Berlinale 2018 : Tom Tykwer président

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Le réalisateur allemand sera le président du jury du 68ème , qui se déroulera du 15 au 25 février 2018 dans la capitale allemande. C’est ce que le directeur de la Berlinale Dieter Kosslick a annoncé ce jour. Tykwer succède au réalisateur néerlandais Paul Verhoeven, dont le jury avait attribué la récompense suprême de l’Ours d’or au film hongrois Corps et âme de Ildiko Enyedi, actuellement en salles en France. L’annonce de sa présidence intervient assez tôt avant le début des festivités, en comparaison un mois avant celle de Verhoeven en 2016, quoique quinze jours plus tard que celle de Meryl Streep il y a deux ans.

Tom Tykwer (*1965) est un habitué de la Berlinale, puisqu’il y a participé dès la présentation de son deuxième court-métrage Epilog dans la section parallèle du Panorama en 1992. Il a ensuite eu l’honneur d’ouvrir à deux reprises le festival, par le biais de Heaven avec Cate Blanchett et Giovanni Ribisi en 2002 et sept en plus tard grâce à L’Enquête The International avec Clive Owen et Naomi Watts. Entre-temps, il était retourné du côté de la Potsdamer Platz pour y faire concourir en 2004 son court-métrage True avec Natalie Portman. Plus récemment, il avait promu deux films collectifs auxquels il avait participé. Tom Tykwer s’était imposé sur la scène du cinéma mondial grâce à son troisième film Cours Lola cours avec Franka Potente et Moritz Bleibtreu, qui avait entre autres gagné l’Independent Spirit Award du Meilleur Film étranger en 2000. Dès lors, le réalisateur avait alterné entre films allemands, tels que La Princesse et le guerrier et Drei, et productions internationales, comme Le Parfum Histoire d’un meurtrier avec Ben Whishaw et Cloud Atlas avec Tom Hanks et Halle Berry, co-réalisé avec les Wachowski. Pour son dernier long-métrage à ce jour, A Hologram for the King, il avait à nouveau fait équipe avec Hanks. Tom Tykwer est de même connu en tant que compositeur de musiques de film, dont celle de Cloud Atlas, qui lui avait valu une nomination au Golden Globe de la Meilleure musique en 2013, et celle de la série Netflix des sœurs Wachowski « Sense8 » pour laquelle il fut nommé à l’Emmy du Meilleur Thème musical l’année dernière. En tant que producteur, il a été responsable d’une dizaine de films allemands, au sein de la structure de production X Filme Creative Pool.

Alors que le choix de Tom Tykwer pour diriger le jury de l’un des plus prestigieux festivals européens peut surprendre, il s’inscrit cependant dans une légère préférence germanique de la Berlinale au fil du temps. Depuis que la compétition a commencé à rythmer le quotidien du festival en 1957, il est le septième président allemand, après le réalisateur de théâtre Johannes Schaaf en 1969, le chef opérateur Michael Ballhaus en 1990, le réalisateur Volker Schlöndorff en 1991, le réalisateur est-allemand Frank Beyer en 1993, le réalisateur Roland Emmerich en 2005 et le réalisateur Werner Herzog en 2010. C’est d’ailleurs à la sélection d’Emmerich que celle d’aujourd’hui ressemble le plus, en signe de reconnaissance envers un enfant du pays qui a su se faire un nom à l’étranger. Et si elle manque peut-être un peu de prestige et de légitimité artistique, n’oublions pas que le chauvinisme à la française nous a certes souvent valu des légendes du Septième art à Cannes, comme récemment Patrice Chéreau et Isabelle Huppert, mais qu’il y a aussi eu un certain Luc Besson qui supervisait le jury au début du siècle.

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