Critique : La fille inconnue

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la-fille-inconnue-afficheBelgique, France : 2016
Titre original : –
Réalisation : ,
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Distribution :
Durée : 1h46
Genre : Drame
Date de sortie : 12 octobre 2016


Note : 2/5

Depuis 20 ans, le vit une véritable histoire d’amour avec les frères Dardenne. En 1996, c’est la Quinzaine des Réalisateurs qui a fait le premier pas en accueillant La promesse, leur troisième long métrage de fiction. Depuis, la Sélection Officielle a systématiquement retenu tous leurs films dans la compétition, sept en tout. Les cinq premiers ont figuré au palmarès : deux Palmes d’Or (Rosetta, L’enfant), un Grand Prix (Le gamin au vélo), un Prix du scénario (Le silence de Lorna), un prix d’interprétation féminine (Emilie Dequenne dans Rosetta), un Prix d’interprétation masculine ( dans Le fils). Si le style qui leur est propre (un cinéma social avec une approche toujours très proche du documentaire, la caméra souvent portée à l’épaule et souvent focalisée sur la nuque des personnages) a énormément influencé toute une génération de réalisateurs, si on se doit de remarquer le caractère anecdotique du fait que Deux jours, une nuit et soient revenus bredouilles de Cannes, force est de reconnaître que leurs derniers films marquent un certain essoufflement, tout au moins pour les spectateurs qui les suivent fidèlement depuis La promesse.

Synopsis : Jenny, jeune médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que rien ne permet de l’identifier, Jenny n’a plus qu’un seul but : trouver le nom de la jeune fille pour qu’elle ne soit pas enterrée anonymement, qu’elle ne disparaisse pas comme si elle n’avait jamais existé.

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Le poids de la culpabilité

Alors que le cabinet dans lequel elle effectue un remplacement est fermé depuis une heure, la jeune doctoresse Jenny Davin répond à des coups de téléphone et discute avec Julien, un stagiaire. Soudain, la sonnette du cabinet retentit et, alors que Julien s’apprête à aller ouvrir, Jenny lui intime l’ordre de ne pas le faire, lui faisant même remarquer qu’il n’est pas bon pour un médecin de laisser les patients lui imposer une fatigue qui pourra se révéler préjudiciable au moment d’établir un diagnostic. Le lendemain, un inspecteur de police se présente à elle : la femme qui a sonné à sa porte était une jeune africaine et son cadavre a été retrouvé, sans identité, près du cabinet, au bord de la Meuse. Rongée par la culpabilité, Jenny va se lancer dans une enquête quasiment obsessionnelle tout en continuant d’exécuter son travail de médecin, afin de découvrir l’identité de cette jeune femme et de lui assurer une sépulture décente. Ce sentiment de culpabilité, ce besoin de réparer autant que faire se peut ce qu’elle considère comme une faute, vont même aller jusqu’à pousser Jenny à refuser une proposition de carrière alléchante afin de pouvoir continuer son enquête en restant dans ce cabinet de quartier peu prestigieux.

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Social et policier

C’est comme dans tous leurs films précédents à Seraing que les Dardenne ont planté leur caméra et c’est bien entendu sur un fonds social, celui qui règne en 2016 dans cette région comme un peu partout en Europe, qu’ils ont construit l’histoire de . Pas de surprise de ce côté là et encore moins de reproche à leur faire. Là où les choses se gâtent, c’est que cette histoire les a menés à venir se frotter à un genre pour lequel ils ne semblent pas avoir toutes les aptitudes requises : le film policier, avec l’enquête menée par Jenny en parallèle avec celle menée par la police. Cette enquête, avec ses filatures, filmée de façon très plan-plan, se rapproche du combat mené auprès de ses collègues par le personnage interprété par Marion Cotillard dans Deux jours, une nuit et il ne faut pas voir un compliment dans ce rapprochement ! Beaucoup plus intéressante est la façon dont les Dardenne montrent la conception que Jenny a, au quotidien, de son métier de médecin généraliste, conception qui évolue petit à petit, en particulier dans ses rapports avec ses patients, une suffisance certaine laissant progressivement la place à une forme d’humilité.

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Une comédienne pasteurisée

est le 4ème film de suite des Dardenne dans lequel le rôle principal est un film féminin et, pour la 3ème fois, ils ont fait le choix d’une comédienne cotée pour l’interpréter. C’est donc qui succède à Cécile de France et à Marion Cotillard. Une qu’on avait connue d’une énergie sans faille dans Les combattants et que les frères Dardenne ont ici utilisée sous une forme pasteurisée, parfois même insipide. Dans le reste de la distribution, c’est sans surprise qu’on retrouve dans quelques uns des comédiens habituels des frères Dardenne : , , . A titre anecdotique, on peut se demander si le nom de famille de Jenny est, ou non, le pur fruit du hasard : Davin, vous rapprochez de Dardenne et vous obtenez Davenne, le nom du personnage interprété par François Truffaut dans La chambre verte ! On notera enfin que le film a subi un certain nombre de modifications depuis le , avec, comme effet sur la durée, 7 minutes en moins.

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Conclusion

Même si on peut trouver un intérêt certain dans la peinture donnée par les frères Dardenne de l’exercice de son métier de médecin généraliste par leur personnage principal, est malheureusement un film qui ne décolle jamais, un film bancal par manque de liant entre le thème policier et la partie documentaire, un film à la mise en scène très banale, bref, un film éloigné des très hauts standards auxquels les deux frangins nous avaient habitué.

 

 

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