Critique Express : Black Flies

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Black Flies

Etats-Unis : 2023
Titre original : Asphalt City
Réalisation : Jean-Stéphane Sauvaire
Scénario : Ben Mac Brown, Ryan King d’après le roman de Shannon Burke
Interprètes : Tye Sheridan, Sean Penn, Mike Tyson
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 2h00
Genre : Drame, Thriller
Date de sortie : 3 avril 2024

2/5

Synopsis : Ollie Cross, jeune ambulancier de New York, fait équipe avec Gene Rutkovsky, un urgentiste expérimenté. Confronté à la violente réalité de leurs quotidiens, il découvre les risques d’un métier qui chaque jour ébranle ses certitudes et ne lui laisse aucun répit

L’origine de ce film, c’est le roman « Black flies », paru en 2008, un roman écrit par Shannon Burke, lequel s’était appuyé sur son expérience d’ambulancier pour l’écrire. Paru en France sous le titre « 911 », c’est un français, Jean-Stéphane Sauvaire, le réalisateur de Johnny mad dog et de Une prière avant l’aube, qui s’en est emparé pour en faire, à New-York, un film américain, très américain, trop américain. Rien à redire sur le fait que Sauvaire ait choisi d’actualiser le roman dont l’action se déroulait en 1990 et dans lequel Rutkovsky, un des deux personnages principaux, vivait un traumatisme lié à la guerre du Vietnam, en transposant l’action dans notre époque, avec Rutkovsky qui vit un traumatisme lié au 11 septembre. On retrouve donc deux ambulanciers urgentistes plongés dans l’enfer plein de violence des nuits d’un quartier de Brooklyn, peuplé de toxicos, d’alcooliques et d’immigrés. Pour eux, la triste routine, c’est de s’occuper de blessés par balles ou par coups de couteau ou de femmes en train d’accoucher dans la rue. Gene Rutkovsky, interprété par Sean Penn, c’est le plus âgé, le plus expérimenté, le plus désabusé. Il a toujours eu des problèmes avec les femmes, son épouse vient de le quitter et elle va quitter New-York avec son nouveau compagnon, ce qui empêchera Gene de voir régulièrement sa fille. Travaillant sous ses ordres, Ollie Cross, interprété par Tye Sheridan. il vient du Colorado, il travaille comme ambulancier pour se payer les études de médecine qu’il vient de reprendre, il a une petite amie mère d’un bébé, il habite en colocation avec 2 chinois et il a du mal à avoir un calme suffisant pour pouvoir réviser.

Tout cela, vous en conviendrez, fait un point de départ particulièrement alléchant, d’autant plus qu’on nous avertit que, pour être le plus crédible possible, le réalisateur s’est longuement immergé dans l’univers des urgentistes new-yorkais au point de se voir autorisé par le chef du service des urgences de l’hôpital de Wyckoff à Brooklyn à s’installer à de nombreuses reprises dans des ambulances en tant qu’observateur lors de services de nuit. Le problème, c’est que Jean-Stéphane Sauvaire s’est cru obligé de partir sur les traces de Martin Scorsese, de Paul Schrader et de Abel Ferrara, en ne retenant, malheureusement, que ce qu’il y avait de plus violent, de plus glauque, de plus sordide chez ces réalisateurs. Et comme on est aux Etats-Unis, on a droit en plus à une utilisation abusive d’un accompagnement musical beaucoup plus nuisible qu’utile. Sean Penn, le cure-dent en permanence dans la bouche, on l’a connu meilleur. On préfère la prestation de Tye Sheridan et on s’amuse à reconnaître le boxeur Mike Tyson en chef des urgentistes. Au final, on se demande ce qu’un tel film, qu’on a oublié 15 jours après l’avoir vu, faisait parmi les films en compétition au dernier Festival de Cannes.

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