Critique : Ulysse & Mona


France : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Sébastien Betbeder
Interprètes : , ,
Distribution :
Durée : 1h22
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 30 janvier 2019

4/5

Un peu plus de 11 ans après Nuage, son premier long métrage, Sébastien Betbeder peut désormais être considéré comme étant une figure importante du paysage cinématographique français. Des films comme 2 automnes 3 hivers ou Le voyage au Groenland n’ont certes pas eu un succès public exceptionnel mais ils ont contribué à prouver qu’on tenait avec lui un réalisateur qui savait s’écarter de la banalité de trop nombreuses productions en ajoutant une belle touche de mélancolie à un humour léger, plein de pudeur et de délicatesse.

Synopsis : Il y a quelques années, Ulysse, a mis un terme à sa carrière d’artiste contemporain. Aujourd’hui, il habite seul avec son chien Joseph dans un vieux manoir au milieu de la forêt. Mona a vingt ans et est étudiante aux Beaux-Arts. Un jour, Mona décide de partir à la rencontre d’Ulysse

Le solitaire et l’obstinée

Etudiante aux Beaux-Arts, Mona s’est mis en tête de réaliser son rêve : rencontrer Ulysse Borelli, un artiste qui a arrêté sa carrière, qui a coupé les ponts avec Alice, sa femme, avec Nicolas, son fils, avec Antoine, son frère, et qui a choisi d’aller vivre seul dans un vieux manoir délabré. Pour Mona, avoir comme meilleur ami un jeune homme de son âge dont le père est policier peut parfois s’avérer utile, par exemple pour avoir connaissance de l’adresse de ce vieux manoir. Il en est de  même de la rencontre avec Arthur, un gamin qui voudrait être le premier à rencontrer des extra-terrestres et qui connaît bien Ulysse. Toutefois, l’affaire n’est pas gagnée pour autant, Ulysse tenant à sa tranquillité et n’appréciant pas de voir débarquer chez lui une jeune femme souhaitant le rencontrer. Mais l’homme qui pratique seul le tennis face a une machine qui lui envoie des balles a des faiblesses physiques et Mona va pouvoir en profiter et aider Ulysse à se rabibocher avec sa propre vie et avec ses proches.

Construire, re-construire

Ulysse & Mona met face à face un artiste qui ne croit plus à sa puissance de création, à la qualité et à la beauté de ce qu’il produit et une artiste en devenir pour qui cet artiste en rupture reste un modèle. Admirable de pureté cet Ulysse qui, ayant perdu la foi dans son art, a préféré abandonner le succès et la  notoriété, et qui, déçu par ses contemporains, a choisi de se retirer de la société ! Mais, en même temps, quel parangon d’orgueil et d’égoïsme d’avoir également laissé tomber sa femme, son fils et son frère !

Pour Mona, le but est clair : ayant toujours foi dans les qualités artistiques d’Ulysse, elle souhaite le remettre en selle et, pour elle, ce retour à une vie créatrice passe en priorité par une reconnexion avec ses proches. Sans doute voit-elle la possibilité pour elle de se construire en tant qu’artiste en aidant un artiste qu’elle vénère à se re-construire, aidée en cela par l’annonce d’une maladie très sérieuse qui a été faite à Ulysse et qui a permis de fêler sa carapace.

De bons choix

Afin de focaliser l’attention des spectateurs sur les protagonistes de l’histoire et de ne garder que l’essentiel dans ses plans, Betbeder a de nouveau choisi le format 4/3, comme dans 2 automnes 3 hivers.

Pour interpréter le rôle d’Ulysse, le réalisateur a fait le choix d’Éric Cantona qu’il avait déjà dirigé, dans un rôle plus modeste, dans Marie et les naufragés. Un choix judicieux, l’ancien footballeur ne pouvant qu’exceller dans ce rôle de personnage bourru et attachant. Excellente idée, aussi, de donner à , le frère d’Éric, le rôle d’Antoine, le frère d’Ulysse. Dans le rôle de Mona, on retrouve la comédienne et ingénieure franco-libanaise Manal Issa qui interprétait déjà le rôle principal dans Peur de rien et dans Mon tissu préféré. A noter aussi les prestations de dans le rôle de Camille et du jeune Mathis Romani dans celui d’Arthur.

Conclusion

Sébastien Betbeder a vraiment un monde cinématographique qui lui est propre, fait d’humour très fin et de mélancolie à la fois poétique et ironique. C’est en plus un excellent directeur d’acteurs qui a obtenu le maximum de son duo tête d’affiche, Éric Cantona et Manal Issa.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles