À (re)voir en SVOD : Dead Set – En attendant Reality Z

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Royaume-Uni : 2008
Titre original : –
Créé par :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 2h20 environ
Genre : Série TV, Horreur
Date de sortie DVD : 24 octobre 2012
Disponible en SVOD sur et

Note : 3,5/5

Une effroyable attaque de zombies enragés s’abat sur l’Angleterre. La contagion se propage très rapidement à l’ensemble de la population. Les participants de l’émission de télé réalité Big Brother, coupés du monde, ignorent qu’ils sont les derniers survivants. Plus pour longtemps…

Diffusée en 2009 sur CinéCinéma Frisson, sortie en 2012 en DVD chez Koba Films, la série Dead Set n’avait, en son temps, pas franchement créé chez nous l’engouement qu’elle avait suscité du côté de chez nos voisins britanniques. Ces derniers étaient en effet presque 1,5 millions devant leur poste de TV lors de la diffusion du premier épisode le 27 octobre 2008…

Mais la vie d’une série ne s’arrête pas toujours à sa prime diffusion, et tout particulièrement dans le cas de Dead Set. En l’espace d’une douzaine d’années, la série a en effet eu l’opportunité de se rappeler à nos mémoires à plusieurs reprises, et ce pour deux raisons.

La première raison est liée au créateur de la série, le britannique Charlie Brooker. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est qu’il se cache derrière une autre série, dont la popularité a littéralement explosé depuis quelques années : . Actif dans le petit monde de la série TV depuis une vingtaine d’années, Charlie Brooker avait en effet à son actif une petite poignée de séries avant Black mirror. De fait, le buzz autour de sa série-événement de science-fiction reprise en 2016 par a automatiquement créé un regain d’intérêt pour les autres shows créés par Brooker. On a donc vu Dead Set reprogrammé à grands renforts de publicité, notamment en 2019 sur Série Club.

La deuxième raison est quant à elle liée à une actualité pour le moins brûlante : la diffusion sur Netflix à partir du 10 juin 2020 de , nouvelle série créée par le brésilien qui s’avère être non pas tout à fait un remake mais plutôt une « adaptation » locale de Dead Set.

Charlie Brooker a d’ailleurs teasé la série-événement d’une façon pour le moins enthousiaste : « Il est incroyable de voir comment Torres a réinventé la série, en la plaçant dans une ville aussi emblématique que Rio et en exploitant la pop culture brésilienne de façon aussi brillante. ». Pragmatique, Cláudio Torres soulignait quant à lui les challenges qu’il a tenté de relever avec Reality Z : « Mon défi était de transformer une mini-série en cinq épisodes en une série qui pourrait se décliner sur plusieurs saisons sans perdre l’esprit, l’humour et la critique sociale que Charlie a introduits dans le Dead Set original. »

On en parle et on en reparle depuis plus de dix ans, mais avec le recul, que valait réellement Dead Set ? On peut déjà saluer le fait que la série de Charlie Brooker était arrivée sur les écrans britanniques deux ans avant et toute la vague de séries de zombies qui a suivi le show de Frank Darabont et Angela Kang, basé sur les comics de Robert Kirkman. La mini-série s’intègre plutôt dans la continuité de l’œuvre de George A. Romero, plaçant l’invasion de zombies au cœur d’un phénomène télévisuel encore assez récent à l’époque – la télé-réalité de confinement – sur lequel Romero n’avait pas eu le temps de se pencher réellement, même si on pourrait penser que par certains aspects, sa féroce charge contre les réseaux sociaux Diary of the dead (2007) englobait également presque naturellement cette vague de trash-TV.

Comme dans certains épisodes de Black mirror, Charlie Brooker choisissait un phénomène extrêmement grand public et de l’emmener loin, très loin de son univers de base. Bien sûr, l’idée de voir une horde de zombies attaquer un show de type Big Brother (Loft Story chez nous) a quelque chose de franchement réjouissant, mais passé ce pitch, où Brooker choisit-il d’emmener le spectateur ? Hé bien, finalement pas si loin que ça, puisqu’en l’espace de deux heures et demie, Dead Set se verra finalement plus encombré qu’autre chose par les multiples clichés ou « passages obligés » du genre zombie, qui empêchent finalement un peu le show de réellement décoller. Si bien sûr la série reste parfaitement sympathique, disons qu’elle comporte tout de même un sacré « ventre mou », dans le sens où rien ne viendra sortir le spectateur de la routine du genre si l’on excepte le premier et le cinquième et dernier épisode, qui pour le coup s’imposent comme de parfaites réussites. Le premier épisode est aussi nerveux que tendu, et développe un sentiment d’urgence très efficace, tout en introduisant les personnages principaux. Le dernier épisode quant à lui est celui qui exploite le mieux le décor du show de confinement, et propose un final vraiment très sympa, très gore et réussi, rompant avec la monotonie de ce qui précédait. Avec le recul, et même si Dead Set le précédait de trois ans, on en vient à se demander si un long épisode de Black mirror n’aurait pas suffi à Brooker pour ce qu’il avait à dire…

Pourtant, Dead Set vaut le coup qu’on s’y attarde. L’analogie entre les zombies et le public de ce genre de shows de télé-réalité est évidente, et soulignée à de nombreuses reprises par des plans sur des zomblards arrêtant toute activité pour regarder ce qui se passe sur les écrans de télévision. Les clichés sur le public et les candidats de ce genre de shows, volontiers considérés comme aussi décérébrés que des zombies, sont également de la partie, et donnent à certains passages de Dead Set une saveur inédite. C’est d’autant plus remarquable que les personnages existent réellement à l’écran, dépassant le stade de la simple caricature.

Malheureusement, ces personnages ne suffisent pas à passer outre les nombreux clichés de la partie centrale simplement axée sur le « survival ». Le public british ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Si 1,5 millions de téléspectateurs étaient assis devant leur TV lors de la diffusion du premier épisode, le public malheureusement se réduirait comme peau de chagrin au fur et à mesure de la diffusion des cinq épisodes du show, le dernier d’entre-eux terminant sa course à seulement 705.000 téléspectateurs.

Dead set est disponible en DVD chez Koba Films, ainsi qu’en SVOD sur MyCanal et Amazon Prime Video.

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