Critique : Big Fish

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Big Fish

big-fish-1271333af4États-Unis : 2003
Titre original : –
Réalisation : Tim Burton
Scénario : John August
Acteurs : Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup
Distribution : Columbia Pictures
Durée : 2h05
Genre : Fantastique, Comédie dramatique
Date de sortie cinéma : 3 mars 2004

Note : 4/5

Plouf ! Plongez au cœur de Big Fish, long métrage signé par le fantasque Tim Burton, où tout le monde magique s’est donné rendez-vous. Le film dépeint avec virtuosité les méandres d’une relation père-fils compliquée tout en présentant des images qui vous emmènent toujours plus loin. Encensé par le public, quatre fois nominé aux Golden Globes et figurant au top 250 de l’Internet Movie Database, ce nouvel ovni est à la fois drôle, touchant et profond.

Edward Bloom, champion toute catégorie pour raconter des histoires, se voit attirer les foudres de son fils William, lassé de ne pas réellement connaître son père. Lors du mariage de son fils, Edward raconte une énième fois comment, grâce à son alliance, il a réussi à pêcher un gros poisson. Une crise de confiance éclate alors et William décide de rompre tout lien avec son père pendant trois ans. Mais lorsqu’il apprend que celui-ci est mourant, il décide de lui rendre visite avec sa femme Joséphine. Arrivés en Alabama, le vieil homme recommence l’histoire de sa vie, pour ce qui s’annonce comme la dernière fois…

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Du vrai Tim Burton ?

D’entrée de jeu, on serait tenter de se demander si le film est réellement burtonien. C’est vrai, un film plutôt clair, positif et une curieuse absence de Johny Depp… Oui mais non. Tim Burton conserve avec Big Fish son univers décalé et allégorique, qui transforme chaque chose en une idée et qui joue inlassablement avec la beauté des images. Alors rien que pour cela, Big Fish s’ancre non seulement dans l’univers du réalisateur, mais semble même le surpasser. Segmenté en plusieurs évènements marquants de la vie du personnage d’Edward Bloom, tout le sens du film se dévoile peu à peu pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Le long métrage est par son sujet, sa musique et sa poésie, une œuvre destinée à tous dans la droite lignée de certains des films du père de L’Étrange Noël de monsieur Jack.

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Tim Burton, Tim Burton, raconte nous une histoire !

Voudriez-vous savoir comment vous allez mourir ? Exagérer est-ce inventer ? Toutes ces questions façonnent le film et contribuent à le rendre singulier. L’intrigue, inspirée de l’œuvre de Daniel Wallace Big Fish : A Novel of Mythic Proportions, parodie le schéma du conte en y intégrant de captivantes réflexions sur l’Homme, à l’image de la sorcière qui justifierait un film à elle seule. Avec Big Fish, l’imaginaire prend pied dans le réel, s’en inspire et l’interroge. L’alternance des scènes fictives avec celles de la vie réelle en est la plus fidèle représentation.

Cependant, Big Fish soulève, en filigrane, la question du lien qui unit le père avec son enfant et toutes les difficultés qu’il y a à l’entretenir. Certes profonde, cette question ne s’étale fort heureusement pas de manière molle et ennuyeuse durant les cent-vingt cinq minutes du film. On retrouve tout un univers où un loup-garou et des siamoises se mélangent dans un merveilleux concert de curieux personnages, au sein duquel le spectateur n’a aucun mal à pénétrer.

Cependant, certaines répliques alimentent parfois le côté naïf du film, un éclairage presque fade et réchauffé, mais qui mêlé au virtuose du réalisateur se montre fantaisiste et plutôt juste. Les quelques longueurs n’en font certes pas un chef-d’œuvre mais elles sont occultées par la complétude du film.

Malgré l’absence du chouchou de Tim Burton, Ewan McGregor (Star Wars – Episode I) s’avère être un excellent choix puisque l’acteur semble comme un poisson dans l’eau. Épatant en jeune homme téméraire et touchant en amoureux éperdu, son indéniable talent se déploie de manière admirable dans le film. À noter, Big Fish marque l’une des premières apparitions de Marion Cotillard dans un long métrage américain.

Résumé

Agréable balade dans l’univers du personnage d’Edward Bloom, Big Fish incarne à la fois un changement mais aussi une continuité dans l’œuvre de Tim Burton. Tendre réflexion sur l’Homme et son imaginaire, ce film réjouissant est une porte ouverte à la rêverie et à l’émerveillement.




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