Test Blu-ray : After dark, my sweet

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After dark, my sweet

États-Unis : 1990
Titre original : –
Réalisation : James Foley
Scénario : Robert Redlin, James Foley
Acteurs : Jason Patric, Rachel Ward, Bruce Dern
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h51
Genre : Thriller
Date de sortie DVD/BR : 16 juin 2021

Un ancien boxeur du nom de Kevin Collins atterrit dans une petite bourgade de Californie après s’être évadé d’un hôpital psychiatrique. Il fait rapidement la connaissance de Fay Anderson, une jolie veuve portée sur la boisson, et de l’oncle Bud, un ex-policier corrompu. Ce dernier fomente un mauvais coup et propose à Kevin de se joindre à eux. D’abord réticent, le jeune homme finit par accepter…

Le film

[3,5/5]

Roi de la série noire américaine, Jim Thompson a écrit vingt-neuf romans aussi simples que directs avant sa mort en 1977. De nombreux de ses romans ont eu les honneurs d’une adaptation au cinéma. Certains d’entre eux ont même carrément été adaptés deux fois à l’écran – on pense à « L’échappée », qui deviendrait Guet-apens en 1972 puis en 1994, ou encore à « Le démon dans ma peau », qui se verrait adapté sous les titres Ordure de flic en 1976 et The killer inside me en 2010.

Entre 1989 et 1990, trois autres adaptations cinématographiques du travail de Thompson ont vu le jour sur les écrans du monde entier. Même s’il s’agit de trois excellents représentants du « Néo-Noir », tous trois semblent aujourd’hui un peu retombés dans l’oubli : il s’agit de The kill-off de Maggie Greenwald, d’après le roman « Hallali », du sublime Les Arnaqueurs de Stepehen Frears, d’après le roman du même nom, et de La mort sera si douce, aujourd’hui retitré After dark, my sweet, de James Foley, tiré du roman « La mort viendra, petite ».

Soutenant de manière indéfectible les premiers pas derrière la caméra de James Foley, Carlotta Films fait le pari de ressortir After dark, my sweet, qui s’offre aujourd’hui un Blu-ray pour la toute première fois dans le monde. S’inscrivant dans la mouvance de Films Noirs de la fin des années 80 / début des années 90 dont le fer de lance était John Dahl, After dark, my sweet propose au spectateur de se plonger, à la façon de Kill me again (1989) et de Hot spot (1990), dans une ambiance de Film Noir prenant place sous un cagnard de plomb.

Publié en 1955, le roman se voit un peu remis au gout du jour par James Foley (Comme un chien enragé), qui a co-écrit le scénario avec le producteur Robert Redlin. Au final, After dark, my sweet s’impose comme un thriller de première bourre, retranscrivant parfaitement l’attirance de Jim Thompson pour les récits de machination mêlant la violence et l’érotisme enfiévré.

L’intrigue d’After dark, my sweet est centrée sur Kevin « Collie » Collins, ex-boxeur devenu vagabond et alcoolique – un véritable déchet incarné à l’écran par Jason Patric. Très convaincante, sa composition pleine de fièvre préfigurerait celle de Rush (1991), film au cœur duquel il interpréterait un flic infiltré et accro à la drogue. A ses côtés, on trouvera la « Femme Fatale » de service, Fay, campée à l’écran par Rachel Ward. Habituée du Néo-Noir, elle avait déjà jouée dans le très intéressant Contre toute attente, où elle menait à leur perte les personnages de Jeff Bridges et James Woods. Le troisième acteur de ce trio de truands à la petite semaine est quant à lui incarné par l’excellent Bruce Dern : il est l’oncle Bud, un ex-flic cherchant à faire cracher les bourgeois au bassinet par le biais de l’enlèvement du fils d’un notable local.

Le récit d’After dark, my sweet s’inscrit dans la plus pure tradition du Film Noir : Fay va donc impliquer Collie dans le kidnapping, selon un stratagème conçu par l’oncle Bud. Bien sûr, rien ne se passera comme prévu… Avec l’aide précieuse de son directeur photo Mark Plummer, James Foley prend le parti de faire mijoter sa bande de losers, lentement, les laissant pourrir peu à peu sous le soleil du désert. Jouant avec les codes du Film Noir traditionnel, l’intrigue développe un certain humour dans la façon dont il met en scène ses personnages tenter de se doubler les uns les autres ; de la même façon, Collie, s’il s’impose comme la « victime » traditionnel du complot, révélera également avoir plus d’un tour dans son sac…

Au final, After dark, my sweet ne se révélera peut-être pas à la hauteur des Néo-Noirs tournés par John Dahl à la même période. Pour autant, il demeure un très solide petit polar, dont la redécouverte est d’autant plus urgente qu’il s’avérait encore à ce jour inédit en DVD – et à fortiori en Blu-ray – dans l’hexagone. Saluons donc le courage éditorial de Carlotta Films en lui réservant le meilleur accueil possible !

Le Blu-ray

[4/5]

Bien rôdé en matière d’encodage sur support Haute-Définition, proposant avec une belle régularité des films de patrimoine restaurés dans des éditions irréprochables, Carlotta Films confirme qu’il est un des éditeurs français les plus incontournables en matière de Blu-ray avec After dark, my sweet, qui s’offre un traitement HD impeccable. La restauration a fait place nette des taches et autres imperfections du master, la définition est au taquet, sans le moindre défaut apparent de compression, l’image bénéficie d’un piqué d’une précision étonnante et les couleurs explosent littéralement à l’écran. Le tout affiche naturellement également un grain argentique fin et bien préservé : c’est donc du très beau travail technique. Côté son, le mixage DTS-HD Master Audio 2.0, à la fois proposé en version française et version originale, joue la carte de l’ambiance et propose des dialogues toujours parfaitement clairs et équilibrés.

Côté suppléments, cette édition nous propose un passionnant entretien avec James Foley, réalisateur du film (32 minutes). Il y reviendra sur la place toute particulière qu’occupe le film dans sa carrière : il le considère en effet comme son premier « vrai » long-métrage, le premier en tous cas au cœur duquel il ait pu placer sa véritable personnalité. Il évoquera également certains aspects techniques ainsi que le tournage, comparant certains aspects d’After dark, my sweet à ses films ultérieurs, principalement Fear (1996) et Cinquante nuances plus sombres / plus claires (2017/2018) : c’est très intéressant. On trouvera également sur la galette la traditionnelle bande-annonce du film.

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