Critique : Harmonium

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: 2016
Titre original : Fuchi ni tatsu
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution :
Durée : 1h58
Genre : Drame
Date de sortie : 11 janvier 2017

4/5

Aux côtés de Ryusuke Hamaguchi et Katsuya Tomita, , âgé de 36 ans, fait partie de la nouvelle génération de réalisateurs ais. , Prix du jury de la sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes 2016, est son 5ème long métrage.

Synopsis : Dans une discrète banlieue aise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d’Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l’ à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié.

 

Une vie familiale perturbée

Une existence très tranquille loin de l’agitation d’une grande ville, voilà ce que vit le couple de religion protestante que forment Akié et Toshio. Toshio travaille dans sa propre entreprise d’aciérie de précision, Akié est mère au foyer dans la maison jouxtant l’atelier et elle s’occupe de l’éducation de Hotaru, leur fille de 8 ans. Cette dernière répète sur un le morceau qu’elle doit interpréter lors du concert de fin d’année pendant que sa mère coût la robe qu’elle portera à cette occasion. Que faudrait-il pour perturber une telle quiétude ? Il va falloir, tout simplement, l’arrivée de Yasaka, un homme d’attitude très raide, à la chemise blanche et entièrement boutonnée, un « vieil ami » de Toshio. Un ami qu’il n’a pas vu depuis 10 ans car, durant toute cette période, Yasaka était en prison. Au grand dam d’Akié, Oshio propose travail, gîte et couvert à celui qui, pour elle, est un inconnu plutôt inquiétant. Un inconnu qui, petit à petit, va complètement renverser la prévention d’Akié à son sujet par sa politesse, sa courtoisie, par l’aide qu’il apporte à Horatu dans la pratique de l’. Jusqu’au jour où Hotaru est victime d’un accident qui va la laisser quasiment paralysée et muette ! Accident ou agression de la part de Yasaka ?


Une tension permanente

Combinant habilement thriller et mélodrame et en ajoutant une pincée de fantastique, , sans avoir l’air d’y toucher, s’attaque à certains piliers de la culture aise : la famille, le refoulement, la politesse. Pour le réalisateur, la famille est tout simplement une absurdité, une construction illusoire. D’où cette volonté de décrire comment un élément perturbateur en apparence anodin peut arriver à déclencher l’effondrement d’une famille en apparence solide, une volonté allant de pair avec celle de s’opposer au cinéma ais majoritaire qui, pour lui, n’a que trop tendance à idéaliser les liens familiaux. Le refoulement, la culture du non-dit, les secrets qu’on enfouit au plus profond de son être, nous en parle au travers de la violence souterraine et de la politesse obséquieuse de Yasaka, des éléments concernant son passé que Toshio n’a jamais racontés à son épouse, de son désir de vengeance qui l’envahit lorsque Yasaka disparait après l' »accident » de Hotaru. Faisant preuve d’un art consommé de l’ellipse, mène le spectateur par le bout du nez et le tient en haleine en lui apportant régulièrement des bifurcations surprenantes. Dans un pays, le , qui compte 350 habitants au km2, les rues qui entourent l’atelier et le domicile de Toshio et Akié sont étrangement vides, des photos presque identiques sont prises à des années d’intervalle alors que beaucoup d’événements se sont produits entre temps, des éléments en apparence mineurs mais qui contribuent à créer une tension permanente chez le spectateur.

Des noms peu connus en France

Dans la distribution de , on retrouve un comédien déjà utilisé dans Hospitalité et dans Au revoir l’été, deux des films précédents de , qui interprète le rôle de Toshio est un ami du réalisateur depuis plusieurs années, un ami avec qui il aime discuter de cinéma et de la manière de jouer. et , les interprètes de Yasaka et de Akié sont des comédiens réputés du cinéma ais. Quant à Ken’ichi Negishi, le directeur de la photographie, à qui on doit, entre autre, une très belle lumière au bord d’une rivière, est sa 3ème collaboration avec Fukada.

Conclusion

Avec , son 5ème long métrage, s’annonce à seulement 36 ans comme un réalisateur majeur du cinéma ais. Jusqu’à présent, il a su se montrer à l’aise dans des genres très différents. Pour rejoindre les sommets du cinéma, un objectif que son talent peut lui permettre d’atteindre, la question est posée de savoir si il est préférable pour lui de continuer à papillonner d’un genre à l’autre ou bien de se fixer sur un genre bien précis.

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