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Critique : Le tout nouveau testament

le tout nouveau testament affiche

France, Belgique : 2013
Titre original : –
Réalisateur : 
Scénario : Jaco van Dormael,
Acteurs : , , , ,
Distribution : Le Pacte
Durée : 1h52
Genre : Comédie, fantastique
Date de sortie : 2 septembre 2015

Note : 4.5/5

Il y a 24 ans, le réalisateur belge Jaco Van Dormael avait présenté Toto Le Héros à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes et il était reparti avec La Caméra d’Or sous le bras. 5 années plus tard, en 1996, Le huitième jour, son deuxième film, avait été également présenté à Cannes, cette fois ci en compétition officielle, et il avait permis à Daniel Auteuil et à Pascal Duquenne d’obtenir conjointement le Prix d’interprétation masculine. 13 années s’écoulèrent avant le troisième film, Mr Nobody, présenté cette fois-ci à la Mostra de Venise 2009. Cette année, c’est de nouveau à la Quinzaine des Réalisateurs cannoise que Jaco Van Dormael a présenté Le tout nouveau testament, son quatrième long métrage, un film qui a enthousiasmé la Croisette en mai dernier. Jaco Van Dormael : un réalisateur qui tourne peu mais un réalisateur qui compte dans le cinéma mondial.

 

Synopsis : Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

le tout nouveau testament 4

Un début qui promet !

Et si Dieu existait, après tout ! Et s’il vivait à Bruxelles avec sa femme et leur fille Éa, âgée de 10 ans. JC, le fils, est parti il y a longtemps. Mais c’est à ce dernier qu’Éa demande conseil quand, lasse d’être enfermée 24 heures sur 24, elle se décide à prendre le large. « Utilise la machine à laver », lui suggère-t-il. Ce passage sur terre, Éa compte l’utiliser pour écrire un nouveau testament. Pour commencer, il lui faut trouver 6 nouveaux apôtres, afin de passer de 12 à 18 : son père avait choisi de se limiter à 12 apôtres, car son sport préféré, le hockey sur glace, se joue à 12 alors que le baseball, le sport préféré de sa mère, se joue à 18. Détail très important : avant d’emprunter le tunnel qui, depuis le lave-linge, conduit à un lavomatic, Éa est allée sur l’ordinateur de son père et a communiqué à tous les terriens combien de temps, très précisément, il leur reste à vivre. Tous les terriens ? Non, seulement ceux équipés d’un portable. Après tout, nous sommes en 2015 !

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Promesse tenue !

Vous avez déjà compris que ce 4ème long métrage de Jaco Van Dormael ne va pas engendrer la mélancolie. En effet, du début jusqu’à la fin, le film vit au rythme de 10 idées comiques à la minute, allant fouiller sans relâche dans tous les domaines susceptibles de générer le rire. Mais Le tout nouveau testament n’est pas que drôle, il est aussi très souvent tendre, poétique, iconoclaste et il pose au moins une question fondamentale : que se passerait-il pour nous si on connaissait la date de notre mort ? Pour Dieu, la réponse est simple : il n’arriverait plus à « tenir » les gens. Dieu, un type intelligent, sympa, fort ? Tout faux : il est bête, il est méchant, il est malingre. Ses grands plaisirs : allumer des incendies, faire se crasher des avions, monter les gens les uns contre les autres, monter les religions les unes contre les autres, accumuler, pour les humains, les lois de l’emmerdement maximal. Pour Kevin et son gag récurrent, par contre, savoir qu’il ne risque rien avant une date très lointaine lui permet de s’amuser à côtoyer les plus grands dangers. Et pour vous, au fait, que se passerait-il ?

Au rayon des nouveaux apôtres, on va trouver une manchote, un employé qui met en location des heures de sa vie pour un boulot de merde, un obsédé, un assassin dont les premiers crimes concernaient des fourmis ou des mouches, une bourgeoise délaissée par son mari et un garçon de 10 ans qui souhaiterait être une fille. Quant à l’écriture du nouveau testament, ne sachant pas bien écrire, Éa demande à Victor, un clochard, de se charger de cette lourde tâche.

 

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Casting, musique, tout est parfait

Pour aider Jaco Van Dormael à réussir son entreprise, il fallait trouver des acteurs adéquats : du genre déjanté, mais sachant, quand ils sont bien dirigés, canaliser leur « folie ». Belle réussite, très belge, avec, entre autres, Benoît Poelvoorde dans le rôle de Dieu, François Damiens dans le rôle de François, l’assassin, et Yolande Moreau, dans celui de la femme de Dieu. Pili Groyne, découverte dans Deux jours, une nuit, des frères Dardenne, campe parfaitement une Éa à l’esprit de décision aiguisé. Et que dire de Catherine Deneuve dans le rôle de Martine, la bourgeoise délaissée ? Tout simplement, qu’elle est grandiose.

Concernant la musique, Jaco Van Dormael a eu une idée lumineuse : chaque « évangile selon … » de chacun des nouveaux apôtres a droit à SA musique particulière : pour Aurélie, la manchote, l’aria « Lascia ch’io pianga », extrait de l’opéra Rinaldo de Georg Friedrich Haendel ; pour Jean-Claude, l’employé, « Le rappel des oiseaux » de Jean-Philippe Rameau ; pour l’obsédé, « O Solitude » de Henry Purcell ; pour François, l’assassin, « La jeune fille et la mort » de Franz Schubert ; pour Martine, l’épouse délaissée, une musique de cirque ; enfin, pour Willy, le garçon qui voudrait être une fille, « La mer » de Charles Trenet. Concernant toujours la musique, un petit gag à noter : lorsque Jaco Van Dormael a terminé son film, il ne savait probablement pas qu’il serait sélectionné à Cannes, et encore moins dans quelle sélection. Il le fut, à la Quinzaine des Réalisateurs. Il se trouve que, dans Le tout nouveau testament, on entend « Aquarium », tiré du « Carnaval des Animaux » de Camille Saint-Saëns : la musique du générique de la sélection officielle du Festival de Cannes. L’entendre dans le cadre de la Quinzaine est assez savoureux.


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Conclusion

Avec Le tout nouveau testament, Jaco Van Dormael prouve, une fois de plus, combien le cinéma belge sait être inventif. Conte fantastique, comédie désopilante, film plein de saveur et d’intelligence, Le tout nouveau testament devrait faire un tabac dans les salles, permettant à celles et ceux qui ont un travail d’aborder la reprise post-congés avec un moral en béton. Reste à espérer que la gent religieuse, même la plus radicale, ait suffisamment d’humour pour accepter de voir Dieu en slip sale s’amuser à pourrir la vie de ses fidèles.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles