardeau de haine et de violence (juste deux ou trois plans de lui en train de lire. De lire quoi ? On ne le voyait même pas !). Ici, comme pour masquer ses carences scénaristiques, il nous en met plein la vue à coups d’effets stylistiques à deux balles qui ne font que plomber son sujet. On est loin de « Half Nelson », « Ca commence aujourd’hui » ou encore « Entre les murs ». De plus, que d’incohérences ! Deux séquences de cours de philo particulièrement ardus à des élèves qui savent à peine lire et écrire et tous qui l’écoutent bouche bée ? Mais où a-t-il vu ça ? Heureusement que les comédiens sont là car tous sont vraiment excellents et réussissent à nous bouleverser dès que la caméra daigne se poser sur eux avec humilité…

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