DVD — 19 février 2019
Test DVD : Cadavres exquis

Italie : 1976
Titre original : Cadaveri eccellenti
Réalisation :
Scénario : , , Francesco Rosi, d’après le roman « Il contesto » de Leonardo  Sciascia
Interprètes : , ,
Éditeur : ESC Editions
Durée : 1h55
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 26 mai 1976
Date de sortie DVD : 5 février 2019

Synopsis : Une série d’assassinats de magistrats a lieu. L’enquête est confiée à l’inspecteur Rogas qui soupçonne la mafia. Mais il découvre que les hommes au pouvoir utilisent cette affaire à des fins politiques: l’Etat est compromis avec des extrémistes dans le but de déstabiliser le gouvernement.

Le film

[3.5/5]

L’Italie de 1976. La période qui a pour nom « Les années de plomb ». En  6 ans, entre 1968 et 1974, 140 attentats ont été recensés. Aux attentats perpétrés par une des mafias du pays, viennent s’ajouter ceux de l’extrême gauche et ceux de l’extrême droite, des évènements dont tentent de profiter des personnalités et des officines proches du pouvoir. Leur espoir : que cette « stratégie de la tension » finisse par justifier l’installation d’un pouvoir autoritaire qui fera barrage au communisme.  Autant dire que lorsque l’inspecteur Rogas est lancé sur l’enquête ouverte après l’assassinat à Palerme du Procureur Varga, son champ d’investigation est particulièrement vaste, et ce ne sont pas les autres assassinats, survenant peu après à Naples et à Rome, de membres importants de la magistrature, qui peuvent arriver à le réduire : Une mafia ? La vengeance de personnes injustement condamnés par ces magistrats ? Et si, après tout, il s’agissait de la mise en œuvre d’un vaste complot dans lequel seraient mouillées des personnes a priori insoupçonnables ? Des personnes disposant en plus de moyens techniques perfectionnés pour l’époque et qui vont s’inquiéter de constater les progrès de l’enquête menée par l’inspecteur.

Inventé par des surréalistes, le « cadavre exquis » est, à l’origine, un jeu littéraire qui consiste à faire composer petit à petit une phrase ou un dessin par des personnes à qui il n’est pas possible de tenir compte des collaborations antérieures.  Même si on peut voir dans la succession d’assassinats quelque chose qui rapprocherait le film de ce jeu, il est fort probable que Francesco Rosi était loin de l’avoir en tête en réalisant son film, la traduction exacte du titre original étant d’ailleurs « cadavres excellents » et non « cadavres exquis ».

Toujours est-il que des cadavres, on en voit une grande quantité au début du film, avec le Procureur Varga qu’on suit lors de sa visite  des catacombes des Capucins de Palerme, avant qu’il soit assassiné. Et puis, plus l’enquête avance, ponctuée de nouveaux cadavres, bien chauds ceux-là, plus le polar devient opaque, plus la paranoïa gagne l’inspecteur, plus apparaissent au grand jour l’existence d’un vaste complot et la déliquescence d’un état dans lequel même les opposants communistes sont contraints de reprendre à leur compte la vérité officielle :  en effet, dit le leader du Parti Communiste, « la vérité n’est pas toujours révolutionnaire ».

Film des années 70 en provenance de l’Italie, on n’est pas surpris d’y trouver une distribution très internationale, avec de nombreux seconds rôles tenus par des comédiens de grande renommée : Charles Vanel, , Fernando Rey, . Et puis, en tête d’affiche, dans ce qui est un de ses plus beaux rôles, celui de l’inspecteur Rogas, un grand, très grand Lino Ventura.

Le DVD

[3.5/5]

Film de 1976, Cadavres exquis est un film, époque oblige, qui force beaucoup sur les couleurs : un peu surprenant au début, puis on finit par s’habituer. En tout cas, malgré l’absence de restauration, perceptible au travers de quelques petits défauts, le rendu donné par le DVD semble très fidèle. Quant au son, le choix est offert entre la version originale sous-titrée et la version française. Si on a oublié que Lino Ventura était italien, on sera agréablement surpris de reconnaître sa voix dans la version originale.

Un supplément de 13 minutes vient compléter le film : l’entretien avec le scénariste (Portier de nuit) et réalisateur de documentaires Italo Moscati, lequel replace le film dans son contexte historique et parle de l’influence qu’a eu Rosi sur un certain nombre de réalisateurs  italiens.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles