Critique Express : Los fuertes

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Los fuertes

Chili : 2019
Titre original : –
Réalisation : Omar Zúñiga Hidalgo
Scénario : Omar Zúñiga Hidalgo
Interprètes : Antonio Altamirano, Samuel González, Marcela Salinas
Distribution : Optimale Distribution
Durée : 1h39
Genre : Comédie dramatique, romance
Date de sortie : 4 mai 2022

3/5

Synopsis : Lucas se rend chez sa sœur dans un village reculé du Sud du Chili avant de s’en aller vivre au Canada. Là, face à l’océan et au milieu de la brume, il rencontre Antonio, maître d’équipage sur un bateau de pêche local. Quand une relation amoureuse intense surgit entre eux, ils se retrouvent obligés d’affronter leur réalité et de briser leur solitude, en apprenant à faire confiance aux gens qui les entourent. Alors que les vagues frappent la baie, leur force et leur indépendance deviennent inébranlables face à la marée.

Des histoires de résilience

Située à 750 kilomètres au sud de Santiago du Chili, la ville de Valdivia est au cœur d’une région sauvage et pittoresque. C’est dans cette région et plus précisément dans un village proche de Corral et à Niebla, de part et d’autre de la baie de Corral, que se déroule Los Fuertes, le premier long métrage du réalisateur chilien Omar Zúñiga Hidalgo. En espagnol, Los Fuertes peut aussi bien désigner des forts militaires que des personnes fortes, au caractère affirmé. Dans les pays de langue anglaise, le titre choisi, The strong ones, ne prend pas en compte ce double sens et se concentre sur la force des personnages. En France, le titre original en espagnol a été conservé, ce qui permet de respecter le désir du réalisateur de mettre en parallèle le destin des nombreux forts qui dominent la baie de Corral et celui de Lucas et Antonio, les protagonistes principaux du film. Ces forts, construits par les espagnols, représentent la conquête de l’empire mais servirent plus tard le mouvement indépendantiste. A plusieurs reprises, Los Fuertes nous fait vivre une reconstitution de la prise d’un fort lors de l’épisode de la guerre d’indépendance du Chili appelé prise de Valdivia et qui eut lieu dans la nuit du 3 au 4 février 1820.

Pour le réalisateur, la résilience de ces constructions toujours débout après des siècles fait écho à la relation qui se noue entre Lucas et Antonio et qui doit résister à un certain nombre de difficultés. Lucas, sur le point d’aller continuer ses études au Canada, est venu depuis Santiago pour venir dire au revoir à Catalina, sa sœur, dentiste dans un centre médical. Antonio, lui, est maitre d’équipage sur un des nombreux bateaux de pêche de la région et il rêve d’acquérir son propre bateau, d’être enfin son propre patron. Il est également acteur dans la reconstitution de la prise du fort. Entre eux, c’est « Love at first sight », l’amour au premier regard. Mais sans que cela soit présenté avec lourdeur et insistance, on se rend vite bien compte que les parents de Lucas n’ont jamais accepté son homosexualité et qu’Antonio, de son côté, fait l’objet de jalousies professionnelles et sentimentales.

Los Fuertes est le développement en long métrage de San Cristóbal, un court métrage de 29 minutes réalisé il y a 7 ans par Omar Zúñiga Hidalgo et qui réunissait déjà Samuel González et Antonio Altamirano dans les rôles de Lucas et d’Antonio. Los Fuertes a été présenté dans un grand nombre de festivals, certains entrant dans la catégorie des festivals LGBT, les autres faisant partie des festivals « généralistes ». En 2022, l’expérience qu’on a de films traitant d’une relation amoureuse entre 2 hommes commence à être fort conséquente et cela permet de mieux déceler, par comparaison, les points positifs et les points négatifs d’un film comme Los Fuertes. C’est ainsi que, sans hésiter, on mettra dans le négatif la façon un peu trop paresseuse de filmer et, surtout, la trop grande complaisance qui émane des scènes de sexe entre Lucas et Antonio, des scènes qui, certes, n’ont rien à voir avec du porno gay mais qui sont beaucoup trop longues.

Par contre, tout ce qui concerne l’environnement de ce couple entre dans le positif, que ce soit le couple formé par Catalina, la sœur de Lucas, et Martin, son mari, un couple dont on devine qu’il bat de l’aile, les rapports entre l’orphelin Antonio et sa grand-mère, la représentation du métier de pêcheur et, bien sûr, la peinture de cette magnifique région de Los Rios, à la fois si pluvieuse et si lumineuse. Né à Valdivia, Samuel González, l’interprète de Lucas, était un peu le régional de l’époque. On l’avait d’ailleurs déjà vu dans Ilusiones Ópticas, un film de Cristián Jimenez, tourné en 2009 à … Valdivia. Quant à Antonio Altamirano, c’est déjà dans un film de Omar Zúñiga Hidalgo, le court-métrage Los hombres y el río, qu’il avait tenu son premier rôle dans un film de cinéma. Bien qu’ils soient tous deux excellents et très impliqués dans leurs rôle, on se permettra de mettre surtout en avant la prestation de Marcela Salinas, l’interprète de Catalina, d’autant plus qu’il s’agit là du premier rôle au cinéma de cette comédienne de théâtre.

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