Nécrologie News — 06 août 2019
Décès du réalisateur D.A. Pennebaker
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Le réalisateur américain est décédé le 1er août à Sag Harbor près de New York. Il était âgé de 94 ans. Un véritable pionnier du cinéma documentaire aux États-Unis, Pennebaker n’a vu qu’une poignée de ses films sortir en France. Aux côtés de ses contemporains Robert Drew, Albert Maysles et Richard Leacock, il était pourtant responsable de la mise en place des dispositifs techniques et narratifs en vigueur jusqu’à ce jour dans la mise en scène des documentaires. Au fil d’une carrière longue de plus de soixante ans, il a souvent accompagné des chanteurs, tels que Bob Dylan et David Bowie, mais sa caméra avait également su se glisser discrètement au cœur de la première campagne du futur président américain Bill Clinton. L’Académie du cinéma américain lui avait attribué un Oscar d’honneur, qu’il avait reçu en novembre 2012 des mains de son confrère Michael Moore.

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En 1953, quand D.A. Pennebaker a réalisé son premier court-métrage documentaire Daybreak Express sur une ligne de métro aérienne à New York prête à être démolie, le genre était encore largement dominé par des films éducatifs et de propagande, ainsi que par les films animaliers produits en abondance par Walt Disney. Alors que Pennebaker était d’abord resté fidèle au format court tout au long des années ’50, il allait tourner ses premiers longs au début des années ’60, tel que Jane sur la toute jeune Jane Fonda aux débuts balbutiants de sa carrière sur Broadway. C’est en 1967 que sort son premier documentaire marquant, Don’t look back sur la tournée anglaise de Bob Dylan deux ans plus tôt. Il a été suivi de près par un autre témoignage poignant sur la scène musicale de l’époque, Monterey Pop sur le plus grand festival avant Woodstock.

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Pennebaker a continué sur sa lancée de chroniqueur musical auprès de David Bowie à travers en 1973. A peu près à la même époque, il avait enregistré une discussion entre l’auteur sulfureux Norman Mailer et des activistes féministes qu’il allait intégrer dans Town Bloody Hall, sorti à la fin de la décennie. Auparavant, il avait été le chef opérateur sur trois films réalisés par Mailer : Wild 90, Beyond the Law et Maidstone. En 1989, le réalisateur accompagne un autre groupe mythique sur scène dans sur le dernier concert de sa tournée mondiale au Rose Bowl Stadium en Californie. Après un portrait du musicien de jazz Branford Marsalis en 1992 et avant un dernier documentaire musical important avec Only the Strong Survive sur les artistes du studio Stax Records dix ans plus tard, Pennebaker allait connaître son plus grand succès public et critique grâce à The War Room sur l’organisation de la campagne présidentielle de Bill Clinton.

Unlocking the Cage © Pennebaker Hegedus Films / HBO Documentary Films / First Run Features
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D.A. Pennebaker a été nommé à l’Oscar du Meilleur documentaire en 1994 pour The War Room. Il avait reçu un Oscar d’honneur en 2012, le premier réalisateur de documentaires honoré de la sorte. Pour son émission sur la comique Elaine Stritch « Elaine Stritch at Liberty », il a été nommé à l’Emmy du Meilleur programme musical ou comique en 2004. Pendant trente-sept ans, il a été marié avec , sa co-réalisatrice depuis 1977.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles