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Critique Express : Une affaire turque

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Une affaire turque 

France : 2026
Titre original : –
Réalisation : Hüseyin Aydin Gürsoy
Scénario : Ludovic du Clary, Hüseyin Aydin Gürsoy
Interprètes : Lionel Erdogan, Charles Berling, Metehan Aygün, Lubna Azabal
Distribution : Paname Distribution
Durée : 1h33
Genre : Drame, Thriller
Date de sortie : 12 août 2026

3.5/5

Synopsis : Mathieu, avocat brillant et déterminé, s’est éloigné de sa communauté turque pour grimper l’échelle sociale. Il se donne sans compter pour devenir associé d’un influent cabinet d’affaires. Mais l’irruption dans sa vie d’un jeune turc en situation précaire ayant besoin d’aide va le précipiter dans une affaire de corruption mettant en péril tout ce qu’il a bâti.

Alors que le cinéma allemand a déjà à son actif un nombre conséquent de films réalisés par des membres de la communauté turque installés dans ce pays, il n’en est pas de même en France, ce qui renforce l’intérêt qu’on peut porter à Une affaire turque, premier long métrage de Hüseyin Aydin Gürsoy, né en Turquie en 1988 et arrivé en France à l’âge de 3 ans. Une affaire turque présente 2 volets qui, sans être totalement distincts, peuvent être analysés et commentés de façon distincte. Il y a tout d’abord une histoire de corruption dans le cadre du parlement européen, une histoire qui a un goût de déjà vu et qui, en plus, s’avère assez difficile à suivre et à comprendre. Dans cette histoire, est sérieusement impliqué Mathieu Duman, un jeune avocat brillant aux origines turques dont la famille est installée à Villiers-le-Bel et qui est parfaitement intégré dans la société française, trop même aux yeux de certains membres de la communauté turque qui voient en lui un véritable traitre. Il faut dire que Mathieu Duman a fait son maximum pour faciliter cette intégration, allant même jusqu’à changer son prénom, passant de Mustafa à Mathieu. Le deuxième volet du film, de loin le plus intéressant, consiste en une immersion dans la communauté turque dont la famille de Mathieu/Mustafa fait partie. Une communauté qui se sert les coudes au point que Mathieu/Mustafa, malgré sa volonté d’effacer tout ce qu’il y a de turc en lui dans le cadre de son travail et au moment précis où Claude Delval, son boss, lui offre un poste d’associé dans le cabinet d’avocats pour lequel il travaille, se retrouve plus ou moins contraint d’accepter la demande de sa famille consistant à venir en aide à  Abdullah Özkan, un jeune chauffeur de taxi turc qui a fait l’objet d’une agression raciste et qui se retrouve sans emploi.

Un geste qui va entrainer Mathieu/Mustafa dans une histoire de corruption qui va gravement entraver l’ascension sociale qu’il recherche tout en permettant à  Hüseyin Aydin Gürsoy de nous entretenir avec bonheur des choix ou des obligations concernant l’intégration en France des enfants issus de l’immigration, une intégration souvent très difficile du fait du rejet dont ils sont trop fréquemment victimes. Cette recherche d’intégration peut aller d’un total repli dans sa communauté d’origine au désir de s’en extraire complètement en passant par un entre-deux consistant à rechercher l’intégration tout en restant fidèle à certaines pratiques liées à ses origines, qu’elles soient d’ordre culinaires, religieuses, musicales ou, tout simplement, d’entraide. Dans le temps, les aveyronnais « montant » à Paris ou les bretons arrivant à la Gare Montparnasse ont bien connu ce genre de dilemme ! Pour incarner Mathieu/Mustafa, le réalisateur a choisi le comédien Lionel Erdogan dont le patronyme ne laisse guère de doute quant à son origine familiale, ce qui ajoute une couche de vérité supplémentaire à son film. A ses côtés, Charles Berling interprète le rôle de Claude Delval et Lubna Azabal, toujours aussi impériale quelle que soit l’importance du personnage qu’elle incarne, celui d’une avocate plutôt retorse,  aux origines maghrébines, qui va remplacer Mathieu/Mustafa lorsque Abdullah va vouloir changer d’avocat. Dans ce film où la musique d’Emrah Kaptan trouve sa juste place, toujours utile, jamais nuisible, toujours agréable à l’écoute, celles et ceux qui ont vu Le comte de Monte Cristo pourront reconnaître la voix de la chanteuse franco-turque Gül Hacer Toruk qu’on entendait à deux reprises interpréter de façon magnifique « Le chant d’Haydée » dans ce film et qu’on retrouve ici chantant à l’occasion d’une fête de fiançailles.

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