Critique : Randonneurs Amateurs

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randonneurs amateurs affiche

Etats-Unis, 2015
Titre original : A Walk in the Woods
Réalisateur :
Scénario : , Bill Holderman, d’après l’oeuvre de
Acteurs : , , , ,
Distribution : Metropolitan FilmExport
Durée : 1h45
Genre : Comédie
Date de sortie : 13 janvier 2015

Note : 1,5/5

Réunis dans Butch Cassidy et le Kid en 1969 et L’Arnaque en 1973, et Paul Newman ont longtemps caressé l’espoir de se retrouver une troisième fois. Lorsque le premier a découvert A Walk in the Woods de , il pensait avoir trouvé le bon matériau, son ami et lui tentant de le mener à bien à la fin des années 90. La santé déclinante puis le décès de Newman en 2008 ont enterré ce projet, relancé finalement avec .

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Synopsis : Désormais retraité, l’écrivain a longtemps parcouru le monde pour en relater les trésors géographiques dans ses livres. Perturbé par les funérailles d’un ami, il entreprend une dernière aventure : une randonnée de plusieurs milliers de kilomètres le long de la piste des Appalaches (3 510 kilomètres à l’est des Etats-Unis). Sa femme lui interdisant de partir seul, il cherche un partenaire. Hélas pour lui, le seul volontaires est Stephen Katz perdu de vue depuis des années et dont l’état physique est alarmant.

 

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Un manque d’enjeu dramatique

L’opposition physique entre les deux comédiens, le quasiment octogénaire Redford, encore fringant, et , septuagénaire au corps massif usé et à la voix caverneuse n’est guère en faveur du deuxième qui peine à traîner sa vieille carcasse, dont la fatigue est exagérée pour le film, du moins l’espère-t-on. Les deux comédiens ont assuré avoir assuré leurs propres cascades, mais même si les «aventuriers» croisent la route d’un ours, on n’est pas dans The Revenant. Malgré notre sympathie pour ces grands acteurs, il est ainsi difficile de s’intéresser à des blagues dépassées et un manque flagrant d’enjeu dramatique, même les problèmes de santé de Katz ou sa dépendance à l’alcool sont bien vite évacués. Ni drôle ni émouvante, cette promenade dans les bois est filmée avec paresse mais en même temps, que pouvait-on espérer de , à qui l’on doit les immortels Dunston – Panique au palace, Quatre filles et un jean ou Ce que pensent les hommes ? L’on ne peut que regretter que Chris Columbus, Barry Levinson ou Richard Linklater, chacun un temps attaché au projet, ne l’ait pas mené à terme, mais peut-être ont-ils simplement réalisé son inanité. Pourtant l’idée de confronter ces deux hommes au tempérament bien trempé, portés par l’idée de se redécouvrir en dépassant les limites de leur âge, aurait pu générer de bons moments de comédie ou d’émotion.

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Ceci n’est pas Old Joy

Malgré le nom de au scénario (Little Miss Sunshine), peu de rires ou même de sourires sont déclenchés par ce produit fatigué. Certes, le segment où l’humoriste Kirsten Schaal (les séries Flight of the Concords ; The Last Man on Earth) s’impose de façon épuisante au duo est un peu amusant grâce à elle, mais cela s’arrête bien vite. Elle arrive déjà trop tard et n’est finalement que l’un des quelques seconds rôles posés là entre deux marches dans les bois sur fond de chansons parfois agréables, notamment les quelques morceaux du groupe Lord Huron (dont Ends of the Earth) qui ont un vrai charme que l’on aurait aimé entendre sur des images plus inspirées. dans le rôle de l’épouse de Redford se limite à de la bienveillante apparition mais difficile de faire le moindre commentaire négatif ou positif. Elle est là, ne fait pas tâche… oui, en fait, c’est négatif. Passons sur Nick Offerman () en vendeur de produits de camping et en brève rencontre potentiellement romantique, très très mal utilisés. Old Joy de Kelly Reichhardt, autre retrouvaille de deux amis qui se sont perdus de vue et s’offrent un week-end en montagne, d’un tout autre niveau artistique et humain, au moins aurait du dissuader Redford de s’embarquer dans ce projet plus que décevant. L’on imagine qu’en tant que «parrain» du cinéma indépendant via son Festival de Sundance, il en connaissait au moins l’existence à défaut de l’avoir vu.

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Conclusion

Du passé, faisons table rase. eut été bien inspiré de ne pas crever l’abcès de ce projet inachevé qui aurait du le rester. Peut-être est-ce une question d’âge aussi, au risque de paraître désobligeant, les personnages ayant trente ans de plus que l’auteur du livre adapté et de son compagnon de voyage (il s’agit d’une histoire presque vraie). L’éventuelle prochaine rencontre de ces monstres sacrés ne pourra qu’être supérieure aux deux précédentes, la première étant dans la réalisation de Redford, Sous surveillance, autre produit raté.

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