Décès de l’acteur Geoffrey Lewis

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La Poussière, la sueur et la poudre
La Poussière, la sueur et la poudre

 

L’acteur Geoffrey Lewis qui fut le partenaire de Clint Eastwood dans une belle série de longs-métrages dans les années 70 et 80 est décédé à l’âge de 79 ans. Complice ahuri mais aussi un peu dangereux, de George Kennedy dans l’extraordinaire film noir déjanté Le Canardeur de Michael Cimino où il se révèle habile à la gâchette et devant un coffre de banque, il apparaît également dans le western fantômatique L’Homme des Hautes Plaines en 1973 en cowboy repoussant, le diptyque Doux, dur et dingue en 1978 / Ça va cogner en 1980 où il était le loyal Orville Boggs aux côtés de l’orang-outang Clyde qui ne parvient même pas à lui voler la vedette, Bronco Billy en 1980 où il est plutôt hilarant en mari bougon de Sondra Locke et le sous-estimé Pink Cadillac de Buddy Van Horn en 1989, dernière réelle entreprise amusante de Clint Eastwood qui l’engage une dernière fois dans en 1997 pour une apparition amicale (à la manière de Eli Wallach dans Mystic River) qui ne sera hélas pas suivie d’autre. Il incarnait souvent des seconds rôles débonnaires, simples d’esprit, des truands presque sympathiques mais aussi des sales types irrécupérables auxquels il apportait une humanité qui pouvait faire oublier (parfois) leurs mauvais penchants.

Dans Le Canardeur, avec Jeff Bridges, George Kennedy et Clint Eastwood
Dans Le Canardeur, avec Jeff Bridges, George Kennedy et Clint Eastwood

Geoffrey Lewis canardeur 01

Doux, dur et dingue avec Beverly d'Angelo, Clyde et Eastwood
Doux, dur et dingue avec Beverly d’Angelo, Clyde et Eastwood

 

Né à San Diego, il avait déménagé en Californie à l’âge de 10 ans et prend ses premiers cours de comédie à l’université avant de faire des apparitions off-Broadway. Il débute sur le grand écran relativement tardivement à près de quarante dans La Poussière, la sueur et la poudre de Dick Richards en 1972, premier d’une longue série de westerns, sérieux ou parodiques, épiques ou fauchés, son interprétation de flingueur psychotique dans ce coup d’essai tapant dans l’oeil de l’expert Sergio Leone qui l’engage pour être un méchant d’anthologie dans Mon nom est personne de Tonino Valerii, le chef de la «Horde Sauvage» dont l’identité réelle n’est révélée qu’à la fin.

Dans Mon nom est personne avec Terence Hill
Dans Mon nom est personne avec Terence Hill

Suivent encore des apparitions remarquées dans le même genre dans La Revanche d’un homme nommé Cheval, deuxième des trois aventures de Richard Harris en aristocrate anglais devenu indien, La Selle d’Argent de Lucio Fulci où il a le joli surnom de 2 Strike Snake, Tom Horn de William Wiard, où il est un trappeur au mauvais endroit au mauvais moment, Lust in the Dust ou plus récemment , l’expérience secrète de Jan Kounen où l’on retrouvait aussi Ernest Borgnine.

La Selle d'argent
La Selle d’argent
Warren Oates, Harry Dean Stanton, Geoffrey Lewis et John Ryan (Dillinger)
Warren Oates, Harry Dean Stanton, Geoffrey Lewis et John Ryan ()

 

Il interprète le rôle du gangster Harry Pierpont dans Dillinger en 1973 avec une belle galerie de trognes imposantes (voir photo ci-dessus) avant de rencontrer avec succès Clint Eastwood pour ce qui sera le cœur de sa carrière. Parmi ses autres films, Bad Company, le premier long de Robert Benton, La Kermesse des aigles de George Roy Hill, le drame historique , le film policier Le Justicier de minuit de Jack Lee Thompson, avec Charles Bronson, le post-apocalyptique de Thom Eberhardt, les comédies Toubib Academy et Autant en emporte Fletch!, les films d’action 80ies Tango et Cash d’Andreï Kontchalovski, de Sheldon Lettich, avec Jean-Claude Van Damme, de John Badham ou Au-dessus de la loi de Vic Armstrong, avec Dolph Lundgren, Le Cobaye de Brett Leonard, une adaptation de Stephen King et deux films avec Mel Gibson, L’Homme sans visage, premier film réalisé par l’acteur qu’il recroise dans Maverick de Richard Donner en banquier braqué par Danny Glover dans une apparition gag.

Geoffrey Lewis Devil's rejects 01

Dans The Devil’s Rejects où apparaissait également un autre disparu récent, Tom Towles, il est le chanteur folk naïf Roy Sullivan qui a la malchance de croiser la famille de dégénérés imaginés par Rob Zombie. S’il n’a jamais cessé de tourner, ses apparitions dans les années 90 et 2000 sont hélas moins marquantes à l’exception de Way of the gun de Christopher McQuarrie où apparaît également sa fille Juliette Lewis née en 1973, scientologue comme lui. Il avait neuf autres enfants dont plusieurs ont suivi ses pas comme acteur ou producteur, seule Juliette s’étant (pour l’instant) fait brillamment remarquer.

Geoffrey Lewis X FILES 01
Il avait remporté une citation aux Golden Globe en 1980 pour la série Flo mais sa prestation la plus marquante à la télévision restera l’épisode Tithonus dans la sixième saison de , écrit par Vince Gilligan (futur créateur de Breaking Bad) où il est Arthur Fellig, un photographe immortel qui tente de saisir la Mort sur pellicule. Il apporte une délicate fragilité à son personnage d’homme lassé de vivre mais qui ne peut mourir ni de sa propre main ni par les actes d’une tierce personne, un personnage qui évoque celui de Peter Boyle dans l’épisode Clyde Bruckman’s final repose. Il a fait de très nombreuses apparitions occasionnelles à la télévision dans des séries de tout registre : Bonanza, Mannix, Mission impossible, Gunsmoke, Cannon, Kung Fu, Barnaby Jones, Starsky et Hutch, Les Rues de San Francisco, Sergent Anderson, (où il est le braqueur de banques Cole Younger, un membre du gang des frères Frank et Jesse James), L’Homme qui valait trois milliards, Hawaï police d’État, Lou Grant, Colorado, Arabesque, Les Routes du paradis, Agence tous risques, Magnum, Spenser, L’Homme qui tombe à pic, Les deux font la paire, MacGyver, Golden Girls, Walker, Texas Ranger, Dawson, Nip/Tuck, Cold Case, Earl, Esprits criminels ou Dr House. On le voit aussi dans le téléfilm de Tobe Hooper (1979), l’un de ses nombreux emplois de shérif.

S’il n’a hélas pas connu le même regain de carrière que son contemporain Bruce Dern (qui apparaît comme lui dans Down in the Valley avec Edward Norton en 2005), il aura su marquer l’écran par son art de voler la vedette à ses partenaires, sans en faire trop malgré des personnages parfois très haut en couleur. Il avait créé , un groupe musical dans lequel il faisait office de conteur à la façon d’un griot africain, soutenu par les musiques de type électro du compositeur Geoff Levin.

Geoffrey Lewis celestial navigations 01
Quelques bandes – annonces de ses apparitions au cinéma :

LA POUSSIÈRE, LA SUEUR ET LA POUDRE


MON NOM EST PERSONNE


LE CANARDEUR


L’HOMME DES HAUTES PLAINES


BRONCO BILLY

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