News — 05 août 2019
De retour en salles au mois d’août 2019
© Théâtre du Temple Distribution Tous droits réservés

Après un mois de juillet excessivement surchargé, celui d’août se présente sous un jour plus abordable en termes de reprises en salles. Les cinéphiles en quête de retrouvailles nostalgiques et de découvertes de trésors cachés pourront ainsi regarder une quinzaine de films de répertoire au fil des quatre mercredis que compte le mois. Deux rétrospectives partielles des grands réalisateurs hispaniques au sens large que sont le Chilien et l’Espagnol ouvrent le bal dès après-demain, suivies par des sorties isolées et parfaitement équilibrées, au rythme de deux films par semaine, signées entre autres Douglas Sirk, Ettore Scola et James Whale. La sortie la plus prestigieuse de cette fin d’été reste celle de , le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, dans une version restaurée selon les règles de l’art du travail numérique sur l’image et le son et remontée une fois de plus d’après les souhaits du réalisateur pour aboutir à un montage supposé final.

Mystères de Lisbonne © Alfama Films Tous droits réservés

Huit ans après sa disparition, le réalisateur Raoul Ruiz (1941-2011) reste toujours aussi pertinent. Moins à travers la sortie de films qu’il n’avait plus le temps de finaliser et qui ont été terminés par sa veuve Valeria Sarmiento, comme Les Lignes de Wellington, que grâce à son style particulier, entre l’expérimentation formelle et un sens aigu du caractère littéraire du cinéma. Ces deux influences s’associent à merveille dans son adaptation proustienne Le Temps retrouvé qui ressortira dès mercredi prochain chez Alfama Films aux côtés de trois autres films marquants de sa fin de carrière. L’ambition de ce cycle n’est pas de faire œuvre d’exhaustivité, comme avait pu le tenter la rétrospective dédiée à Ruiz à la Cinémathèque Française au printemps 2016, mais de donner à nouveau l’occasion au public de voir les films plutôt accessibles du réalisateur que sont Trois vies et une seule mort avec Marcello Mastroianni, Généalogies d’un crime avec Catherine Deneuve et Michel Piccoli et son épopée d’une durée de plus de quatre heures Mystères de Lisbonne avec Clotilde Hesme, qui avait remporté un joli succès public lors de sa sortie en octobre 2010.

Noces de sang © Tamasa Distribution Tous droits réservés

Carlos Saura (* 1932) est un ambassadeur aussi fervent de son pays, l’Espagne, que de la danse nationale, le flamenco. Tandis que trois de ses drames phares des années 1970 étaient déjà ressortis il y a trois, quatre ans en France, Tamasa Diffusion mettra l’accent sur ses films musicaux les plus célèbres à partir d’après-demain également. Ainsi, ce sont trois films de danse qui risquent de faire bouillir votre sang et de donner envie à vos pieds de bouger, tous issus des années ’80 et regroupés sous le titre « La trilogie flamenca de Carlos Saura ». Dans le premier, Noces de sang, des danseurs mettent en scène la pièce du même titre de Federico Garcia Lorca. Le deuxième, Carmen, un mélange entre l’opéra de Georges Bizet et la pièce de Prosper Mérimée, avait été sélectionné en compétition au Festival de Cannes en 1983 et avait gagné le BAFTA du Meilleur Film étranger deux ans plus tard. Enfin, pour parfaire cette trilogie, L’Amour sorcier, toujours avec Antonio Gades et Cristina Hoyos, avait gagné les Goyas, l’équivalent espagnol des César, de la Meilleure photo et des Meilleurs costumes en 1987. Par la suite, Carlos Saura avait davantage traité la musique et la danse dans le cadre du documentaire, notamment avec Fados et Flamenco flamenco, sortis respectivement en France en 2009 et 2011.

© Paramount Pictures / Carlotta Films Tous droits réservés

La part du cinéma américain est parfaitement répartie au cours du mois, puisque vous pourriez revoir exactement un film hollywoodien par semaine. Ce programme léger sera placé les deux premiers mercredis d’août sous le signe de Douglas Sirk, un réalisateur tout sauf rare dans les salles de répertoire. Ainsi, ses deux films qui ressortent chez Ciné Sorbonne, c’est-à-dire à la Filmothèque du Quartier Latin à Paris, n’ont pas vraiment eu le temps de s’effacer de nos mémoires, puisqu’ils étaient déjà ressortis ensemble il y a moins de trois ans, en octobre 2016. Ceci dit, les mélodrames par excellence que sont et Le Temps d’aimer et le temps de mourir se revoient très facilement à intervalles réguliers ! La dernière cure de jouvence de Apocalypse Now, Palme d’or au Festival de Cannes dans une version inachevée en 1979, remonte un peu plus loin, puisque la version Redux avait été distribuée au début du siècle, en 2001 pour être exact. Francis Ford Coppola a voulu y revenir une dernière fois et vous pourrez donc vous plonger dès le 21 août dans la folie de la guerre du Vietnam en compagnie de Martin Sheen et de Marlon Brando dans sa version « définitive ». Enfin, Carlotta Films reste très sage ce mois-ci, avec une seule sortie, le film d’horreur La Maison de la mort de James Whale, que le réalisateur avait tourné entre ses classiques du genre Frankenstein et L’Homme invisible.

© 1987 TF1 Droits audiovisuels / Cinemax / France 3 Cinéma / Massfilm S.R.L. / Cinecitta S.P.A. Tous droits réservés

L’été 2019 a déjà été largement italien, avec les rétrospectives partielles des filmographies de Nanni Moretti, Dario Argento, Mario Bava et Lucio Fulci pour ne citer qu’elles. Deux films supplémentaires compléteront le programme avec la comédie touristique Paris est toujours Paris de Luciano Emmer le 14 août chez Théâtre du Temple, où l’on pourra entendre un tout jeune Yves Montand pousser la chansonnette dans l’un de ses premiers rôles. Une semaine plus tard, Les Acacias nous gâte avec le retour de la belle fresque familiale de Ettore Scola, La Famille avec Vittorio Gassman et Fanny Ardant, qui avait été sélectionnée en compétition au Festival de Cannes en 1987, avant d’être nommée l’année suivante à l’Oscar du Meilleur Film étranger et non pas – comme indiqué dans la bande-annonce – à celui du Meilleur Film international, le nouveau nom de la catégorie à partir de la 92ème cérémonie l’année prochaine. Enfin, le cinéma français serait quasiment aux abonnés absents ce mois-ci, si ce n’était pour la ressortie du film de Yannick Bellon, décédé le 2 juin dernier à 95 ans, Quelque part quelqu’un avec Loleh Bellon et Roland Dubillard le 28 août.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles