Accueil Blu-ray, DVD, livres Blu-ray Test Blu-ray : The Christophers

Test Blu-ray : The Christophers

0
6
Test Blu-ray : The Christophers

Titre original : The Christophers
Réalisateur : Steven Soderbergh
Scénario : Ed Solomon
Casting principal : Ian McKellen, Michaela Coel, James Corden
Genre : Comédie dramatique Date de sortie cinéma : 10 juin 2026 Date de sortie DVD/BR : 20 octobre 2026
Durée : 1h40
Pays : Royaume-Uni, États-Unis (2025)
Éditeur : Blaq Out

Alors qu’elle galère pour payer son loyer dans une communauté d’artistes, Lori Butler reçoit un coup de fil de son ancienne camarade de classe Sallie. Celle-ci et son frère Barnaby souhaitent engager Lori en tant qu’assistante de leur père mourant, le célèbre peintre Julian Sklar qui n’a plus créé de tableau digne de sa réputation internationale depuis des années. Exceptionnellement douée pour contrefaire des œuvres d’art à la valeur monétaire inestimable, Lori est censée terminer en cachette la série de tableaux The Christophers soigneusement cachés au dernier étage de la demeure de Sklar. Ses enfants espèrent récupérer une jolie somme d’argent à la mort prochaine de leur père, grâce à ces œuvres réputées jusque-là inachevées…

Test Blu-ray : The Christophers

Le film

[3,5/5]

Quand on va voir un film de Steven Soderbergh, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre. (…) Son nouveau film, The Christophers ou l’histoire d’une faussaire engagée pour embellir les derniers tableaux d’un vieux peintre (…) est un récit sublimement au service de réflexions sur l’art en général et sur notre drôle d’époque de marchandisation de l’intime en particulier. Plus que jamais dans l’univers cinématographique de Soderbergh, la prémisse autour de l’arnaque consistant à achever l’ultime série de tableaux à l’insu de leur créateur n’est qu’un prétexte fort banal. Rapidement, il devient clair que la nouvelle assistante du maître ne comptait pas suivre docilement le plan élaboré par la progéniture ingrate de l’artiste. Pourtant, grâce au jeu tout en finesse de Michaela Coel et de Ian McKellen dans ce qui risque bien d’être son dernier grand rôle de vieillesse, le scénario de Ed Solomon prend des tournures aussi imprévues qu’ingénieuses. Le tout sous la supervision discrètement virtuose du réalisateur, comme à son habitude également à la manœuvre en tant que chef opérateur et monteur. Au final, on se retrouve avec une histoire gentiment ironique, investie à la fois d’une intelligence artistique redoutable et d’une forme de sagesse hélas si rare, qui sait parfaitement faire la part des choses, entre le vrai et le faux, entre la pose et l’expression de l’intime, entre la crédulité intéressée et la lucidité sarcastique.

Test Blu-ray : The Christophers

L’art pour l’ar(gen)t

La fratrie de malfrats qui cherche à escroquer son père célèbre et qui est campée avec juste ce qu’il faut de bêtise manifeste par Jessica Gunning et James Corden n’a pas vu assez loin. Très vite dépassée par une suite des événements joliment ambivalente, sa présence au sein du film devient de plus en plus anecdotique. Car les vrais enjeux de The Christophers se situent ailleurs. Notamment dans les motivations, elles aussi plutôt troubles, de Lori. Tandis que son expertise de faussaire ne fait guère de doute, ce sont des considérations artistiques plus honnêtes qui semblent animer réellement son action. Or, interpréter cette observation en tant que chèque en blanc émis ici au profit d’un propos édifiant ou, pire encore, de louanges immodérées à l’égard du classicisme, ce serait mal connaître le respect profond que Steven Soderbergh a face à l’Art, d’où qu’il vienne. (…)

Test Blu-ray : The Christophers

L’Art tel qu’il est célébré dans le cas présent se dérobe à toute catégorisation. À toute médiatisation également, les critiques acerbes contre une consommation par écrans interposés en lieu et place d’une relation réelle, intime, entre l’œuvre d’art et celui ou celle qui la regarde n’y manquant pas. Que les deux personnages principaux soient à peu près sur la même longueur d’onde à ce sujet-là ne les empêche pas de profiter du système, chacun à sa façon. Pour le vieillard, c’est en envoyant sur internet des vœux d’anniversaire et autres recommandations personnalisées. Et pour son élève indirecte, ce serait davantage en menant un double, voire un triple jeu au fil des alliances qui se lient et se défont avec ses différents commanditaires.

Test Blu-ray : The Christophers

Travail d’équipe

Cependant, le fil de la communication entre ces deux êtres que beaucoup de choses opposent n’est jamais entièrement rompu. Leurs différences sont d’abord de l’ordre du décalage générationnel, avec Sklar qui ose faire une blague douteuse sur les peignoirs là où Lori a parfaitement intégré les nouvelles règles contre le harcèlement professionnel. Ce qui les lie, par contre, dépasse aisément ce que l’on pourrait considérer comme des effets de mode sociale. L’une comme l’autre ont été touchés, à un moment de leurs vies respectives, par la grâce artistique. Ou plus précisément, ils ont dû faire l’amer constat, bien plus tard dans leurs existences rocambolesques, qu’ils l’avaient perdue. Voilà une problématique bien plus complexe et loin des clichés que l’éternelle transmission miraculeuse du talent du maître vers son élève, que tant de films antérieurs sur le monde de la création artistique ont voulu nous faire gober !

Test Blu-ray : The Christophers

Steven Soderbergh, lui, n’élève jamais la voix narrative. Il ne brusque jamais le rythme de ce drame malicieux sur la nature fugace de l’inspiration. Il ne s’en apitoie pas non plus, mais cherche au contraire des alternatives contemporaines à ce que l’art officiel du siècle dernier avait pu représenter pour les amateurs les plus réceptifs. En cela, il reste fidèle à sa qualité suprême, affichée sans la moindre prétention dans ce film à la justesse de ton impressionnante. Celle de ne pas se reposer sur ses lauriers en répétant une recette à succès – exception discutable faite de la trilogie Danny Ocean et du diptyque Magic Mike –, mais au contraire de tenter avec chaque nouveau film une nouvelle aventure créative à l’issue incertaine. En tant que reflet cinématographique de cette démarche des plus louables, on n’aurait pas pu espérer plus délicatement stimulant que The Christophers !

Extrait de la critique de notre chroniqueur Tobias Dunschen. Découvrez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien !

Test Blu-ray : The Christophers

Le Blu-ray

[4/5]

Pour accompagner cette étonnante comédie dramatique autour de l’Art, du mensonge, de la filiation et de la création, Blaq Out propose une édition Blu-ray plutôt solide sur le plan technique. Côté image, le transfert HD se montre particulièrement convaincant. La définition est précise, les détails nombreux et les textures des peintures comme celles du très londonien intérieur de Julian Sklar ressortent avec une belle finesse. La photographie volontairement feutrée de Soderbergh, avec ses éclairages parfois assez sombres, est bien respectée et les contrastes restent suffisamment maîtrisés pour ne pas transformer les scènes nocturnes ou les pièces peu éclairées en bouillie numérique. Les couleurs, plutôt sobres, affichent une belle stabilité et les carnations sont naturelles. Quelques séquences auraient sans doute gagné à bénéficier d’un peu plus de profondeur dans les noirs, mais rien qui vienne réellement gâcher le plaisir. Une image élégante et parfaitement adaptée à ce petit huis clos. Côté son, le disque propose un mixage anglais en DTS-HD Master Audio 5.1, accompagné d’une piste DTS-HD Master Audio 2.0., plus cohérente si vous ne disposez pas de Home Cinema. Deux propositions particulièrement propres et équilibrées, avec des dialogues toujours parfaitement intelligibles, ce qui est évidemment essentiel dans un film aussi bavard. Le mixage multicanal ne cherche pas à transformer artificiellement ce quasi huis clos en démonstration home-cinéma : les effets surround restent discrets, mais la musique et les quelques ambiances extérieures profitent d’une belle ampleur. La piste stéréo se montre quant à elle très homogène et parfaitement confortable. Pas de feu d’artifice sonore, donc, mais une restitution précise, chaleureuse et sans faiblesse notable.

Test Blu-ray : The Christophers

Du côté des suppléments, on commencera avec la présentation du film par Frédéric Mercier, spécialiste du cinéma de Steven Soderbergh (34 minutes), particulièrement intéressant pour replacer The Christophers dans le parcours d’un cinéaste qui n’a décidément jamais cessé de se réinventer. Le propos permet notamment de revenir sur cette capacité de Soderbergh à passer d’un genre à l’autre tout en conservant un goût prononcé pour l’expérimentation et la réflexion sur le cinéma. On continue avec l’entretien avec Fabrice Conan, historien de l’art (18 minutes), qui s’attarde davantage sur la question du vrai et du faux, de la copie, de la restauration et de la valeur attribuée à une œuvre d’art. Un complément particulièrement pertinent au regard de l’intrigue du film et de ses fameux tableaux inachevés. Deux bonus qui, sans être pléthoriques, apportent donc un véritable éclairage sur les différentes facettes de The Christophers. Une édition Blaq Out techniquement convaincante et éditorialement solide.

Test Blu-ray : The Christophers

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici