Critique Express : Houria

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Houria

France, Algérie : 2022
Titre original : –
Réalisation : Mounia Meddour
Scénario : Mounia Meddour
Interprètes : Lyna Khoudri, Amira Hilda Douaouda, Rachida Brakni
Distribution : Le Pacte
Durée : 1h38
Genre : Drame
Date de sortie : 15 mars 2023

2/5

Synopsis : Alger. Houria est une jeune et talentueuse danseuse. Femme de ménage le jour, elle participe à des paris clandestins la nuit. Mais un soir où elle a gagné gros, elle est violemment agressée par Ali et se retrouve à l’hôpital. Ses rêves de carrière de ballerine s’envolent. Elle doit alors accepter et aimer son nouveau corps. Entourée d’une communauté de femmes, Houria va retrouver un sens à sa vie en inscrivant la danse dans la reconstruction et sublimation des corps blessés…

Fin 2019, le film Papicha, premier long métrage de la réalisatrice franco-algérienne Mounia Meddour, présenté à Un Certain Regard à Cannes 2019, avait enthousiasmé la plupart des spectateurs, avait obtenu le César du meilleur premier film en 2020 mais avait partagé la critique dont une partie avait trouvé sa réalisation trop lourde et trop démonstrative. Comment allait on réagir face à Houria, deuxième long métrage de Mounia Meddour ? Force est de reconnaitre que, si la qualité principale de Papicha, le sujet traité, est toujours présente dans Houria,  les défauts de réalisation observés dans Papicha sont toujours, malheureusement, également présents dans Houria, voire même amplifiés : presque tout est forcé, les scènes de joie, particulièrement exubérantes, apparaissent comme étant totalement factices, les plans sont trop souvent exagérément dilatés et, au final, le film dégage surtout de l’ennui et, pas du tout, l’émotion qu’on pouvait espérer.

D’éventuellement positifs, ne restent donc que le sujet du film ou, plutôt, les sujets, et son interprétation. LES sujets, en effet, car Houria se révèle « multitâche » en la matière, avec cette jeune femme, Houria, à rapprocher du mot arabe huriya qui signifie liberté, qui représente la force émancipatrice de la jeunesse féminine en Algérie et qui voit s’évanouir son rêve d’intégrer une troupe de danse classique suite à une agression de la part du propriétaire d’un bélier, ancien terroriste du FIS repenti, qui aimerait récupérer la grosse somme d’argent qu’il a perdue et que que Houria a gagnée suite à un combat de béliers sur lequel elle avait parié ; avec sa reconversion comme professeure de danse dans le centre pour sourdes et muettes où elle a été placée après son agression, ayant non seulement subi de nombreuses fractures mais étant également devenue muette : symbole pas très léger de toutes ces femmes poussées à se taire ; avec le comportement inefficace, voire complice, de la police envers les anciens membres du FIS ; avec Sonia, la meilleure amie de Houria, qui rêve d’aller rejoindre sa sœur en Espagne et qui est prête à prendre tous les risques pour y parvenir. De tous ces sujets, c’est celui de la reconversion d’une danseuse classique ne pouvant plus exercer son art qui est le plus fouillé, thème qu’on a vu récemment traité par Cédric Klapisch dans En corps. Quant à la distribution, il n’y a rien à redire, avec Lyna Khoudri, toujours aussi lumineuse, occupant le rôle principal comme dans Papicha, avec Rachida Brakni dans le rôle de Sabrina, la mère de Houria et, également, sa professeure de danse, et avec Amira Hilda Douaouda, déjà présente dans Papicha, dans le rôle de Sonia.


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