Critique : Alliés

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Etats-Unis, 2016
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution : Paramount Pictures France
Durée : 2h01
Genre : Action, Drame
Date de sortie : 23 novembre 2016

3/5

Être espion pendant la Seconde Guerre Mondiale est l’un des «métiers» les plus dangereux que l’on peut imaginer mais pourtant des plus indispensables en cette période troublée. Chaque seconde qui s’écoule peut potentiellement être la dernière. Malgré les risques que cela impliquent, de nombreuses personnes, hommes et femmes, ont bataillé pour la moindre petite information et contribuer à mettre fin à cette guerre pour sauver le plus grand nombre. Aujourd’hui, Robert Zemeckis nous raconte la vie trépidante de deux espions : Max Vatan (Brad Pitt), un officier canadien au service du contre-espionnage britannique et Marianne Beauséjour, une résistante française (Marion Cotillard) qui vont unir leur force pour mener une mission très risquée au Maroc. Prêts à suivre notre couple d’agents à travers l’Europe pour mettre fin à cette guerre ?

ALLIED

Synopsis : En 1942, Max Vatan se rend à Casablanca pour accomplir une mission au côté de la résistante Marianne Beauséjour. Au fil de l’aventure, les deux espions tombent amoureux et se marient. Tout bascule dans la vie de Max Vatan le jour où il apprend que son alliée la plus proche n’est peut-être pas la personne qu’il croit. Il a 72h pour éclaircir la situation.

Soupçons et tension

Les films sur la Seconde Guerre Mondiale ne manquent pas et nous pourrions penser que nous en avons fait le tour depuis toutes ces années et pourtant le réalisateur Robert Zemeckis s’approprie cette période et l’exploite avec brio. Il utilise la caméra, pour la mettre au service des personnages. En effet, les protagonistes jouent et utilisent ces diverses focales (le zoom, le gros plan…) pour étudier et déceler le moindre détail qui pourrait les aider à mener à bien leur mission et agir en fonction des circonstances. Par des prises de vues de caméra subjectives, nous suivons les points de vue des héros et comprenons toute la remise en question qu’ils émettent sur le monde et en particulier sur les personnes qui les entourent pour éliminer le maximum de suspicion et arriver rapidement aux bonnes conclusions. D’ailleurs, lors de la fête en Angleterre chez le couple Vatan, nous assistons à un jeu de caméra qui suggère que les héros s’épient. Dans le même temps, par l’intermédiaire de cette même caméra, nous devenons suspicieux et apprécions l’utilisation des gros plans sur les visages pour tenter de discerner un regard, une émotion qui trahiraient leurs véritables mobiles. Cette grande mobilité de la caméra accentue ce climat de méfiance et de danger puisqu’il faut toujours rester sur ses gardes, ne rien laisser paraître et anticiper pour ne pas se faire piéger. Pour accroître la tension dramatique, les champs contre champs entre les personnages et les horloges se font de manière très rapide et les notes de musique imprégnées du « tic-tac » intensifient le suspense. Cette présence constante de l’heure rythme l’action, puisque pour un espion tout est une question de temps.

L’authenticité d’une époque et d’un couple

L’un des enjeux du film est l’authenticité. Pour être crédible, les espions doivent se fondre dans la masse pour ne pas être découverts. Au niveau des costumes et du décor, nous constatons qu’un véritable travail de recherches a été mené pour éviter les anachronismes. Cette authenticité transparaît dans la connaissance que les personnages ont des coutumes du pays et dans les sentiments qu’ils manifestent. En effet, pour que cela fonctionne, il faut qu’ils soient sincères dans leurs sentiments pour que nous y croyions. Agir ainsi leur permet de vivre pleinement leur rôle et en même temps de ne pas se perdre eux-mêmes. Soulignons l’excellente performance de Marion Cotillard qui fait de Marianne une femme authentique au point de nous faire oublier que c’est une espionne redoutable. Le couple Brad Pitt et Marion Cotillard portent le film et nous entraînent dans une aventure où ils nous guident, font de nous leurs alliés et nous montrent à quel point la vie d’espions est complexe en mettant nos nerfs à rude épreuve.

Ce film est empreint d’un tourbillon d’émotions : nous émettons des doutes, nous sommes constamment sur nos gardes, nous devons avoir du self-control pour ne rien laisser paraître et pourtant nous avons peur et redoutons chaque instant qui pourrait être le dernier. Mais que se passe-t-il quand la personne dont nous avons le plus confiance est soupçonnée de trahison ? La remise en question est totale et le contrôle des sentiments est quasi-impossible même pour un espion. Au final, dans ces périodes de troubles, nous ne savons jamais qui est réellement notre allié ou notre ennemi. Ce long-métrage est une véritable course contre la montre pour discerner qui dit la vérité dans ce monde de faux semblants.

Le mélange de ces sentiments est imprégné dans l’image, dans le jeu des acteurs et dans la musique composée par . Dans ce projet, le réalisateur et le compositeur se retrouvent à nouveau puisque les grands thèmes de leurs collaborations précédentes résonnent encore aujourd’hui à nos oreilles (Retour vers le Futur, Forrest Gump, Qui veut la Peau de Roger Rabbit…). Avec Alliés, Alan Silvestri réussit, dès le générique introductif, à nous plonger dans cette mission où la musique raconte l’action et appuie les émotions. Le compositeur met des notes sur l’histoire de Robert Zemeckis avec excellence grâce à une palette de timbres musicaux. En effet, pour les scènes au Maroc, la partition est imprégnée de sonorités orientales ; le piano est très présent lors des moments dramatiques pour accentuer les doutes et les détresses des héros ainsi que leur amour ; le rythme des tambours et la montée des cuivres mêlés aux notes du « tic-tac » de l’horloge accroissent le suspense et insinuent que tout est une question de précision pour réussir l’opération et sauver sa vie.

Conclusion

Alliés est un film très rythmé, qui joue particulièrement avec nos sentiments et met en scène la vie d’espions dans tous ces aspects, en laissant toutefois une belle place à la romance. Le travail de la caméra est au service de ces soldats qui savent aussi bien mentir que jouer un rôle pour étudier l’ennemi aussi proche soit-il. Cette aventure éveille nos sens et nous fait vivre les tourments et les difficultés de ce métier où tout se joue sur la maîtrise de soi et du temps.

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