Critique Express : Les premiers jours

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Les premiers jours

France : 2023
Titre original : –
Réalisation : Stéphane Breton
Scénario : Stéphane Breton
Distribution : Dean Medias
Durée : 1h14
Genre : Documentaire
Date de sortie : 12 juin 2024

3/5

Synopsis : Sur un bout de côte désertique du nord du Chili où il ne pleut jamais, des ramasseurs d’algues vivent de peu et vivent pleinement, dans des cabanes légères et au volant d’épaves rouillées, comme des prospecteurs cherchant l’or du temps. Ce film sans dialogues, où la musique et le bruit jouent le rôle de la parole, donne une vision heureuse de la simplicité du monde et de l’énergie des commencements.

3 chiens et quelques humains

C’est au Chili, au bord de l’Océan Pacifique que le cinéaste et ethnologue Stéphane Breton est allé tourner Les premiers jours, son 3ème long métrage, très probablement quelque part entre Antofagasta et Iquique.  On est au nord du pays, tout près du désert d’Atacama. Dans cette région, il ne pleut que très rarement et les arbres sont extrêmement rares. Bien qu’on soit « sous les tropiques », la température n’est jamais très élevée du fait de la présence du courant de Humboldt et les eaux, riches en plancton, sont très poissonneuses. Pour nous faire partager l’existence de 3 chiens et de quelques humains qui vivent sur une petite bande côtière au pied d’une immense dune, Stéphane Breton a fait un choix radical : son film est totalement muet si on fait abstraction, à 2 reprises, de quelques bribes de conversation à peine audibles. Un film muet, mais dans lequel le son est très important : le bruit des vagues qui viennent se fracasser contre le rivage, le bruit du vent, le bruit des moteurs des épaves sur roue qui circulent sur la bande côtière et la musique composée par Jean-Christophe Desnoux. Ces sons accompagnent le travail d’une poignée d’êtres humains qui, sous le regard placide de 3 chiens, extirpent de la mer de grandes quantités d’algues dont ils font ensuite des ballots destinés, du moins le suppose-t-on, à être vendus. Quand ils ont du temps libre, ces êtres humains qui vivent au milieu de déchets métalliques ou plastiques qui jonchent la bande côtière, s’efforcent de maintenir en état de marche les véhicules antédiluviens qui leur servent à déplacer les ballots d’algue.

Même si les protagonistes semblent éloignés de ce qu’on appelle la civilisation, il y a un élément qui, semble-t-il,  les relie au reste de la population chilienne, le football. En effet, on voir un fanion du club Colo Colo lors d’un barbecue organisé sur la plage et, surtout, l’un des protagonistes qu’on voit le plus porte un maillot au nom d’Alexis, un footballeur chilien dont le nom complet est Alexis Sanchez, un footballeur qui est originaire de cette région du Chili et dont les supporteurs de l’Olympique de Marseille gardent un excellent souvenir.  En refusant tout dialogue, le réalisateur souhaitait en fait donner « une vision heureuse de la simplicité du monde et de l’énergie des commencements », d’où le titre de son film, Les premiers jours. Ce choix radical fait par le réalisateur peut apparaître comme étant particulièrement austère et il est certain qu’on se trouve vite désarçonné au début de la vision du film. Toutefois, il est important de ne pas « lâcher le morceau » car, petit à petit, le charme opère et, in fine, on n’est pas totalement surpris de voir apparaître le nom de Jacques Tati parmi les personnes remerciées dans le générique de fin. 

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