Critique Express : Madame de Sévigné

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Madame de Sévigné

France : 2023
Titre original : –
Réalisation : Isabelle Brocard
Scénario : Isabelle Brocard, Yves Thomas
Interprètes : Karin Viard, Ana Girardot, Cédric Kahn
Distribution : Orange Studio Distribution / Ad Vitam
Durée : 1h32
Genre : Drame, Historique
Date de sortie : 28 février 2024

3/5

Synopsis : Milieu du XVIIème siècle, la marquise de Sévigné veut faire de sa fille une femme brillante et indépendante, à son image. Mais plus elle tente d’avoir une emprise sur le destin de la jeune femme, plus celle-ci se rebelle. Mère et fille expérimentent alors les tourments d’une relation fusionnelle et dévastatrice. De ce ravage, va naître une œuvre majeure de la littérature française.

Il aura fallu 13 ans à l’ex prof de français Isabelle Brocard pour que, après Ma compagne de nuit, arrive sur les écrans son deuxième long métrage, Madame de Sévigné. Un film dont l’action se déroule au 17ème siècle mais qui, sur de nombreux points, semble tout à fait contemporain. En effet, de quoi parle-t-on dans ce film ? Des rapports entre une mère, Madame de Sévigné, et sa fille, Françoise-Marguerite de Sévigné. Bon, on est d’accord, c’est un sujet qui a toujours été d’actualité. Un film qui parle du consentement, ou, plutôt, de l’absence de consentement, d’une jeune fille face à un prédateur sexuel beaucoup plus âgé. Certes, dans le film, ce prédateur, c’est le roi de l’époque, Louis XIV, mais on ne peut pas s’empêcher de penser à des rois contemporains, les réalisateurs de films, et à des comportements que certains d’entre eux ont eus (ou ont encore, malheureusement !). Un film qui parle de l’émancipation féminine en s’intéressant à une femme, Madame de Sévigné, qui, à son époque, a participé au mouvement d’émancipation des femmes par la culture et qui souhaite que sa fille soit indépendante et maîtresse de sa destinée. Un film qui parle de rapports sociaux et d’économie avec François Adhémar de Monteil de Grignan, comte de Grignan, le gendre de Madame de Sévigné, que le roi a promu lieutenant-général de Provence, et qui, à ce titre, a la charge de la Provence mais qui ne réussit pas à obtenir du pouvoir central les moyens nécessaires pour s’acquitter correctement de cette charge, un problème que connaissent aujourd’hui de nombreux élus dans le cadre de la décentralisation.

Dans ce film dont la très belle photographie est l’œuvre de George Lechaptois et nous emmène visuellement du côté des peintures de Nicolas Poussin, on retrouve une distribution particulièrement solide avec, pour commencer, l’énergie et le pouvoir de séduction de Karin Viard dans le rôle de Madame de Sévigné, et le charme distingué d’Ana Girardot dans le rôle de sa fille. A leurs côtés, Cédric Kahn, une fois de plus acteur, fait un très bon Comte de Grignan, Noémie Lvovsky, au jeu plus sobre que d’habitude, s’impose dans le rôle de Madame de La Fayette,  tout comme Robin Renucci dans celui de Monsieur de La Rochefoucauld.

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