Festival de Cannes 2016 News — 26 mai 2016
Cannes 2016 : les autres prix

De nombreux prix sont attribués dans le cadre du Festival de Cannes, on complète ce qui manque à notre compte-rendu avec les prix des jurys et de la , le prix François-Chalais, les Prix France Culture, le prix Women in Motion, la Palm Dog et les .

Xavier Dolan (photos : site officiel du Prix Oecuménique)

et le jury du prix oecuménique (photos : site officiel du Prix Oecuménique)

Juste la fin du monde de Xavier Dolan reçoit le prix œcuménique dont le but est de récompenser les «qualités humaines touchant à la dimension spirituelle de l’existence» avec deux mentions spéciales à American Honey de Andrea Arnold et Moi, Daniel Blake de Ken Loach, trois films présents dans le palmarès du jury officiel.

Les commentaires du jury sur chaque film :

Juste la fin du monde : « Ce qui ne peut être prononcé peut s’entendre à travers le visage, que filme Xavier Dolan de façon transcendantale.
Dans les non-dits, les clameurs et les regards se loge l’histoire d’une famille où l’on tait l’amour que l’on se porte, où l’on crie pour ne pas révéler l’essentiel. Par son retour, Louis, le fils prodigue venu annoncer sa disparition prochaine, choisit d’insuffler l’amour et l’espoir à ses proches. »

American Honey : « Un road-movie qui donne un regard d’amour à une jeunesse invisible, une équipe de vendeurs itinérants qui voyagent de ville en ville. Il montre leur force intérieure et leur dignité et s’offre comme une radiographie de la société. C’est un triple cheminement : celui d’un groupe se confrontant à la richesse et à la pauvreté et celui des protagonistes, Star et Jake, qui n’ont pas perdu leur capacité à rêver et de se transformer. »

Moi, Daniel Blake : « Soutenu par la grande qualité artistique du réalisateur, ce film évoque un homme au terme de sa vie qui fait fi de sa souffrance pour se mettre au service d’une famille frappée par l’exclusion et la misère. Comme un Bon Samaritain, il lui apporte en plus cette attention et cette affection autant nécessaire à un être humain que des besoins matériels. »

Sasha Lane reçoit le prix du jury oecuménique pour American Honey (photo : site officiel)

Sasha Lane reçoit le prix du jury oecuménique pour American Honey (photo : site officiel)

Sandra Hüller et Peter Simonischek dans Toni Erdmann

Sandra Hüller et Peter Simonischek dans Toni Erdmann

Les prix FIPRESCI de la critique internationale ont été remis cette année à Toni Erdmann de l’allemande Maren Ade (pour la compétition), Dogs du Roumain Bogdan Mirica () et pour les sections parallèles à Grave de la française Julia Ducournau présenté à la Semaine de la critique.

Le Disciple

Le Disciple

Le Prix François Chalais a été remis le 20 mai dernier à l’unanimité par un jury présidé par le réalisateur Bob Swaim (La Balance) au film ukrainien Le Disciple de , présenté à Un Certain Regard. «Le Disciple, tourné par le réalisateur Kirill Serebrennikov se passe en Russie mais nous concerne tous. Veniamin, un étudiant s’enivre de la parole Biblique et condamne sa famille, ses professeurs et ses copains de classe. Les extrémistes de tous bords, assassinent ceux qu’ils pensent servir en trahissant la vocation initiale des paroles et des textes religieux. Un film audacieux, courageux, dérangeant… explosif !». Le Prix a notamment couronné L’Autre de Youssef Chahine (1999), Kippour d’Amos Gitaï (2000), Made in the USA de Solveig Anspach (2001), S21 – la machine de mort Khmer Rouge de Rithy Panh (2003), Carnets de voyages de Walter Salles (2004), Indigènes de Rachid Bouchareb (2006), Les Chats Persans de Bahman Ghobadi (2009), Grand Central de Rebecca Zlotowski (2013), Timbuktu d’Abderrahmane Sissako (2014) ou Le Fils de Saul de László Nemes l’an dernier.

frederick wiseman

Le Prix France Culture Consécration a été remis le samedi 14 mai au documentariste pour l’ensemble de sa carrière, présent également au Festival pour présenter une version restaurée de son film Hospital. Il succède à Abderrahmane Sissako et depuis sa création en 1999, le prix a été attribué à Jean-Claude Biette (1999), Noémie Lvovsky (2000), Catherine Breillat et Jiang Wen (2001), Jean-François Stévenin et Pedro Costa (2002), Jean-Claude Brisseau et Abderrahmane Sissako déjà, à l’occasion de la sortie de Bamako (2003), Jacques Doillon et Nuri Bilge Ceylan (2004), Raphaël Nadjari et Béla Tarr (2005), Alain Cavalier (2006), Rithy Panh (2007), Sandrine Bonnaire (2008), François Dupeyron (2009), Ronit Elkabetz (2010), Alexandre Astruc (2011) – disparu début mai -, Cédric Kahn (2012), Pascale Ferran (2013) et Margarethe von Trotta (2014). a reçu le 2ème prix Cinéma des étudiants pour Toto et ses sœurs, décerné à un jeune talent en lice parmi une liste de films soutenu par France Culture face à Janis d’Amy J. Berg, Je suis le peuple d’Anna Roussillon, Les Ogres de Léa Fehner et Une jeunesse allemande de Jean-Gabriel Périot. Une nouvelle catégorie a été ajoutée cette année, l’International Students Awards dont les lauréats, Mustang de Deniz Gamze Ergüven pour le long métrage et Maman(s) de pour le court, ont été choisis par les étudiants étrangers en écoles de cinéma.

prix france culture etudiants

Susan Sarandon et Geena Davis (Vittorio Zunino Celotto / Getty Images pour Kering)

et Geena Davis (Vittorio Zunino Celotto / Getty Images pour Kering)

susan sarandon geena davis women in motion 2

Comme écrit déjà ici, Susan Sarandon et Geena Davis alias Louise et Thelma, ont été honorées du prix Women in Motion pour l’ensemble de leur carrière. Elles ont attribué les premiers prix Jeunes Talents Women in Motion aux réalisatrices tunisienne (À peine j’ouvre les yeux), syrienne Gaya Jiji (qui a signé plusieurs courts-métrages et passera bientôt au long) et iranienne Ida Panahandeh (Nahid, Un Certain Regard 2015) sélectionnées parmi une liste de talents féminins du cinéma identifiées au cours de l’année 2015.

nellie dans paterson

La 15ème Palm Dog est attribuée à Nellie qui malmène en secret Paterson alias Adam Driver dans le long-métrage éponyme de Jim Jarmusch, mon film fétiche de la compétition 2016 avec Toni Erdmann de Maren Ade. Le bouledogue anglais ayant disparu voici quelques semaines, il s’agit donc de la première Palm Dog posthume. Nellie succède notamment à Lucy (Wendy et Lucy de Kelly Reichardt), Dug (Là-haut), Uggie (The Artist), Luke et Body (White God) et Lucky pour Les 1001 Nuits de Miguel Gomes l’an dernier. Jacques, le dalmatien français de Victoria de Justine Triet reçoit une mention spéciale. La « Palm DogManitarian », équivalent du prix humanitaire Jean Hersholt des Oscars (en quelque sorte, attention, pas pour de vrai) a été créé l’an dernier pour «honorer un film qui s’attache à dépeindre les relations entre hommes et chiens». Cette année, c’est Ken Loach qui reçoit ce prix pour son emploi régulier de chiens à trois pattes dans ses films dont Shae cette année dans Moi Daniel Blake. Bon, voilà, c’est une super info, mieux qu’une deuxième palme d’or peut-être. Pas certain mais sait-on jamais.

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, Caroline Scheufele, Juliette Binoche, Bel Powley, John Boyega et Steven Gaydos (photo : Gisela Schober/Getty Images Europe)

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, Caroline Scheufele, , , John Boyega et Steven Gaydos (photo : Gisela Schober/Getty Images Europe)

Le Trophée Chopard honore chaque année depuis 2001 un jeune acteur et une jeune actrice avec plus ou moins de flair, comme on peut en juger avec cette liste que nous avons publiée l’an dernier. Cette année les lauréats sont l’anglais John Boyega (Attack of the Block, Star Wars : le Réveil de la Force) et l’américaine Bel Powley, surtout remarquée l’année dernière dans The Diary of a Teenage Girl (succès art et essai Sundance) qui risque bien de rester inédit chez nous. Ils étaient tous deux en lice pour le prix du meilleur espoir aux derniers Bafta, le trophée étant remporté par Boyega. Le prix leur a été remis par Juliette Binoche.

Articles semblables

Partage

Auteur

Avatar
Pascal Le Duff

Cet article a été écrit par Pascal Le Duff, rédacteur en chef cinéma sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles