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Test Blu-ray 4K Ultra HD : District 9

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District 9

Afrique du Sud, États-Unis, Nouvelle-Zélande : 2009
Titre original : –
Réalisation : Neill Blomkamp
Scénario : Neill Blomkamp, Terri Tatchell
Acteurs : Sharlto Copley, Jason Cope, David James
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Durée : 1h52
Genre : Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 16 septembre 2009
Date de sortie DVD/BR/4K : 11 septembre 2026

Des extraterrestres réfugiés sur la Terre depuis près de 30 ans deviennent un problème international explosif. Parqués dans le District 9, leur destin est entre les mains d’une multinationale, le MNU, qui s’intéresse à leur extraordinaire armement qui ne fonctionne qu’avec de l’ADN extraterrestre. Wikus, un agent de terrain du MNU, contracte un mystérieux virus qui se met à modifier son ADN. Cet homme qui permettrait de déchiffrer la technologie alien devient l’individu le plus recherché. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9…

Le film

[5/5]

À la croisée des chemins entre Rencontres du troisième type (pour la présence extra-terrestre), Le Cauchemar de Darwin (pour le contexte socio-politique et l’aspect documentaire) et Patlabor (pour le final en mecha absolument jouissif et décomplexé), District 9 permet à Neill Blomkamp de transformer ses essais déjà époustouflants – deux courts-métrages absolument bluffants, Alive in Joburg et Tempbot – avec un long forcément attendu au tournant.

Et pourtant, derrière cette filiation assez improbable se cache un film qui va rapidement trouver sa propre identité. Car si District 9 évoque effectivement le cinéma de science-fiction des années 1970 et 1980, il ne cherche jamais à reproduire ce qui existe déjà. Blomkamp part d’un postulat aussi simple que génial : en 1982, un gigantesque vaisseau extraterrestre apparaît au-dessus de Johannesburg. Mais plutôt que d’imaginer une invasion ou une rencontre pacifique avec une civilisation venue d’ailleurs, il fait de ses extraterrestres des réfugiés, parqués dans un gigantesque bidonville baptisé District 9. Une inversion de perspective qui permet au réalisateur de transformer l’alien en immigré clandestin, en paria, en population indésirable que les autorités rêvent de déplacer toujours plus loin du regard du reste de la société.

Bon, on ne va pas faire durer le suspense plus longtemps (on voit bien que vous n’en pouvez plus là, vous trépignez dans vos petits shorts fluos) : District 9 est un putain de chef d’œuvre, un film ÉNORME qui réussit à concilier deux aspects habituellement farouchement opposés : la conscience sociale et politique ET le pur plaisir cinématographique. Car s’il n’y a évidemment rien de honteux à vouloir faire du cinéma « conscientisé », encore faut-il que le discours ne finisse pas par prendre le dessus sur le film lui-même. C’est parfois le reproche que l’on pouvait adresser à certains thrillers politiques ou drames sociaux de l’époque : aussi estimables soient leurs intentions, ils semblaient tellement soucieux de faire passer leur message qu’ils en oubliaient parfois de raconter une histoire avec un minimum de folie, de rythme et de plaisir. The Constant Gardener ou Blindness de Fernando Meirelles, par exemple, privilégiaient une approche très sérieuse, très appliquée, parfois au détriment de leur puissance de divertissement. Même constat, dans une autre mesure, pour le Lord of War d’Andrew Niccol, dont on retenait finalement surtout quelques punchlines particulièrement efficaces et une formidable idée de départ, pour un ensemble plus pataud et relativement superficiel.

Neill Blomkamp, lui, a l’intelligence de ne jamais choisir entre le fond et la forme. Il peut parler d’apartheid, de ségrégation, de xénophobie, d’exploitation ou de bureaucratie sans jamais avoir l’air de nous coller un exposé de sciences politiques entre deux scènes d’action. Son propos est d’autant plus efficace qu’il passe par le spectacle, l’humour noir, la violence et même une certaine vulgarité. District 9 ne demande pas au spectateur d’admirer ses bonnes intentions : il préfère lui balancer ses idées en pleine tronche tout en lui offrant des flingues extraterrestres, des explosions et des bestioles géantes. Et c’est précisément cette absence de hiérarchie entre le discours et le divertissement qui rend le film aussi réjouissant.

Avec quinze ans de recul, c’est peut-être justement cette capacité à ne jamais laisser son discours étouffer son film qui impressionne le plus. Blomkamp parle évidemment d’apartheid, mais il ne transforme jamais District 9 en tract politique illustré. Le choix de Johannesburg n’a d’ailleurs rien d’anodin : l’ombre de l’apartheid plane constamment sur le récit, tandis que le traitement réservé aux extraterrestres renvoie à des mécanismes de discrimination terriblement humains. Les « crevettes » – terme volontairement méprisant employé pour désigner les extraterrestres – deviennent ainsi un miroir particulièrement peu flatteur de notre propre société.

Et c’est là que le procédé documentaire prend tout son sens. Faux reportages télévisés, interviews, images de surveillance, témoignages et caméras tremblotantes donnent d’abord au film un aspect presque journalistique, comme si cette histoire invraisemblable avait réellement eu lieu. Mais Neill Blomkamp sait parfaitement quand abandonner ce dispositif pour faire monter la sauce. Lorsque Wikus van de Merwe (parfait Sharlto Copley), entre lui-même dans la tourmente, District 9 change progressivement de nature. Le bureaucrate un peu minable et franchement antipathique devient une victime à son tour, et cette bascule narrative permet au réalisateur de déplacer constamment notre regard sur les événements.

Blomkamp quant à lui n’oublie jamais le potentiel de divertissement destructeur de la SF, et abandonne volontairement le montage « documentaire » à mi-parcours, pour se concentrer sur son récit, qui prend parfois des aspects de buddy-movie extraterrestre. Et le bougre ne lésine pas sur les réjouissances : fusillades dantesques, armes extraterrestres complètement démentes, explosions, mercenaires ultra-violents et, évidemment, ce fameux exosquelette qui débarque dans le dernier acte pour transformer District 9 en gigantesque défouloir mécanique. L’influence de Patlabor est effectivement palpable, mais l’ensemble évoque également toute une culture SF et manga que Neill Blomkamp digère suffisamment pour ne jamais donner l’impression d’une simple citation nostalgique.

Intelligent, sincère, impressionnant, guerrier, subversif, puissamment évocateur, souvent très drôle, District 9 est un OVNI foutraque et généreux, une pépite cinématographique (presque) inespérée. Et si certaines de ses métaphores sont parfois un peu appuyées, si son dernier acte abandonne une partie de la subtilité de son premier mouvement au profit d’une efficacité nettement plus bourrine, difficile de lui reprocher cette générosité. C’est précisément ce mélange de cinéma d’auteur, de faux documentaire, de satire politique, de film de monstres et de gros spectacle SF qui fait encore aujourd’hui toute la singularité du premier long-métrage de Neill Blomkamp. Un film qui avait débarqué comme une petite bombe en 2009 et qui, malgré les années, conserve une étonnante capacité à foutre le bordel dans nos certitudes tout en nous collant un énorme sourire devant ses scènes d’action.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Après avoir longtemps joué les abonnés absents sur le marché français du Katka, District 9 débarque enfin chez Metropolitan Film & Video dans une édition Blu-ray 4K Ultra HD qui ne se contente heureusement pas de recycler paresseusement le précédent Blu-ray. Et pour commencer par ce qui saute immédiatement aux yeux, difficile de ne pas saluer le packaging, particulièrement réussi. Cette édition collector prend la forme d’un élégant Digipack 4 volets qui, sans tomber dans la surenchère habituelle de certaines éditions dites « ultimes », soigne véritablement sa présentation et offre au film un écrin à la hauteur de son statut de petit classique de la science-fiction contemporaine. Deux disques sont au programme, le Blu-ray 4K Ultra HD accueillant le film tandis que le Blu-ray reprend le montage HD et l’intégralité des suppléments. Une présentation particulièrement appréciable pour un titre dont le précédent Blu-ray Metropolitan commençait forcément à accuser le poids des années.

Côté image, attention toutefois à ne pas attendre un miracle de définition façon Blade Runner 2049 ou Dune. District 9 a été tourné en numérique, notamment avec des caméras Red One 4K, mais son master intermédiaire avait été finalisé en 2K. Cette nouvelle présentation repose donc sur une mise à l’échelle en 2160p, accompagnée d’un nouvel étalonnage HDR10. Et finalement, ce choix s’avère plutôt pertinent puisque la plus-value de cette édition ne se situe pas uniquement dans une définition plus poussée. Les images gagnent surtout en richesse, en densité et en impact grâce à un étalonnage qui donne davantage de coffre aux couleurs et aux hautes lumières. Le résultat colle d’ailleurs parfaitement à l’esthétique volontairement crasseuse et documentaire du film. Les scènes tournées caméra à l’épaule, les images de surveillance, les reportages télévisés et les plans volontairement bruités ne permettent évidemment pas de bénéficier partout d’une précision chirurgicale. Mais ce n’est pas vraiment le propos. Les environnements urbains, les textures métalliques, les détails du District 9 et surtout les créatures extraterrestres profitent d’une belle densité, tandis que les effets lumineux et les couleurs primaires affichent une intensité nettement supérieure. Les hologrammes, les interfaces numériques et certaines explosions gagnent notamment en éclat, sans que l’étalonnage HDR10 ne transforme pour autant le film en démonstration artificielle. Les contrastes sont plus affirmés, les noirs mieux campés et les sources lumineuses bénéficient d’un supplément de punch bienvenu. On aurait évidemment aimé profiter d’un véritable master intermédiaire 4K, mais compte tenu de la nature du matériau, cette présentation constitue une mise à niveau particulièrement convaincante. Sur le plan sonore, là encore, Metropolitan Film & Video ne fait pas les choses à moitié. La version française comme la version originale bénéficient toutes deux d’un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 particulièrement solide, ample et dynamique, qui restitue avec beaucoup de précision l’impression d’immersion permanente voulue par Neill Blomkamp. Les dialogues restent parfaitement intelligibles, les ambiances urbaines occupent efficacement l’espace et les nombreux effets hors champ participent pleinement à la sensation de réalisme. Les armes extraterrestres, les explosions, les véhicules et les hélicoptères profitent évidemment d’une belle assise dans les graves, tandis que la musique de Clinton Shorter vient compléter un ensemble aussi énergique que précis.

Et puis il y a les suppléments, qui envoient du bois. On commencera évidemment par le commentaire audio de Neill Blomkamp, enregistré avant la sortie du film, et qui s’avère particulièrement agréable à suivre. Le réalisateur se montre détendu, bavard et surtout très généreux lorsqu’il évoque la genèse du projet, sa relation avec Sharlto Copley, le précédent Alive in Joburg et la manière dont celui-ci a évolué pour devenir District 9. Blomkamp revient également sur le réalisme recherché pour les effets visuels, les parallèles avec les problèmes bien réels rencontrés par l’Afrique du Sud au moment du tournage, les métaphores du film, la personnalité de Wikus et son évolution, les lieux de tournage, la hiérarchie sociale des extraterrestres et son influence sur leur apparence, sans oublier les contributions de Peter Jackson, les maquillages, le gore, la mise en scène des scènes d’action et même la conception des armes. Bref, un commentaire audio qui ne donne jamais l’impression de simplement meubler et qui permet de comprendre assez précisément comment le réalisateur a construit son drôle d’OVNI. On retrouvera ensuite un intéressant making of (34 minutes), découpé en trois parties, qui revient sur les origines du film et son lien avec le court Alive in Joburg, tout en s’attardant sur l’évolution de l’histoire, ses thématiques et la conception des extraterrestres. On y découvrira également les coulisses du tournage, avec plusieurs séquences détaillées et de nombreux témoignages de l’équipe et des comédiens, ainsi que la post-production, et le travail effectué sur les effets sonores et la musique.

On aura également droit à plusieurs autres modules sur l’envers du décor : On commencera avec un sujet dédié au Production Design (13 minutes). Décors, accessoires, technologie extraterrestre, biologie des créatures, conception du vaisseau-mère et influences puisées dans la science-fiction des années 1970 et 1980 sont au programme. Le module revient également sur certains éléments particulièrement importants pour le spectaculaire dernier acte. Le module suivant, consacré à la transformation de Wikus (10 minutes), est un petit module aussi ludique qu’instructif qui revient sur les maquillages pratiques utilisés tout au long du film. Le choix du « tout physique » pour une partie essentielle de cette évolution permet de mesurer le travail nécessaire pour rendre crédible cette métamorphose particulièrement peu ragoûtante. Le sujet suivant est dédié à la place de l’improvisation des acteurs (12 minutes), qui a permis d’obtenir des dialogues plus naturels et des réactions moins formatées, parfaitement en phase avec l’esthétique documentaire de la première partie du film. Le procédé contribue largement à cette impression de spontanéité qui donne parfois à District 9 des airs de reportage pris sur le vif. Enfin, on terminera avec un sujet consacré aux effets visuels (10 minutes) revient sur le défi considérable consistant à faire évoluer les extraterrestres numériques au milieu de décors et de personnages bien réels. Le module permet de mesurer le travail accompli sur l’intégration des créatures, leur animation et leurs interactions avec leur environnement, et rappelle à quel point la réussite du film tient justement à cette capacité à faire oublier la prouesse technique derrière une apparente évidence.

Plus surprenant et forcément réjouissant, le module « Comic-Con Extravaganza » (17 minutes) nous transporte au Comic-Con, où Peter Jackson présente le film, Neill Blomkamp et Sharlto Copley avant de se prêter au jeu des interviews et des questions / réponses avec le public. Au-delà de l’ambiance et des réactions suscitées par le film, cette séquence vaut surtout pour les discussions autour de l’avenir du cinéma et de l’évolution des techniques de tournage. Les intervenants y reviennent également sur le processus de fabrication de District 9, son approche documentaire, ses thématiques, son budget et les choix qui ont permis de donner au film une ampleur bien supérieure à ce que ses moyens pouvaient laisser espérer. On terminera enfin avec une sélection de Scènes coupées (23 minutes), qui représentent une quantité assez conséquente de matériel supplémentaire, ainsi qu’avec les traditionnelles bandes-annonces. Une section bonus donc particulièrement copieuse, surtout pour un film dont la fabrication et la conception visuelle méritaient largement qu’on s’y attarde.

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