Berlinale 2017 : Ours d’or pour On Body and Soul

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Ildikó Enyedi (© Ali Ghandtschi)
Ildikó Enyedi (© Ali Ghandtschi)

Le jury présidé par a donc primé le film hongrois réalisé par Ildiko Enyedi, le drame romantique et onirique qui avait fait sensation le jour de sa programmation officielle, le vendredi 10 février, dès le lendemain de l’ouverture. «Deux âmes solitaires peinent à s’accorder dans la vie de tous les jours, alors qu’ils sont d’ores et déjà sur la même longueur d’ondes dans [un] univers onirique. Grâce à la précision de son observation psychologique à l’œuvre dans cette étrange valse de la séduction maintes fois frustrée et surtout à son regard filmique hors pair, déjà remarqué autrefois lors de sa Caméra d’or à Cannes en 1989 Mon 20ème siècle, la réalisatrice Ildiko Enyedi réussit à nous capter de bout en bout. Son sixième film constitue l’exemple parfait de l’expression d’un talent formel nettement maîtrisé, jumelé à une histoire qui témoigne de la fragilité si délicate des rapports entre hommes et femmes». (suite de la critique de Tobias en cliquant sur ce lien).

Le film obtient également le prix FIPRESCI de la critique internationale, le prix du jury oecuménique et le prix du jury des lecteurs du Berliner Morgenpost.

On Body and Soul est le deuxième film présenté en compétition après le français Django avec Reda Kateb et a donc précédé tous ses rivaux, aucun ne parvenant à le faire oublier dans le cœur du jury composé également de Dora Bouchoucha Fourati, Olafur Eliasson, Maggie Gyllenhaal, Julia Jentsch, Diego Luna et Wang Quan’an. Ils ont livré un palmarès plutôt recommandable et plutôt évité les grandes purges et les films faibles cinématographiquement.

 

(© Ali Ghandtschi)

Favori de la très large majorité des spectateurs de la Berlinale, n’est tout de même pas oublié, reçoit l’Ours d’argent de la mise en scène. «Un film 100 % estampillé Kaurismäki, tellement le réalisateur y cultive son humour hautement caustique, tout en découvrant accessoirement que l’impassibilité typiquement finlandaise peut être un rempart insoupçonné contre la haine et l’exclusion […] Dans un film de Kaurismäki, on parle très peu, on agit à peine plus et, surtout, on fait passer ses états d’âme par des signes plus détournés que des répliques platement explicatives. La preuve dès les premières minutes de ce film gracieux, lorsque tout est dit par l’image et à la limite par quelques regards et gestes dépités pour faire comprendre au spectateur que c’est fini entre Wikhstrom [l’un des deux personnages principaux] et son épouse. Le vocabulaire visuel reste joliment expressif tout au long du film, avec ces décors épurés, comme venus d’une décennie antérieure, que les personnages traversent sans se presser, à moins qu’ils n’y soient carrément figés. En effet, voir un personnage surgir d’une coulée de charbon ou bien surprendre le cuistot du restaurant en train de dormir aux fourneaux, cela n’a rien d’étonnant dans un contexte pictural, qui puise une part importante de sa vérité et de sa beauté dans son don d’observation subtilement décalé». (suite de la critique de Tobias en cliquant sur ce lien).

Alain Gomis (© Ali Ghandtschi)

Malgré quelques réserves sur d’Alain Gomis, dont la première partie ressemble pour beaucoup à Ma Rosa de Brillante Mendonza et la deuxième se perd un peu alors qu’une femme épuisée et son fils meurtri se reconstruisent péniblement, le Grand Prix remis à Alain Gomis honore un réalisateur franco-sénégalais à l’univers très personnel. On lui doit notamment Andalucia porté par une grande performance de Samir Guesmi et surtout Aujourd’hui, l’errance fantomatique d’un homme mort au sein de sa communauté, déjà présenté en compétition à Berlin en 2013.

(© Ali Ghandtschi)

, le père maladroit et attachant de et , l’amoureuse triste du dernier Hong Sangsoo sont les acteurs récompensés cette année, des comédiens convaincants dans des univers qui ne le sont pas moins. et Gonzalo Maza sont primés pour le scénario du drame Una mujer fantastica porté par la prestation de Daniela Vega et qui dénonce le regard trouble sur les transsexuels et leur absence de droits lors du décès de leur conjoint.

(© Ali Ghandtschi)

Le Prix Alfred-Bauer est normalement remis à «un film qui ouvre de nouvelles perspectives dans l’art cinématographique ou offre une vision esthétique novatrice et singulière». Manifestement gêné aux entournures par l’absence de candidats évidents à ce prix et peu séduit par Colo de Teresa Villaverde qui aurait pu légitimement y prétendre et repart bredouille, le jury a choisi de primer de la polonaise . Rien de bien audacieux ici au niveau formel (le concept du prix tout de même), l’élément le plus marquant du film étant surtout le soin porté aux personnages et à une certaine liberté d’esprit dans la représentation d’un combat particulier pour l’écologie (critique).

à gauche (© Ali Ghandtschi)

Ours d’or pour Mère et Fils en 2013, le roumain Călin Peter Netzer doit cette fois-ci se contenter du prix de la meilleure contribution artistique (photo, montage, musique, costumes ou décors) remis à sa monteuse.

Dana Bunescu monteuse de Ana, mon amour (© Ali Ghandtschi)

 

Les prix du jury officiel

Sebastián Lelio et Gonzalo Maza (© Ali Ghandtschi)

Les prix des autres jurys

  • Prix du premier film : Summer 1993 (Estiu 1993) de Carla Simon
  • Ours d’or du court-métrage : Small Town (Cidade Pequena) de Diego Costa Amarante
  • Ours d’argent du court-métrage : Ensueno en la pradera d’Esteban Arrangoiz Julien
  • Prix Audi Short du court métrage : Street of Death de Karam Ghossein et Anchorage Prohibited (Jin Zhi Xia Mao) de Chiang Wei Liang

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