Critique : Challengers

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Challengers

États-Unis : 2024
Réalisation : Luca Guadagnino
Scénario : Justin Kuritzkes
Acteurs: Zendaya, Mike Faist, Josh O’Connor
Distributeur : Warner Bros France
Genre : Romance, Sport
Durée : 2h11
Date de sortie (France) : 24 avril 2024

2/5

Bien triste, pour être honnête, que ce nouveau long métrage laborieux de Luca Guadagnino. En effet, si l’authenticité des scènes d’intimité qui ont fait sa réputation ne semble jamais complètement absente, elle reste ici camouflée par l’ombre de l’immense machine de production qui veut faire de cette romance autre chose que ce qu’elle est.

Synopsis : Une joueuse de tennis devenue entraîneuse, Tashi, décide de se consacrer à la carrière de son mari, Art, le faisant passer d’un joueur médiocre en un champion du Grand Chelem de renommée mondiale. Pour le sortir d’une récente série de défaites, elle le fait participer à un tournoi « Challenger » où il se retrouve face à Patrick, son ancien meilleur ami et l’ancien petit-ami de Tashi.

“Challengers” donc, étouffe ici la simplicité de son triangle amoureux sous des effets artificiels épuisants, multipliant l’utilisation d’une musique électro simpliste et d’une structure narrative en allers-retours temporels ridiculement compliqués. C’est lassés que nous sommes arrivés au bout d’un film qui nous a traînés sur sa dernière heure dans un match de tennis échouant à créer la moindre tension tant ces innombrables effets de manche auront “stérilisé” la moindre émotion.

Il faut se méfier de la surinterprétation, certes, et l’on a pas assisté au développement du projet bien sûr ; mais les placements de produits onéreux, l’aura de Zendaya et la réputation de Guadagnino contribuent nécessairement à présenter le film comme un grand spectacle au parfum d’indépendance en vogue où l’émotion réussirait à surgir d’un emballage à 7 chiffres. Cette équation complexe n’est malheureusement pas résolue ici, tant le film nous a paru confus, brouillon et malheureusement pas très original.

L’on pourra lire ailleurs comment la représentation des corps nus masculins, la tension homosexuelle complexifiant les rapports hétéros, la figure féminine centrale apportent un vent de fraîcheur. Nous vous recommandons la méfiance. A vouloir se différencier sans prendre de risques, le film se prend les pieds dans le tapis et “réchauffe” au contraire un plat surgelé qu’on a eu bien du mal à finir. 

Conclusion

Cas d’étude intéressant sur la perdition d’un triangle amoureux, somme toute attachant, s’il n’était pas noyé sous les effets d’une production trop grande pour lui, “Challengers” ne réinvente pas la roue. Nous aurions été reconnaissants, dès lors, qu’il sache s’arrêter à temps. Malheureusement, en étirant sa dernière partie jusqu’à l’épuisement, le film nous aura laissé bien peu de choses de ses promesses initiales.

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