Cannes 2014 à Paris, jour 1 : mercredi 28 mai

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Comme tous les ans, les sections parallèles du Festival de Cannes sont reprises à Paris dans trois salles de cinéma : le Reflet Medicis (Un Certain Regard), le Forum des Images (la Quinzaine des Réalisateurs) et la Cinémathèque Française (la Semaine de la Critique)

 

Premier jour de ces reprises avec deux films asiatiques de la sélection officielle Un Certain Regard, guère séduisants, le premier étant ‘ trop ‘, le deuxième ‘ pas assez ‘.

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A girl at my door (2/5), daté pour le 10 septembre est le premier long-métrage de la coréenne , et la production est signée par (Poetry). Ce drame de la maltraitance est interprété par deux grandes actrices. , vue dans , et dans un film des Wachowski, . Elle les retrouvera bientôt avec  . Ici, elle est Lee Young-nam, jeune commissaire de police contrainte de quitter la ville pour des raisons personnelles. Dès son arrivée dans le petit port de pêche où elle a été mutée, elle rencontre l’adolescente Dohee. Vue dans d’ et Man From Nowhere (Ajeossi), confirme le talent qu’elle laissait entrevoir lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant et une grande carrière s’annonce pour elle. Ce drame est impressionnant dans un premier temps avant d’afficher ses limites par ses outrances scénaristiques. L’enfant est maltraitée de tous, par son père (Song Sae-byuk sur une seule note agressive répétitive) qui exploite des employés clandestins et sa grand-mère dont l’état mental est douteux, ainsi que par ses camarades de classe. Si le résultat reste plus subtil que le Bedeviled de Jang Cheol-su, malgré quelques points communs, les actions des uns et des autres finissent par lasser à force d’incohérences et d’excès. Homosexualité, alcoolisme, brimades en tous genres, accusations peu ragoûtantes, pédophilie, automutilation, rien ne nous est épargné… Les violences contre les enfants sont suffisamment graves pour ne pas les exploiter avec aussi peu de tact et de subtilité surtout si l’on laisse planer le doute sur la santé mentale de la fillette abusée. Et l’on ne parle pas de traumatisme, mais d’un petit monstre voire d’une âme démoniaque. C’est vraiment très maladroit. Et les héros qui luttent seuls contre tous, avec des témoins lâches et veules tous unis dans leur médiocrité, ce n’est pas très nouveau. La réalisatrice a un talent de mise en scène, gâché par un point de vue qui manque de réflexion.

July Jung, Song Sae Byuk, Doona Bae et Kim Sae Ron (AFP / V. Hache)
July Jung, Song Sae Byuk, Doona Bae et Kim Sae Ron (AFP / V. Hache)

 

 

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Après cet excès de trop plein, un peu de douceur sur la forme avec (2,5/5), le nouveau film de , repéré en 2006 avec , Prix Un Certain Regard. Une famille recomposée doit affronter la leucémie du père, Mr Zhou (Zhang Xu), un modeste ouvrier. Son entreprise couvre les frais d’hôpitaux dans un premier temps, mais face à l’augmentation des coûts, ils ne seront plus payés qu’à moitié. Son épouse Tang Min (Su Su) doit alors se démener pour chercher de l’argent auprès de ses proches, qui hésitent à s’engager car l’espoir de guérison est nul. Xiao Qin, sa fille (Jian Renzi) glisse vers la prostitution par reconnaissance de la générosité de son beau-père et le fils Zhao Lin (Hu Ruijie) sèche l’école et rencontre une fille qui vit sur un bateau avec un homme qui l’a achetée à son père et massacre O sole moi à la trompette. Il y a de l’amour dans cette famille, avec leur combat pour trouver l’argent nécessaire aux soins d’un homme aimé et généreux. On est émus au détour d’une belle scène de dîner en famille ou dans l’inquiétude d’un fils pour son père sur un pont. Wang Chao sait faire vivre cette cellule familiale avec bienveillance et livre en parallèle un constat amer sur son pays. Bienvenue dans une Chine polluée qui abandonne ses corps les plus faibles, allant jusqu’à virer des employés par haut-parleur ! La solidarité existe encore, grâce à un noble enseignant notamment. Hélas l’apathie de la mise en scène et certaines ellipses (la jeune fille sur son bateau réduite à son emploi romantique) empêchent de se passionner pour ce film trop sage et bien peu original. Un film qui n’est pas exempt de beauté mais qui reste trop vain.

Jian RenZi et Wang Chao (© FDC / M. Petit)
Jian RenZi et Wang Chao (© FDC / M. Petit)

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