Cannes 2017 : Le Redoutable

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France, 2017
Titre original : –
Réalisateur : 
Scénario : Michel Hazanavicius (d’après A. Wiazemskya)
Acteurs :  , , Bérénice Bejo
Distribution : Studio Canal
Durée : 1h47
Genre : Comédie; Biopic
Date de sortie : 13 septembre 2017

4/5

Sélection officielle – En compétition

On se rappelle du triomphe qu’avait connu The Artist à travers le monde en 2011. Avant de raffler César, Oscar, et j’en passe, le film avait d’ailleurs été présenté à Cannes, et Jean Dujardin était reparti avec le prix d’interprétation masculine. Le film suivant d’Hazanavicius, présenté lui aussi en compétition officielle, avait connu un accueil beaucoup plus mitigé … Cette année, le réalisateur des Oss 117 et de La classe américaine présente Le redoutable, film qui s’intéresse à Jean-Luc , entre la sortie de son film La Chinoise (1967) et la fin de 1968, avec ce que cela implique au niveau du pays (les événements de mai, qui on directement touché le Festival de Cannes) mais aussi au niveau personnel, s’étant marié à Anna Wiamzemsky entre temps. 

Synopsis officiel : Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoiste hors système aussi incompris qu’incompréhensible.

La première chose qu’on remarque dans le film d’Hazanavicius, c’est sa beauté plastique. Il faut dire que c’est Guillaume Schiffman, déjà derrière la photographie des précédents films du cinéaste, qui occupe le rôle de chef op’. Surtout, la grande idée d’Hazanaicius est de recréer en 9 tableaux l’atmosphère des films de Godard pré-1968. Qu’il s’agisse de la dispute par livres interposés d’Une femme est une femme, du travelling latéral de Week-end ou d’une soirée tout droit sortie de Pierrot le fou. Rendre hommage est certes facile, mais le cinéaste le fait avec brio : comme dans ses Oss 117, l’intrigue n’est pas là pour combler des trous entre des clins d’oeil ; ce sont les clins d’oeil, les hommages, qui sont au service du récit. Ici, ce récit consiste en la relation tumultueuse entre le réalisateur au lunettes fumées et l’actrice, qui devient sa femme, Anna Wiazemsky. Tout deux sont incarnés par Louis Garrel et Stacy Martin ; tout deux sont excellents. Elle semble jouer sous la caméra de Godard, lui est l’image qu’on peut se faire de Godard. Un personnage quelque peu antipathique, maladroit, parfois cruel, mais qui a l’art de sortir les bons mots au bon moment. L’hommage n’est ainsi pas un béat exercice de sanctification : Michel Hazanavicius semble admirer profondément le réalisateur sans s’adonner à une quelconque flatterie. Surtout, le film est extrêmement drôle, et l’humour ne s’épuise pas. Ainsi, tout est bon pour se bidonner devant JLG on comportement, un running gag concernant des lunettes, des mise en abîmes, des gags de situation, des répliques acérées, et j’en passe ! Si on m’avait dit un jour que rigolerais autant devant Godard …

Conclusion

 Le retoutable est dont à la fois un excellent film sur la figure de Jean-Luc Godard et une excellente comédie. Le film entier est un hommage à la figure mythique de ce cinéaste, sans être complaisant envers lui – loin de là ! Et si au final Michel Hazanavicius n’était jamais aussi bon que lorsqu’il parlait de cinéma ?

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