Des Hommes sans loi

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Des hommes sans loi photo du film

Des hommes sans loi affiche du film

USA : 2012
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution : Metropolitan FilmExport
Durée : 1h55
Genre : Drame
Date de sortie : 12 septembre 2012

Globale : [rating:3.5][five-star-rating]

John Hillcoat est un cinéaste australien qui débute sa carrière cinématographique en 1988 avec «  » ; assez peu prolifique depuis, il revient néanmoins sur le devant de la scène en 2009 avec le très remarqué «  » adaptation d’un best-seller américain. Le casting alléchant du film et sa présence à Cannes attisent la curiosité.

Synopsis : 1931, au cœur de l’Amérique en pleine prohibition, dans le comté de Franklin en Virginie. Un « député spécial » est envoyé de Chicago pour mettre fin aux trafics de whisky. Sadique et violent, il croit sa tâche facile, mais devra faire face à une famille de trafiquants, les Bondurant, qu’une légende décrit comme invincibles. Une guerre sans merci s’engage.

Des hommes sans loi photo du film

A la croisée des genres

« Des Hommes sans loi » est à la fois un film de gangsters et un western. Plus un film sur le cinéma que sur la Prohibition, ce film raconte le moment historique précis où le western finit et où le film de gangsters commence. Construit comme un mythe, le long métrage rend d’une certaine manière hommage à tous les films qui l’ont précédé en empruntant avec astuce à ces deux figures imposées d’un cinéma américain qu’on aime tant.

Comme dans un conte, les trois enfants Bondurant n’ont pas de parents, pas d’attache particulière, et ils sont entourés d’une légende « auto-réalisatrice » – ils seraient invincibles. Les femmes comme toujours incarnent la douceur et la sagesse, mais c’est souvent pour plaire à l’une d’entre elles que l’on prend les plus grands risques. Dans cette Amérique cinématographique, la vision des pionniers a toujours cours et la violence est donc le seul recours contre un état qui porte atteinte à la libre entreprise (l’adversaire structurel est ici caricaturalement incarné par le personnage joué par Guy Pearce). Vous l’aurez compris, ce film marche en terrain connu et n’essaye pas vraiment de nous surprendre, mais il a le mérite d’être parfaitement calibré et de donner à réfléchir sur un cinéma qui n’a que l’apparence de la facilité.

La partie la plus ludique et presque parodique du film concerne cette légende qui entoure la famille Bondurant. On a retenu cette phrase de l’inégalable film de John Ford « l’Homme qui tua Liberty Valence » : « Ici nous sommes dans l’Ouest, quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende ! ». Dans « Des Hommes sans loi », c’est tout un village qui prend les armes pour défendre le mythe du gangster invincible, et c’est traité avec une telle autodérision que c’est très amusant à regarder.

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Une interprétation réussie mais une mise en scène trop académique

John Hillcoat a su s’entourer sur ce film : non seulement le casting est talentueux, mais l’image est d’une impeccable sobriété. , le directeur de la photographie qui a également travaillé sur l’excellent «  » de Michael Radford, prend soin de laisser aux seuls costumes la charge de nous faire voyager dans le temps, plutôt que de vieillir artificiellement son image. Pour le reste, la mise en scène donne par instants une désagréable sensation de désinvolture, voire de paresse : ainsi les scènes de bagarre manquent d’audace et celles de séduction auraient pu être plus authentiques.

A part Shia LaBeouf qui manque toujours autant de charme, les acteurs s’en sortent bien. Tom Hardy fait montre de charisme, et Jason Clarke («  ») prouve qu’il n’est pas qu’un acteur de télévision. Quant à Mia Wasikowska et Dane Dehaan, ils confirment les espoirs placés en eux depuis leurs rôles dans la série « En analyse ». On peut regretter que Jessica Chastain soit sous utilisée, mais les inconditionnels de la plus belle rousse d’Hollywood pourront se consoler en la regardant tomber le haut !

Résumé

« Des Hommes sans loi » est sans doute plus un divertissement de qualité qu’un prétendant à la Palme d’or. Il s’agit néanmoins d’un film de genre tout à fait réussi, qui a eu le mérite d’offrir une parenthèse récréative et revigorante au Festival.