Cannes 2019 : Too Old to Die Young (séance spéciale)

4/5

Séance spéciale – Diffusé sur Amazon Prime Vidéo à partir du 14 juin.

Nicolas Winding Refn présentait, en séance spéciale, deux épisodes de sa future série, Too old to die young. En tenant compte de son affirmation d’avoir réalisé « un film de 13 heures », c’est donc un long extrait de 2h18 que nous avons eu la chance de voir. Pourtant, le premier des deux épisodes (le 4, donc), ressemble bel et bien à un épisode de série : on est plongé au milieu d’une intrigue à multiples personnages, bien qu’on arrive à comprendre assez vite leurs places dans le récit. Difficile de juger cet épisode d’un peu moins d’une heure : heureusement, l’épisode suivant mettra tous les aficionados de NWR d’accord.

L’épisode 5 est en effet plus long, et raconte une histoire complète. Et c’est peu dire que l’on retrouve tout le sel du cinéaste, dans ce qui cette fois-ci ressemble à un « véritable » film. Le Danois profite cependant du temps long permis par le format sériel pour aller encore plus loin sur le chemin contemplatif qu’il emprunte depuis Valhalla Rising. Les plans s’étirent jusqu’à devenir des tableaux mouvants, les scènes de dialogues sont plus composées de blancs que de paroles. Quand le héros, un policier assassin pour une mafia mystique, se décide enfin à presser la détente, les balles tirées au compte-gouttes brisent le calme relatif avec un silence inouï.

Miles Teller, qui incarne le protagoniste, est bien sûr un héros dans la droite lignée des précédent longs-métrages du cinéaste. Alter-ego fantasmé, comme la plupart des héros mutiques de ses films, sa violence réprimée n’en est que plus explosive. Et comme un retour à ce qui l’a mis sur le devant de la scène internationale, un longue course-poursuite vient s’installer en climax. Là aussi, le temps est étiré jusqu’à l’absurde, pour notre plus grande joie ; les moteurs ne s’arrêtent de vrombir que lorsque le réservoir est vide, au bout de plusieurs heures.

De sombres bars perdus au fin fond du Nouveau-Mexique en passant par la lumière éclatante du désert, des tréfonds d’un repaire de yakuzas aux mille lumières du serpent autoroutier de L.A., la photographie de Darius Khondji brille au fond de notre rétine. En ajoutant les nouvelles expérimentations de Cliff Martinez, c’est peu dire qu’on est très curieux de voir la suite !

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Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr