Cannes 2018: les autres prix

De nombreux prix sont attribués dans le cadre du , on complète ce qui manque à notre compte-rendu avec les prix des jurys œcuménique et de la , le prix Women in Motion, la Queer Palm, la , les , le prix , le Prix de la Citoyenneté et les Prix France Culture Cinéma.

Khaled Mouzanar reçoit le prix pour Nadine Labaki

Le Jury œcuménique 2018, dont la mission est de célébrer un film pour ses «qualités humaines touchant à la dimension spirituelle de l’existence» a attribué son prix à Capharnaüm de Nadine Labaki : «À travers l’histoire de Zain, la réalisatrice expose sans concession l’enfance maltraitée et propose un voyage initiatique empreint d’altruisme». Mention spéciale à BlackKklansman de Spike Lee, «un cri d’alarme contre un racisme persistant, pas seulement aux Etats-Unis, mais par-delà le monde. Mêlant humour et effroi, le film condamne l’appropriation perverse de la religion pour justifier la haine». Le compositeur Khaled Mouzanar représentait Nadine Labaki.

Burning

Le jury des critiques internationaux de la FIPRESCI, présidé cette année par le français Michel Ciment a choisi Burning de Lee Chang-Dong pour la compétition officielle, « un film visuellement époustouflant et un commentaire émotionnellement complexe sur la société contemporaine« . Pour Un Certain Regard, ils ont choisi de Lukas Dhont, déjà primé dans sa section et lauréat de la Caméra d’or et de la Queer Palm, « pour son intégrité audacieuse dans la lutte contre les problèmes de genre tout en affichant un équilibre incroyable de la part d’un primo-réalisateur qui décrit le rapport délicat et touchant dans une relation père-fille magnifiquement dépeint par les deux acteurs« . Pour le prix des sections parallèles, la Semaine de la Critique a été préférée à la Quinzaine des Réalisateurs, grâce à Un jour (Egy nap) de la hongroise Zsófia Szilágyi. « Le travail précis de la caméra et la mise en scène puissante traduisent l’intensité et la tension extraordinaires d’une situation tout à fait ordinaire par le sentiment, l’humour et le drame. Un début remarquablement confiant« .

Francois Henri Pinault (pdg de Kering), , , Pierre Lescure et Thierry Fremaux (photo : Vittorio Zunino Celotto/Getty Images)

Patty Jenkins, réalisatrice de Monster qui a permis à Charlize Theron de recevoir l’Oscar de la meilleure actrice, a reçu le 4e Prix Women in Motion grâce au succès de Wonder Woman, un des plus gros succès de l’année 2017. Elle est déjà attendue pour la suite qui sortira en 2020. Le Prix Jeunes Talents est revenu à la réalisatrice catalane Carla Simón, à qui l’on doit le très émouvant Été 93.

Girl

Le jury de la Queer Palm, présidé par la productrice Sylvie Pialat, a choisi Girl de Lukas Dhont en successeur de 120 battements par minute, préféré notamment à Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré et Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, côté compétition officielle ou Carmen et Lola d’Arantxa Echevarria, vu à la Semaine de la Critique ou le très remarqué film kenyan Rafiki de Wanuri Kahiu (Un Certain regard). Côté courts-métrages, le choix s’est porté sur The Orphan de Carolina Markowicz (Brésil), découvert à la Quinzaine.

La Palme Dog a été elle remise à la troupe vaste de chiens de de Matteo Garrone, présenté en compétition officielle. Le grand prix est revenu aux pékinois roses hallucinatoires de Diamantino qui ont marqué les rétines des spectateurs de la Semaine de la critique. Le plus célèbre lauréat du prix reste Uggie pour The Artist de Michel Hazanavicius.

Thierry Frémaux, Caroline Scheufele, Joe Alwyn, et Diane Kruger

L’australienne Elizabeth Debicki (Agents très spéciaux : Code UNCLE et bientôt l’une des Widows de Steve Mc Queen) et l’anglais Joe Alwyn (Un jour dans la vie de Billy Lynn) ont partagé le trophée Chopard qui honorent deux très jeunes acteurs à l’aube de leur carrière. Ils succèdent à Anya Taylor-Joy (The Witch) et George MacKay (Pride). Le Prix leur a été remis par Diane Kruger, primée en 2003.

Le Prix François Chalais, destiné au film « qui traduira au mieux la réalité du monde » est revenu à de l’égyptien A.B Shawky, un film qui, selon le jury, « chante la vie ». Tout un programme… Le jury précise : « Un homme, écarté de tout, a pour seul objectif de survivre au quotidien. Un enfant, privé de l’essentiel, le rencontre. Ensemble, ils partent vers des horizons espérés meilleurs. Leur parcours est un poème, un flux d’images étonnantes, affirmant que nous pouvons vivre sans religion, sans fausses valeurs, mais que nous ne pouvons survivre sans affection. Porté par un comédien exceptionnel, Yomeddine est une ode à la vie et à la tolérance. Une œuvre qui défie le regard des autres et nous vaccine contre le pessimisme« . Il succède notamment aux films Le Fils de Saul de László Nemes, Le Disciple de Kirill Serebrennikov et 120 battements par minute de Robin Campillo, primés ces dernières années.

Le premier Prix de la Citoyenneté, créé par Laurent Cantet et destiné à une œuvre «défendant des valeurs humanistes, universalistes et laïques» était présidé par Abderrahmane Sissako. Le jury a choisi Capharnaüm de Nadine Labaki, déjà choisi par le jury oecuménique aux ambitions identiques…

a reçu le prix France Culture Cinéma Consécration pour l’ensemble de son œuvre. Elle succède à Abderrahmane Sissako, Frederick Wiseman et Costa-Gavras pour les derniers lauréats. Le prix France Culture Cinéma des étudiants est revenu aux Garçons sauvages de Bertrand Mandico, en lice avec Félicité d’Alain Gomis, Le jeune Karl Marx de Raoul Peck, Mister Universo de Tizza Covi et Rainer Frimmel et Une saison en France de Mahamat-Saleh Haroun. L’an dernier, leur choix s’était porté sur le film d’animation La jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach. Créé en 2016, l’International Students Award UniFrance-France Culture est revenu auparavant à Mustang de Deniz Gamze Erguven et Le Nouveau de Rudi Rosenberg. Cette année, le gagnant est À voix haute de Stéphane de Freitas et Ladj Ly, qui était opposé à L’amant d’un jour de Philippe Garrel, De toutes mes forces de Chad Chenouga, Marvin d’Anne Fontaine et Paris pieds nus de Fiona Gordon et Dominique Abel.

, déjà primé à Un Certain Regard en tant que meilleur film, a reçu le 2e Prix de la meilleure création sonore, attribué uniquement à un film de cette section. Le prix est remis au réalisateur, en l’occurrence Ali Abbasi, et non à un technicien du son ou à un compositeur, pour souligner l’excellence du travail sonore mise en œuvre sur l’ensemble de son film. Le jury, présidé par Régis Wargnier, a fait ce commentaire : « La création sonore non seulement accompagne et soutient l’image mais réussit à l’élargir, la magnifier et aussi à la précéder. Totalement en harmonie avec le sujet du film, musiques et composition sonore font le pont entre l’intériorité corporelle et spirituelle des personnages et le monde extérieur où la nature, triomphante, les fait accéder à leur identité profonde« . L’an dernier, La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania avait été primé.

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Pascal Le Duff
Pascal Le Duff

Cet article a été écrit par Pascal Le Duff, rédacteur en chef cinéma sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles

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