News — 01 mai 2019
De retour en salles au mois de mai 2019
Divorce à l’italienne © Les Films du Camélia Tous droits réservés

Comme le dit le dicton, en mai, fais ce qu’il te plaît. Les sorties peu nombreuses de films de patrimoine pendant ce mois de mai-ci nous font craindre que les distributeurs spécialisés en cette matière louable aient préféré attendre l’été pour nous gâter, laissant par la même occasion le champ libre à l’actualité cannoise, qui cannibalise traditionnellement l’emploi du temps des sorties en cette période de l’année. Ce n’est par conséquent qu’une douzaine de films qui fait son retour sur grand écran en version restaurée, un quota d’autant plus léger qu’il s’étend sur les cinq mercredis du mois. Au moins, la qualité devrait être de la partie, puisqu’on y croise des maîtres du Septième art du calibre d’un Fritz Lang, Douglas Sirk, Joseph Losey, Bernardo Bertolucci, Claude Miller, Alain Tanner, Buster Keaton et Shohei Imamura.

Les Lois de l’hospitalité © Théâtre du Temple Tous droits réservés

Comment regrouper cette double poignée de films, accentuée par aucune rétrospective d’envergure ? Mystère, puisque nous nous retrouvons avec au mieux des paires de films, ce qui rendrait la lecture de loin trop morcelée. Admettons donc notre impuissance éditoriale et ayons recours à un vague ordre par pays d’origine, guère plus probant qu’un autre dans le cadre de cette sélection mensuelle à peine respectable. Les films américains forment une majorité relative de tout juste trois films : le mélodrame par excellence qui allait couronner la décennie magistrale de Douglas Sirk dans les années 1950, à l’affiche dès ce jour, puis deux semaines plus tard, un film considéré comme culte par notre génération à qui nous avons déjà donné plusieurs chances, mais que nous apprécions toujours aussi peu, de David Fincher, ainsi qu’un chef-d’œuvre incontestable du cinéma muet, la preuve du génie acrobatique et comique de Buster Keaton dans Les Lois de l’hospitalité co-réalisé par John G. Blystone. Permettez-nous de tricher un peu en ajoutant de Joseph Losey à cette liste, alors que cette production britannique relève plus d’une mentalité européenne, les deux vedettes hollywoodiennes sur le déclin Elizabeth Taylor et Robert Mitchum s’en donnant à cœur joie à batifoler avec l’étoile montante Mia Farrow. Vous pourriez observer ce passage de relais déroutant également depuis aujourd’hui.

© Films sans frontières Tous droits réservés

Le cinéma européen est encore mieux représenté, dans une globalité stylistique et thématique pourtant assez difficile à réduire à un dénominateur commun. Un peu à l’image de notre chère Union européenne, qui verra son parlement renouvelé à la fin du mois. L’Allemagne contribue ainsi l’une des pièces maîtresses assez méconnues de la filmographie muette du grand Fritz Lang, Les Trois lumières, à découvrir sans modération à partir de ce mercredi. L’Italie s’offre carrément le luxe d’un trio de films aux qualités tout à fait complémentaires, puisque les grands sentiments de la fresque de Bernardo Bertolucci, sortie ce jour, seront relativisés par le rire narquois que devraient vous inspirer les comédies au ton sarcastique Divorce à l’italienne de Pietro Germi avec le jubilatoire Marcello Mastroianni, dès le 15 mai, et deux semaines plus tard  ? de Luigi Comencini avec le tout aussi ironique Ugo Tognazzi. Enfin, le cinéma francophone brille surtout grâce à du réalisateur suisse Alain Tanner, avec un tour de force de la sublime Bulle Ogier qui nous avait subjugué lors de sa projection à la Cinémathèque il y a près de deux ans (cf. notre critique parue à ce moment-là), de retour à partir du prochain jour férié, le 8 mai. Splendor Films, le distributeur le plus actif en ce mois sinon assez peu consistant, nous présente deux mois après la sortie de La Meilleure façon de marcher celle d’un autre film majeur signé Claude Miller, , Prix du jury au Festival de Cannes en 1998.

© ASC Distribution / Splendor Films Tous droits réservés

Il ne reste plus que la délégation venue de l’extrême orient, c’est-à-dire du Japon et d’Australie. Il y a un quart de siècle, le cinéma australien avait connu une renaissance hélas pas vraiment égalée depuis. L’un des films phares de cette période faste était la comédie de travestis Priscilla folle du désert de Stephan Elliott, où Terence Stamp, Hugo Weaving et Guy Pearce traversaient le désert dans leurs costumes flamboyants, justement récompensés d’un Oscar en 1995. A revoir dans toute leur gloire à partir de la semaine prochaine. Les deux mercredis suivants, vous auriez l’occasion de vous familiariser davantage avec les filmographies respectives des réalisateurs japonais Ryusuke Hamaguchi et Shohei Imamura. Le premier, révélé en France l’année dernière à travers sa série Senses, aura droit à la sortie, le 15 mai, d’un inédit, le drame sentimental de 2008. Et le deuxième, lui aussi rappelé à l’attention des spectateurs français depuis un an par voie de quatre de ses films ressortis entre-temps, continuera d’enthousiasmer ses admirateurs avec , son drame de 1961 plutôt critique à l’égard des retombées économiques et sociales de la présence des soldats américains sur le sol japonais après-guerre.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles