Critique : Vivian et Johnny, la légende de Nashville

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Vivian et Johnny, la légende de Nashville

Etats-Unis : 2020
Titre original : My Darling Vivian
Réalisation : Matt Riddlehoover
Distribution : Destiny Films
Durée : 1h25
Genre : Documentaire, biopic
Date de sortie VoD : 23 juin 2021

4/5

En 2006, était sorti Walk the line, un biopic de James Mangold consacré à Johnny Cash, un film qui montrait sous un jour très négatif Vivian Liberto, la première femme du chanteur, la mère de ses 4 filles. Parmi ces 4 filles, Tara a pour fils Dustin Tittle, le mari du réalisateur Matt Riddlehoover. Pendant des années, l’histoire de Vivian Liberto a intrigué ce dernier, au point qu’il a fini par lui consacrer son premier documentaire. Si Vivian et Johnny, la légende de Nashville parle bien sûr longuement de Johnny Cash, il est surtout consacré à rétablir une autre vérité sur Vivian, ce que montre très bien le titre original, My Darling Vivian. Notons que ce film ne sort pas en salles dans notre pays, mais directement en VoD.

Synopsis : L’histoire de Vivian Liberto, première femme de Johnny Cash et mère de ses quatre filles. Dans les années 50, une jeune lycéenne rencontre un bel élève-officier de l’Air Force, qui ensuite, restera posté en Allemagne pendant 3 ans. Après des centaines de lettres, ils se marient à son retour en 1954. Commence alors, pour celui qui va devenir la légende de Nashville, une carrière incroyable. Entre les tournées, la drogue et les affres de la célébrité, leur histoire d’amour n’y survivra pas… Pour la première fois, et grâce à un accès exclusif et sans précédent à des images et des photographies inédites, les filles de Vivian et Johnny retracent le voyage romantique, déchirant et vertigineux du couple mythique.

Vivian et Johnny, amour, divorce

Vivian Liberto n’avait que 17 ans et Johnny Cash seulement 19 ans lorsqu’ils se sont rencontrés à San Antonio, d’où Vivian était originaire alors que Johnny y était en tant qu’élève-officier dans un centre de l’US Air Force. Une rencontre qui s’est déroulée 3 semaines avant que Johnny soit mobilisé en Allemagne. Pendant 3 ans, ils ont échangé des centaines de lettres. C’est dans l’une d’entre elles que Johnny a demandé Vivian en mariage, c’est par courrier qu’il a envoyé la bague de fiançailles. Le 7 août 1954, un mois après la démobilisation de Johnny, leur mariage a été célébré à San Antonio. Et, 9 mois 1/2 après, le couple fêtait la naissance de Rosanne, leur première fille. Suivie moins d’un an plus tard par celle de Kathy, puis Cindy en juillet 1958 et, enfin, Tara, le 24 août 1961. Quelle belle histoire d’amour, n’est-ce pas ! Sauf que, pendant ce temps, Johnny Cash était devenu célèbre, sauf que ses nombreuses tournées l’amenaient à être souvent absent du foyer, qu’il avait commencé à avoir des problèmes d’alcool, des problèmes de drogue, des problèmes de fidélité, le tout conduisant fatalement à un divorce. C’est tout cela que raconte le film, le plus souvent par la voix des 4 filles, et même plus encore, parlant de la suite de la vie de Vivian après son divorce avec Johnny.

Trois épisodes

Un biopic documentaire, cela ne se raconte pas, cela se regarde. Toutefois, quelques épisodes de la vie de Vivian méritent quelques commentaires. Au moins trois d’entre eux ! Le premier eut lieu à la fin de l’année 1965 : Johnny ayant été arrêté à El Paso pour avoir acheté des amphétamines et des anxiolytiques au Mexique et avoir caché les pilules dans son étui de guitare, Vivian était venu le retrouver au Texas. Lors de leur sortie du tribunal, un photographe de presse les avait pris en photo, une photo qui pouvait laisser croire que Vivian était noire. Déchainement d’une certaine presse du sud, et, en particulier, de la part de The Thunderbolt, un journal suprémaciste paraissant en Alabama,  le mariage d’un blanc avec une noire étant totalement inimaginable pour ces gens là. « Johnny Cash a une négresse comme épouse et 4 enfants métisses », titrait le journal.  « Le mélange des races, c’est le communisme », pouvait-on voir sur un panneau brandi lors d’une manifestation. Face aux menaces de boycott des concerts de Johnny, voire aux menaces de mort, il a fallu du temps pour que la vérité s’impose : Vivian, fille d’un père aux origines siciliennes et d’une mère aux origines allemande et irlandaise, était bien ce que, aux Etats-Unis, on appelle une caucasienne ! Comme quoi les « fake news » n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour exister.

Le deuxième eut lieu peu après, à propos du divorce : Vivian était de religion catholique et elle a beaucoup souffert de se retrouver excommuniée, privée de communion du fait de ce divorce. Johnny a alors eu le beau geste d’écrire à l’archidiocèse pour expliquer qu’il était le seul responsable de ce divorce et Vivian a pu de nouveau recevoir la communion. Une des preuves que, bien qu’ayant divorcé, il restait quelque chose de fort entre Vivian et Johnny. Le 3ème, enfin, eut lieu après le décès de Johnny : le 10 novembre 2003, 2 mois après sa mort, un concert en hommage à Johnny Cash avait été organisé au mythique auditorium Ryman de Nashville. Bien que présente à ce concert, Vivian a été complètement oubliée, comme si elle n’avait jamais été l’épouse de Johnny pendant plus de 10 ans. Il faut dire que le monde de Nashville avait une préférence marquée pour June Carter Cash, celle qui avait remplacé Vivian auprès de Johnny et qui était issue de la famille Carter, une famille légendaire de la musique country. Vivian, complètement oubliée ? Pas tout à fait : Rodney Crowell, un chanteur qui fut marié à Rosanne Cash pendant 13 ans et qui fut donc le gendre de Vivian, lui a dédié une chanson lors de ce concert. Une dédicace qui fut coupée lors de la diffusion du concert à l’antenne. Une mesquinerie que Johnny n’aurait pas appréciée !

Passionnant !

Grâce aux nombreuses images d’archives et aux interviews qu’il nous présente, grâce à son excellent montage, Vivian et Johnny, la légende de Nashville est un excellent et passionnant documentaire. Alors que Walk the line, le biopic consacré à Johnny Cash, ne donnait qu’une place limitée et, en plus, très négative, à Vivian Liberto, sa première épouse, la mère de ses 4 premiers enfants, ce film raconte une histoire très différente et, probablement, plus authentique. De toute façon, Johnny « Man in black » Cash ayant eu une telle importance dans l’histoire de la musique populaire américaine, la question ne se pose même pas : il faut voir Vivian et Johnny, la légende de Nashville au même titre que Walk the line.

Conclusion

Walk the line, centré sur Johnny Cash, était un biopic exceptionnel, tant sur le plan musical que cinématographique. Vivian et Johnny, la légende de Nashville, centré sur Vivian Liberto, la première épouse de Johnny Cash, est un documentaire passionnant dont on peut penser que, sur de nombreux points, il est plus près de la vérité que Walk the line. Il ne se contente pas de nous faire connaître l’envers du décors que représente la vie pas toujours rose de l’épouse  d’une légende de la chanson, mais il nous apprend également beaucoup de choses sur les coulisses du monde de la musique country et du rock.

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