
Titre original : Masters of the Universe
Réalisateur : Travis Knight
Scénario : Chris Butler, Aaron Nee, Adam Nee, Dave Callaham
Casting principal : Nicholas Galitzine, Camila Mendes, Alison Brie
Genre : Aventure, Fantastique, Science-fiction Date de sortie France : 22 juillet 2026 (Prime Video) Date de sortie BR/4K : 28 octobre 2026
Durée : 2h20
Pays : États-Unis (2026)
Editeur : Amazon MGM Studios
Quinze ans après avoir recherché l’Épée du Pouvoir, Adam est catapulté sur sa planète natale Eternia, sur laquelle Skeletor règne désormais. Avec Teela et Duncan à ses côtés, il doit libérer son vrai pouvoir, embrasser son destin en tant que Musclor, et lutter pour sauver son monde et les gens qu’il aime…
Le film
[3,5/5]
Les Maîtres de l’Univers avait une mission délicate : ressusciter une franchise née dans les années 1980, lorsque Mattel avait compris qu’un bonhomme musclé, une épée magique et quelques monstres bien gratinés pouvaient alimenter l’imagination de millions de gamins, et booster les ventes de toute une gamme de jouets. Quarante ans plus tard, Travis Knight relève le défi avec un sérieux tout relatif, ce qui est probablement la meilleure décision possible. Car Les Maîtres de l’Univers ne cherche pas à faire oublier le ridicule potentiel de son univers : il l’exhibe, le peint en couleurs fluorescentes et le propulse dans l’espace avec une jubilation communicative. L’esprit de Flash Gordon, cette merveille de science-fiction kitsch de 1980, n’est jamais bien loin, tandis que l’on retrouve le plaisir innocent des grandes aventures héroïques. Avec, cette fois, un budget permettant de repeindre la moitié de la galaxie.
Le réalisateur de Kubo et l’Armure magique et de Bumblebee connaît son affaire : il faut respecter l’imaginaire d’origine sans transformer le film en musée poussiéreux des jouets Mattel. Les Maîtres de l’Univers assume donc les armures improbables, les créatures extravagantes et les décors démesurés, sans oublier cette délicieuse sensation que l’univers entier a été conçu par un enfant ayant reçu carte blanche dans un magasin de figurines. Le résultat lorgne volontiers du côté de Thor : Ragnarok, notamment dans sa façon de mêler baston cosmique et humour décomplexé. Pourtant, sous les muscles de Musclor et les grimaces de ses adversaires, le film conserve une certaine tendresse pour les héros qui cherchent leur place. Le prince Adam doit apprendre à devenir autre chose qu’un héritier égaré : la puissance ne vaut rien sans la responsabilité qui l’accompagne.
Le problème, c’est que Les Maîtres de l’Univers finit tout de même par confondre générosité et gigantisme. Avec ses 2h20 au compteur, le film connaît un sérieux coup de mou à mi-parcours, lorsque l’aventure semble chercher son épée de pouvoir entre deux scènes d’exposition. Quelques fonds verts jurent également avec l’ambition visuelle de l’ensemble. Mais Travis Knight possède un atout précieux : sa mise en scène sait donner du relief à cet univers bariolé, en alternant les affrontements spectaculaires, les panoramas grandioses et les moments plus intimes. Les couleurs saturées ne sont pas qu’un cache-misère nostalgique : elles soulignent l’opposition entre un royaume merveilleux défiguré par la tyrannie et la vitalité de ceux qui refusent de le voir disparaître. Derrière son apparence de BD colorée survit ainsi une petite réflexion sur la mémoire, l’héritage et la nécessité de se réapproprier son histoire. Même les pouvoirs magiques ont besoin d’un minimum de conscience politique.
Et puis il y a Skeletor. Autant le dire tout de suite, le grand méchant des Maîtres de l’Univers est une réussite absolument réjouissante. Jared Leto disparaît derrière ce crâne grimaçant, dont l’animation expressive et le regard incandescent semblent tout droit sortis du dessin animé. Le personnage cabotine avec une insolence délicieuse, sans que le film cherche à le rendre artificiellement inquiétant au détriment de son identité graphique. Face à lui, Nicholas Galitzine compose un Musclor attachant, moins monolithique que ne le laisserait croire sa musculature de déménageur intergalactique, tandis que Camila Mendes et Idris Elba participent efficacement à cette joyeuse équipée. Les clins d’œil au dessin animé et à l’adaptation de 1987 portée par Dolph Lundgren complètent le tableau, sans jamais néanmoins transformer l’ensemble en réunion d’anciens combattants. Certes, Les Maîtres de l’Univers aurait gagné à raccourcir quelques séquences, mais son final déchaîne enfin toute la puissance de son imaginaire. Voilà un blockbuster qui comprend qu’un héros en slip de fourrure peut aussi porter une vraie promesse de cinéma : celle d’un spectacle qui ne rougit pas de ses couleurs. Et ça, franchement, c’est déjà une forme de magie.
Le Blu-ray 4K Ultra HD
[4/5]
Avec Les Maîtres de l’Univers, Amazon MGM Studios propose une édition Blu-ray 4K Ultra HD qui fait honneur à l’univers visuel imaginé par Travis Knight. Le fourreau accompagne un coffret comprenant le disque 4K Ultra HD et le Blu-ray du film, de quoi satisfaire les amateurs de belles éditions physiques autant que les nostalgiques de Musclor. L’image HDR10 et Dolby Vision se montre particulièrement adaptée à cette débauche de couleurs, avec des teintes éclatantes, des contrastes bien affirmés et une définition qui permet d’apprécier les détails des armures, les textures des décors et les reliefs du château des Ombres. Les noirs conservent une belle profondeur dans les passages les plus sombres, tandis que les effets lumineux des pouvoirs magiques profitent d’une intensité réjouissante. Quelques incrustations numériques trahissent ponctuellement leurs origines, mais le transfert ne fait pas de cadeau aux détails : les imperfections appartiennent davantage aux effets visuels eux-mêmes qu’à la restitution du disque. Côté son, la VO Dolby Atmos donne de l’ampleur aux affrontements, avec des déplacements sonores enveloppants, des impacts généreux et une musique qui profite pleinement de la scène multicanale. La VF DTS-HD Master Audio 5.1 n’a pas à rougir : les dialogues restent nets, les effets disposent d’une belle présence et les séquences d’action conservent leur énergie. Deux pistes convaincantes, chacune permettant de profiter pleinement de cette aventure cosmique.
Côté bonus, on commencera avec une large sélection de featurettes (15 minutes) : on trouvera en effet rien de moins qu’une douzaine de modules très courts consacrés aux différentes facettes de la production. Renaissance de la franchise et ses personnages, figures maléfiques, création de l’univers et d’Eternia, épée emblématique du héros, réalisation, préparation physique des acteurs, etc. En dépit de leur côté ouvertement promotionnel, ces petites capsules s’avèrent relativement informatives. On aura également droit à un spectacle de drones au-dessus d’Éternia (3 minutes) – un impressionnant spectacle aérien organisé à Los Angeles, mobilisant 1600 drones pour dessiner dans le ciel Musclor, Skeletor et le château des Ombres. Un supplément spectaculaire, même si cette débauche de technologie promotionnelle ne remplace pas un véritable documentaire sur la fabrication du film. L’ensemble reste agréable à parcourir, mais on aurait volontiers prolongé la visite d’Éternia avec quelques entretiens approfondis ou une exploration plus technique des effets visuels.






















