DVD — 18 mai 2019
Test Blu-ray : Edmond

 
France : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Alexis Michalik
Acteurs : Thomas Solivérès, ,
Éditeur :
Durée : 1h52
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 9 janvier 2019
Date de sortie DVD/BR : 9 mai 2019

 

Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de coeur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : «  »…

 


 

Le film

[3,5/5]

Inspiré par Shakespeare in love, comédie sur l’origine de « Roméo et Juliette », Alexis Michalik retrace la naissance de la plus grande pièce du théâtre français : « Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand.

 

 

De nombreuses libertés

Ce récit fantaisiste de ce classique de la littérature fut un triomphe au théâtre en 2017, couronné de cinq Molière. Pour ce premier long-métrage, Alexis Michalik transpose son propre texte. Un projet qu’il tente de mener à bien depuis plus de quinze ans. Le succès de ses précédentes pièces, « Le porteur d’Histoire » et « Le cercle des illusionnistes », lui a d’abord permis d’en faire un spectacle avant son adaptation au cinéma. Malgré d’importantes recherches sur l’origine de « Cyrano », il s’est autorisé de nombreuses libertés pour en retracer la conception.

Thomas Solivérès, révélé par Intouchables et revu en Spirou récemment, incarne le jeune écrivain angoissé, arrogant presque et particulièrement doué pour son âge. Il lui apporte naïveté et fragilité, mais aussi une forme d’inconséquence qui permet d’accepter son audace d’inventer un texte entré dans la Grande Histoire comme s’il l’improvisait sous nos yeux. Une large troupe l’accompagne, dont Olivier Gourmet en grand nom de la scène. Il joue quasiment un double rôle, celui de Cyrano sur scène et de l’acteur en dehors, drôle lorsqu’il incarne l’homme, dramatique lorsqu’il donne vie au poète au long nez. Souvent employé dans des rôles sinistres, il s’est réjoui de pouvoir montrer un peu plus de légèreté dans cette comédie au fort potentiel populaire. À leurs côtés, on retrouve Mathilde Seigner en diva arrogante, Igor Gotesman en acteur très moyen et Clémentine Célarié qui prête ses traits à la tragédienne Sarah Bernhardt, marraine de l’apprenti auteur.

 

 

Les écueils du théâtre filmé

Alexis Michalik leur permet de briller en prenant le soin de montrer de larges pans de la pièce prendre vie sous nos yeux. Malgré un relatif savoir-faire, de l’humour et l’énergie constante qu’il tente d’impulser, il ne parvient pas complètement à s’extraire des écueils du théâtre filmé. La mise en scène est plus anecdotique que vibrante et l’histoire est gâchée par un manque de crédibilité dans sa représentation d’un fait artistique historique. L’absence de souffle cinématographique rend le film parfois un peu ennuyeux malgré des dialogues suffisamment enjoués et ludiques pour amuser.

Critique de notre rédacteur en chef Pascal Le Duff.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme on pouvait s’y attendre de la part d’un éditeur toujours prêt à défendre le cinéma populaire français, le Blu-ray d’Edmond édité par Gaumont s’avère tout à fait satisfaisant : côté image, le piqué et la définition sont parfaites, les couleurs éclatantes, c’est du beau travail, très joli et très convaincant, rendant un bel hommage à la photo du sympathique film d’Alexis Michalik (à ne pas confondre avec Frédéric Michalak, le rugbyman, ni avec Jean-Louis PetitGalak, l’inventeur du chocolat blanc). Niveau son, le film bénéficie naturellement d’un mixage en DTS-HD Master Audio 5.1, et ce dernier se révèle assez impressionnant : toutes les enceintes sont mises à contribution de façon sobre, sans trop vouloir en rajouter à tout prix, et le caisson de basses renforce à loisir les passages les plus « bruyants », telles que bien sûr le triomphe final de la pièce devant une salle comble et conquise. Si vous n’êtes pas équipé de Home Cinema, l’éditeur vous propose aussi de voir le film en DTS-HD Master Audio 2.0, plus cohérent si comme le commun des mortels vous visionnez le film sur une simple TV.

Côté suppléments, l’éditeur nous propose une sélection de bonus très intéressants : on commencera avec un making of qui reviendra sur la genèse et le tournage du film en laissant assez largement la parole aux techniciens habituellement laissés dans l’ombre. On apprendra ainsi tout du mixage sonores du choix des lumières ou des décors du film, même si bien sûr, les acteurs et le réalisateur auront également le loisir de s’exprimer sur le film. Complet et plutôt bien rythmé ! En complément de ce riche making of, on aura également droit à une featurette consacrée à la musique du film, et à une scène étendue (mais absolument inutile) au cours de laquelle Edmond Rostand échange quelques mots avec Georges Méliès à la projection d’un des films des frères Lumière.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles