Nécrologie News — 19 février 2019
Décès de l’acteur Albert Finney
Samedi soir dimanche matin © Solaris Distribution Tous droits réservés

L’acteur anglais est décédé le 7 février à Londres d’une infection respiratoire. Il était âgé de 82 ans. L’un des comédiens les plus brillants de sa génération, aux côtés de Peter O’Toole, Alan Bates et Tom Conway, Finney avait su se glisser dans des rôles à la diversité impressionnante. De l’amant désinvolte dans Tom Jones Entre l’alcôve et la potence au vieux patriarche dans 7h58 ce samedi-là, en passant par Ebenezer Scrooge, Hercule Poirot et Winston Churchill, il savait incarner magistralement des personnages complémentaires. Au fil d’une longue et prestigieuse carrière qui s’était terminée il y a sept ans avec le James Bond , il avait entre autre collaboré avec des réalisateurs légendaires tels que Karel Reisz, Tony Richardson, Stanley Donen, Sidney Lumet, John Huston, Peter Yates, les frères Coen, Steven Soderbergh et Tim Burton.

© 20th Century Fox Tous droits réservés

Venu du théâtre, Albert Finney avait fait ses premiers pas devant la caméra de télévision pendant la deuxième moitié des années 1950. C’est en 1960 qu’il décroche son premier rôle mineur au cinéma dans Le Cabotin de Tony Richardson, suivi la même année par son premier rôle majeur dans Samedi soir dimanche matin de Karel Reisz, l’un des films phares du Free Cinema britannique. Son prochain film allait faire de lui une star internationale, puisque Tom Jones Entre l’alcôve et la potence de Tony Richardson allait remporter l’Oscar du Meilleur Film en 1964. A cette époque-là, Finney avait même failli incarner le rôle emblématique de T.E. Lawrence dans Lawrence d’Arabie de David Lean, avant de se raviser et d’être remplacé par Peter O’Toole. Il avait enchaîné avec Les Vainqueurs de Carl Foreman et La Force des ténèbres de Karel Reisz, puis avait partagé l’affiche avec Audrey Hepburn dans un film devenu culte depuis, Voyage à deux de Stanley Donen. En 1968, il s’était essayé à la réalisation avec , avant de terminer sa première décennie faste au cinéma en tant que producteur de films comme Privilège de Peter Watkins, If … – Palme d’or au Festival de Cannes en 1969 – et Le Meilleur des mondes possibles de Lindsay Anderson, ainsi qu’un peu plus tard Loving Memory le premier moyen-métrage de Tony Scott, Bleak Moments le premier film de Mike Leigh et La Loi et la pagaille de Ivan Passer.

Le Crime de l’Orient-Express © 1974 Studiocanal Films Ltd. / Carlotta Films
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Le travail de Albert Finney au cours des années ’70 et ’80 était aussi prestigieux que parcimonieux, puisqu’il n’y a collaboré essentiellement qu’avec Ronald Neame (Scrooge), Stephen Frears (), Sidney Lumet (Le Crime de l’Orient-Express), Ridley Scott (), Michael Wadleigh (), Michael Crichton (Looker), Alan Parker (L’Usure du temps), John Huston ( et ), Peter Yates (L’Habilleur) et Alan J. Pakula (Les Enfants de l’impasse). Il était retourné à la télévision, parfois pour des rôles biographiques, interprétant par exemple le pape Jean Paul II, puis plus tard Winston Churchill dans « The Gathering Storm » de Richard Loncraine. Son passage impressionnant aux seconds rôles de vieillesse dans Miller’s Crossing des frères Coen en 1990 n’était suivi que d’une fin de carrière inégale, comprenant entre autres L’Amour en trop de Bruce Beresford, Les Leçons de la vie de Mike Figgis, Breakfast of Champions de Alan Rudolph, Washington Square de Agnieszka Holland, , et Ocean’s Twelve de Steven Soderbergh, et Les Noces funèbres de Tim Burton, Une grande année de Ridley Scott, Amazing Grace de Michael Apted, de Paul Greengrass, 7h58 ce samedi-là le dernier film de Sidney Lumet, Jason Bourne L’Héritage de Tony Gilroy et Skyfall de Sam Mendes.

Miller’s Crossing © 20th Century Fox Tous droits réservés

Albert Finney a été nommé à cinq reprises aux Oscars, en tant que Meilleur acteur pour Tom Jones Entre l’alcôve et la potence, Le Crime de l’Orient-Express, L’Habilleur et Au-dessous du volcan et comme Meilleur acteur dans un second rôle pour Erin Brockovich Seule contre tous. Il avait mis un point d’honneur à n’assister à aucune des cérémonies au cours desquelles il avait été nommé. De ses huit nominations aux Golden Globes, il avait gagné deux : en 1971 pour Scrooge dans la catégorie du Meilleur acteur dans une comédie et en 2003 pour « The Gathering Storm » dans celle du Meilleur acteur dans une mini-série. Ce rôle-là lui avait également valu un Emmy l’année précédente. L’Académie du cinéma britannique l’avait nommé neuf fois aux BAFTAs et lui avait décerné son prix d’honneur, l’Academy Fellowship, en 2001. Au Festival de Venise, il avait gagné la Coupe Volpi du Meilleur acteur pour Tom Jones Entre l’alcôve et la potence en 1963 et à celui de Berlin l’Ours d’argent du Meilleur acteur pour L’Habilleur en 1984. Le National Board of Review l’avait élu Meilleur acteur en 1961 pour Samedi soir dimanche matin, les critiques de New York en 1963 pour Tom Jones Entre l’alcôve et la potence et ceux de Los Angeles en 1984 pour Au-dessous du volcan. En 2001, il avait gagné deux Screen Actors Guild Awards : comme Meilleur acteur dans un second rôle pour Erin Brockovich Seule contre tous et en tant que membre du Meilleur ensemble de Traffic. Dans les années ’70, il était marié avec l’actrice française Anouk Aimée. Et il est né le même jour que sa consœur et politicienne anglaise Glenda Jackson.

Erin Brockovich Seule contre tous © Jersey Films Tous droits réservés

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles