Cycle « Médecine » sur LaCinetek en mars 2024

0
228

Barberousse © 1965 Masao Fukuda / Kurosawa Productions / Toho Company / Carlotta Films Tous droits réservés

Tant mieux pour vous, si vous avez réussi à passer la saison froide et humide de l’hiver sans devoir consulter votre médecin traitant. Car entre les infections des voies respiratoires, les épidémies de grippe et de gastro, ainsi qu’accessoirement un petit accident de ski, il y a traditionnellement de quoi faire pour malmener sa santé avant le retour des beaux jours de printemps. Quoiqu’il en soit, LaCinetek vous a concocté une thérapie cinématographique de toute beauté à travers son cycle « Médécine », encore en ligne jusqu’au mardi 9 avril inclus.

Cerise sur le gâteau, offerte comme ça, sans une explication quelconque : les films à découvrir en illimité sont au nombre de onze ce mois-ci, contre dix et l’éventuel court-métrage bonus d’habitude. De quoi vous refaire amplement une santé, d’autant plus que les choix opérés par les sélectionneurs de la plateforme créée en novembre 2015 par Pascale Ferran, Laurent Cantet et Cédric Klapisch sont des plus riches et éclectiques !

Petit rappel sur la formule d’abonnement, plus si nouvelle que cela : le forfait mensuel vous revient à 4€99, alors que l’annuel est à un peu moins de cinquante euros. Ils vous donnent accès sur le site de LaCinetek à la sélection du mois, ainsi qu’à certains coups de cœur temporaires de la Cinémathèque des cinéastes. Inclus dans l’offre sont également des films du cycle d’enquête précédent qui jouent les prolongations pendant un mois supplémentaire pour Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen, voire jusqu’à la mi-mai pour Mother de Bong Joon-ho, Le Troisième homme de Carol Reed et Vivement dimanche ! de François Truffaut. Il vous reste de même quelques jour pour rattraper Riff-Raff de Ken Loach et Loin du paradis de Todd Haynes.

On vous conseille par contre de donner la priorité à d’autres rétrospectives qui vivent leurs derniers jours sur LaCinetek, comme celle consacrée à l’acteur Marcello Mastroianni jusqu’au mercredi 27 mars, la carte blanche accordée à la réalisatrice Sophie Letourneur et rythmée de films signés Claude Miller (L’Effrontée), Bruno Podalydès (Liberté-Oléron) et Alain Guiraudie (Le Roi de l’évasion) jusqu’à après-demain, l’hommage au réalisateur russe Boris Barnet en deux films (La Jeune fille au carton à chapeau et Au bord de la mer bleue) jusqu’au 22 mars, ainsi que la célébration du centenaire de Claude Sautet à travers sa collaboration avec l’actrice Romy Schneider en cinq films, des Choses de la vie jusqu’à Une histoire simple, jusqu’au lundi de Pâques, le 1er avril.

Britannia Hospital © 1982 Frank Connor / British Lion Film Corporation / EMI Films / Studiocanal Tous droits réservés

La maladie et les méthodes de soin se conjuguent de manière fort variable au cours des onze films au programme du cycle mensuel de LaCinetek. Des grands malades tragiques que l’on croise chez Dalton Trumbo (Johnny s’en va-t-en guerre), Solveig Anspach (Haut les cœurs !), Denys Arcand (Les Invasions barbares) et Julian Schnabel (Le Scaphandre et le papillon), on passe à une approche plus décomplexée de ces passages difficiles de la vie, vécus avec plus ou moins de grâce et de poésie filmique par Adam Sandler dans Amour et amnésie de Peter Segal, Nanni Moretti dans son Journal intime et le personnage principal de L’Homme sans passé de Aki Kaurismäki.

Enfin, un volet non négligeable de la programmation est dédié au métier de médecin, sous forme de passage de relais sérieux et épique dans Barberousse de Akira Kurosawa et avec une dose considérable de dérision à l’anglaise dans Britannia Hospital de Lindsay Anderson.

Bref, il n’y a strictement rien à jeter dans ce cycle augmenté et de qualité supérieure. Les nombreux prix décrochés au fil des ans par près de la moitié de ces films au Festival de Cannes peuvent en témoigner. Néanmoins, face à cette surabondance de bons, voire d’excellents films, on regrette tout de même un peu l’absence de films riches en clichés sur le monde médical, sans doute plus répandus à la télévision avec ses innombrables séries à succès, d’ « Urgences » jusqu’à « Grey’s Anatomy », que sur grand écran. Il n’empêche qu’un petit ajout de la série de films britanniques dans lesquels Dirk Bogarde campait un médecin dans les années 1950 et ’60 n’aurait pas été de refus.

Haut les cœurs ! © 1999 Eve Zheim / Agat Films – Ex Nihilo / Entre chien et loup / Diaphana Distribution
Tous droits réservés

Amour et amnésie (États-Unis / 2004) de Peter Segal, avec Adam Sandler et Drew Barrymore
Barberousse (Japon / 1965) de Akira Kurosawa, avec Toshiro Mifune et Yuzo Kayama – Coupe Volpi du Meilleur acteur à Toshiro Mifune au Festival de Venise en 1965
Britannia Hospital (Royaume-Uni / 1982) de Lindsay Anderson, avec Leonard Rossiter et Graham Crowden
Le Cabinet du docteur Caligari (Allemagne / 1920) de Robert Wiene, avec Werner Krauss et Conrad Veidt
Haut les cœurs ! (France / 1999) de Solveig Anspach, avec Karin Viard et Laurent Lucas – César de la Meilleure actrice à Karin Viard en l’an 2000
L’Homme sans passé (Finlande / 2002) de Aki Kaurismäki, avec Markku Peltola et Kati Outinen – Grand Prix et Prix d’interprétation féminine à Kati Outinen au Festival de Cannes en 2002

Les Invasions barbares © 2003 Attila Dory / Cinémaginaire / Astral Films / Pyramide Distribution Tous droits réservés

Les Invasions barbares (Canada / 2003) de Denys Arcand, avec Rémy Girard et Stéphane Rousseau – Prix d’interprétation féminine à Marie-Josée Croze et Prix du scénario au Festival de Cannes en 2003 / César du Meilleur Film, réalisateur et scénario, ainsi que Oscar du Meilleur Film étranger en 2004
Johnny s’en va-t-en guerre (États-Unis / 1971) de Dalton Trumbo, avec Timothy Bottoms et Kathy Fields – Grand Prix au Festival de Cannes en 1971
Journal intime (Italie / 1993) de Nanni Moretti, avec Nanni Moretti et Renato Carpentieri – Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes en 1994
Ouvre les yeux (Espagne / 1997) de Alejandro Amenabar, avec Eduardo Noriega et Penélope Cruz
Le Scaphandre et le papillon (France / 2007) de Julian Schnabel, avec Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner – Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes en 2007 / César du Meilleur acteur à Mathieu Amalric en 2008

Le Scaphandre et le papillon © 2007 Etienne George / Renn Productions / France 3 Cinéma /
The Kennedy Marshall Company / Pathé Tous droits réservés

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici