À la une Critiques de films Drame — 12 septembre 2011
Trust

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USA : 2010
Titre original : Trust
Réalisateur :
Scénario : Andy Bellin
Acteurs : , ,
Distribution : Millennium Films
Durée : 1h44
Genre : Drame
Date de sortie : Prochainement

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Produit et réalisé par David Schwimmer, le fameux « Ross » de la série Friends, Trust a le mérite de se démarquer des autres films dans la compétition du Festival de Deauville 2011 par son sujet d’actualité : les dangers d’Internet. Un film réussit qui met pourtant mal à l’aise et risque de changer des comportements chez certains.

Synopsis : Chez eux en banlieue, Will et Lynn Cameron se sentent en sécurité. Dans leur maison, la nuit, ils dorment avec le sentiment que leurs trois beaux enfants sont parfaitement protégés. Lorsque Annie, leur fille de 14 ans, se fait un nouvel ami sur Internet – Charlie, un garçon de 16 ans rencontré sur un tchat – ses parents ne s’inquiètent pas. Ils se disent qu’il est normal que les adolescents communiquent grâce aux nouvelles technologies. Après plusieurs semaines d’échanges en ligne, Anne se sent de plus en plus attirée et fascinée par Charlie, même si elle réalise peu à peu qu’il n’est pas ce qu’il prétend être.

Trust

Tourné en à peine un mois durant l’hiver et avec un mini budget, le film n’aurait pas pu se faire si Clive Owen n’avait pas signé. Ainsi va la vie dans l’industrie du cinéma américain désormais… Qu’importe, après avoir trouvé son actrice principale, une jeune fille ayant effectivement 14 ans, le film pouvait commencer.

Il ne manquait que le « prédateur ». Pour avoir travaillé durant des années avec l’association « Rape » David Schwimmer savait qu’il fallait pour son pervers un homme avec une tête de monsieur tout le monde. Car en effet, le plus souvent, les auteurs de ces actes tordus sont des amis, des voisins ou des collègues de la victime. C’est dérangeant de se dire ça ; et c’est le cas aussi dans son film. D’ailleurs, les mauvaises critiques émanent surtout de ce problème, Schwimmer ayant peut-être un peu abusé du côté « ils sont partout autour de nous », rendant son film un tantinet alarmiste.

Ce monsieur tout le monde détraqué, on le voit rapidement. Le but du film n’est pas en effet de découvrir comment ces pervers sexuels traquent leurs jeunes proies, ou comment on les arrête. Le but est de savoir comment une famille peut se reconstruire après un acte pareil, comment une adolescente peut réussir à retourner à l’école et vivre une vie normale quand internet vous offre la possibilité d’être humiliée à vie, et comment les parents gèrent leur sentiment de culpabilité.

En ça, l’angle de vue du film est parfait. On est choqué de voir que la jeune fille ne se considère pas comme victime d’un viol au début, et continue à en vouloir à ses parents d’avoir brisé son histoire avec son premier petit copain. Clive Owen réalise une belle performance d’acteur, pris entre l’envie de tuer ce maniaque sexuel, le sentiment coupable de ne pas avoir surveillé assez sa fille et pourtant le besoin de faire confiance à sa jeune ado pour que tout ça ne recommence pas et qu’elle puisse progresser. Le sentiment d’empathie fonctionne complètement et on n’aimerait pas se retrouver à la place d’un seul des protagonistes du film.

David Schwimmer avoue avoir voulu que le personnage du père travaille dans la publicité pour qu’il se sente encore plus mal de photographier des (très) jeunes filles à moitié nues, trop sexy, pour vendre des vêtements ou une canette de soda. Une belle critique de la société actuelle au passage donc, que le réalisateur voit d’autant plus aujourd’hui qu’il est père d’une petite fille lui-même.

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Les plus jeunes trouveront peut-être le film un peu « abusé », les parents eux, risquent de s’alarmer et d’interdire définitivement les ordinateurs dans les chambres de leurs enfants… Schwimmer lui, dit avoir travaillé sur des faits avérés avec la police et son association pour écrire le film, et que tout cela est donc malheureusement bien réel et bien trop courant. A vous coller froid dans le dos donc.

Mais au-delà de l’histoire horrible, le film à la mise en scène toute simple mais efficace nous révèle surtout une jeune comédienne poignante et puissante à qui on promet une belle carrière. Même si David Schwimmer se considère encore comme un élève réalisateur (même s’il rappelle avoir réalisé des épisodes de Friends et des pièces de théâtre à Chicago), il s’en sort haut la main sur ce film sans temps mort mais dérangeant, au point que lui-même ne soit pas capable de rester dans la salle jusqu’au bout de la projection.

Résumé :

Un film réussit, choc et puissant. David Scwimmer, un poil alarmiste nous offre une palette d’acteurs touchants pour parler des dangers réels d’Internet, et de la prise en charge des victimes de ces nouveaux viols. Un vrai bon film à voir.

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Anais

Cet article a été rédigé par Anaïs Berno, Rédactrice et responsable des relations presse de Critique Film.fr @AnaBerno

(1) Reader Comment

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    Un petit budget pour le Ross de la série Friends dans son premier long-métrage. Néanmoins, un acteur de poids en la personne de Clive Owen, dommage que la sauce ne prenne pas pour un film pas très original.

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