
Le mois de septembre 2026 s’éclipse avec un programme cinéma riche en controverses potentielles. Des controverses sur la qualité, toujours perçue comme subjective, de la dizaine de films à l’affiche dès aujourd’hui. Ainsi que des controverses déclenchées par un éventail finalement pas si large de sujets à polémique. En effet, s’il fallait trouver un grand thème fédérateur de la plupart des longs-métrages en salles ce mercredi, fictions et documentaires confondus, ce serait celui d’un douloureux souvenir. Cela peut prendre la forme de la fresque historique au style moderne, d’un dépucelage vécu comme un traumatisme, de sévices sexuels remontant à l’enfance ou bien de la quête d’origines maltaises dont les vestiges survivent tant bien que mal par voie de chants folkloriques. Bref, vous l’aurez compris, cette semaine vous n’irez guère au cinéma pour vous divertir, mais pour vous confronter aux dures réalités de ce bas monde, l’exorcisme catholique compris !
Pour nos trois coups de cœur habituels, nous ne pensons pas non plus avoir choisi le chemin de la facilité. À commencer par le film qui mérite probablement le plus le détour par votre salle art et essai la plus proche – nonobstant l’avis très négatif de notre critique maison Jean-Jacques – à savoir le Prix du scénario du dernier Festival de Cannes, Notre salut de Emmanuel Marre. Espérons que notre deuxième choix réussira à enterrer la possible hache de guerre au sein de notre rédaction, puisque le film préféré de Jean-Jacques, l’inclassable Melpomène de Charlotte Dauphin, rencontre de même notre approbation. Enfin, le regard singulier du réalisateur autrichien Patric Chiha permet de vivre dans la peau de jeunes exilés russes aux quatre coins de l’Europe grâce à Un hiver russe,
présente dans la section Panorama au dernier Festival de Berlin.
Vous approcherez les autres films de la semaine à vos risques et périls. Car à l’exception des quatre films en reprise, eux aussi curieusement en phase avec des motifs sociaux et politiques à l’œuvre dans leurs pendants contemporains, il y a définitivement à prendre et à laisser. Surtout en raison de l’appréhension que nous inspirent les noms de cinéastes tels que Alejandro Gonzalez Iñárritu et Judith Godrèche, plutôt capables du pire que du meilleur … Enfin, mois après mois, l’horreur à la française a l’air de se porter très bien, cette fois-ci par le biais de Kraken de Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes, présenté au dernier Festival Fantastique de Sitges.

Le Chant des oliviers de Alex Camilleri (Malte, Drame, 1h48) avec Michela Farrugia, Nenu Borg et Michael Azzopardi
Délivre-nous du mal de Valeria Baldan et Giovanni Ziberna (Italie, Documentaire religieux, 1h45)
Digger de Alejandro Gonzalez Iñárritu (États-Unis, Satire, 2h09, distribué sur 501 copies) avec Tom Cruise, Riz Ahmed et Sandra Hüller
L’Idée qu’on s’en faisait de Sabrina Nouchi (France, Comédie, 1h47) avec Laetitia Beauvais, Andrea Dolente et Catherine Sorolla (critique)
Kraken de Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes (France, Horreur, 1h35) avec Alassane Diong, Manon Bresch et Guillaum Gouix
Melpomène de Charlotte Dauphin (France, Drame, 1h36) avec Charlotte Dauphin, Marisa Berenson et Pascal Greggory (critique)
Mémoire de fille de Judith Godrèche (France, Drame, 1h57) avec Tess Barthélemy, Valérie Dréville et Victor Bonnel
Le Monde à l’endroit de Sylvie Meyer (France, Docu-fiction, 1h28) avec Isild Le Besco, Sandrine Bonnaire et Marianne Denicourt
Notre salut de Emmanuel Marre (France, Drame historique, 2h33, distribué sur 356 copies) avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke et Mathieu Peretto (critique)
Un hiver russe de Patric Chiha (France, Documentaire, 1h27)
Verity de Michael Showalter (États-Unis, Thriller, 1h54) avec Anne Hathaway, Dakota Johnson et Josh Hartnett
Reprise
Aprile (1998) de Nanni Moretti (Italie, Comédie dramatique, 1h18) avec Nanni Moretti, Silvio Orlando et Silvia Nono
Cars (2006) de John Lasseter (États-Unis, Animation, 1h56)
Gervaise (1956) de René Clément (France, Drame, 1h52) avec Maria Schell, François Périer et Suzy Delair
Maison de poupée (1973) de Joseph Losey (Royaume-Uni, Drame, 1h46) avec Jane Fonda, Delphine Seyrig et David Warner















