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Test Blu-ray : House II – La Deuxième histoire

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House II – La Deuxième histoire

États-Unis : 1987
Titre original : House 2 – The Second Story
Réalisation : Ethan Wiley
Scénario : Ethan Wiley
Acteurs : Arye Gross, Jonathan Stark, Royal Dano
Éditeur : ESC Films
Durée : 1h28
Genre : Horreur, Comédie
Date de sortie cinéma : 18 novembre 1987
Date de sortie DVD/BR : 8 juillet 2026

Le nouveau propriétaire d’une sinistre maison découvre qu’elle est occupée par des cadavres ranimés et des démons à la recherche d’un crâne aztèque doté de pouvoirs magiques…

Le film

[4/5]

Certains films changent de cap avec la discrétion d’un chat traversant un salon. House II : La Deuxième Histoire, lui, déboule en défonçant la porte d’entrée avec un ancêtre ressuscité sous le bras et un bébé ptérodactyle dans la poche. Exit les blessures psychologiques et les ombres tourmentées qui donnaient au premier House son étonnante profondeur mélancolique : Ethan Wiley préfère cette fois emprunter un sentier beaucoup plus lumineux, où l’horreur cède volontiers sa place au merveilleux, à l’aventure et à une fantaisie totalement décomplexée. Le changement pourra désarçonner ceux qui espéraient retrouver le même équilibre entre frissons et humour noir, mais House II : La Deuxième Histoire possède suffisamment de personnalité pour ne jamais donner l’impression de vivre dans l’ombre de son aîné. Il regarde dans une autre direction, avec le sourire goguenard d’un garnement persuadé que les cartes au trésor sont plus amusantes que les séances chez le psy.

House II : La Deuxième Histoire appartient finalement à cette courte période bénie de la fin des années 80 où Hollywood semblait considérer qu’un film fantastique pouvait absolument tout se permettre. Une maison hantée, un crâne de cristal aux pouvoirs mystérieux, un cow-boy venu d’une autre époque, des temples oubliés, des dinosaures miniatures, des dimensions parallèles… Pourquoi choisir lorsqu’il est possible de tout empiler dans la même cabane ? Le plus étonnant est que cette accumulation ne ressemble jamais à un capharnaüm indigeste. Ethan Wiley construit son récit comme une promenade dans une fête foraine dont chaque porte ouvrirait sur un nouveau délire visuel. Un parfum des Goonies flotte parfois dans les couloirs de House II, tandis que certaines fulgurances évoquent déjà la folie cartoonesque des Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin ou les excentricités de Beetlejuice, avec cette conviction réjouissante que le fantastique n’a jamais été aussi séduisant que lorsqu’il ose redevenir un immense terrain de jeux.

Ce qui continue pourtant d’émerveiller aujourd’hui, c’est la manière dont House II : La Deuxième Histoire transforme ses effets spéciaux en véritables acteurs secondaires. Les créatures imaginées par Chris Walas et son équipe ne cherchent jamais à singer le réel : elles revendiquent fièrement leur matière, leur latex, leurs mécanismes et leurs imperfections. Animatroniques, maquillages, stop-motion, matte paintings et effets optiques composent une partition artisanale où chaque plan respire le plaisir de fabriquer de l’impossible avec des mains couvertes de colle et d’imagination. À l’heure où tant de productions contemporaines engloutissent des fortunes dans des images numériques aussitôt oubliées, House II rappelle qu’un chien-limace tout mignon possède parfois davantage d’âme qu’une armée entière de pixels parfaitement alignés. Il y a là une poésie de l’artifice qui refuse obstinément de prendre une ride, comme si les trucages eux-mêmes avaient découvert le secret de la jeunesse éternelle.

L’atout maître de House II : La Deuxième Histoire reste toutefois son humour, omniprésent sans jamais tourner à la grimace forcée. Là où tant de productions fantastiques contemporaines soulignent chaque plaisanterie au marqueur fluorescent, Ethan Wiley préfère laisser naître le rire de l’absurdité des situations et du sérieux imperturbable avec lequel les personnages accueillent l’inconcevable. Voir un aventurier du Far West partager l’écran avec un bébé ptérodactyle, un électricien / aventurier ou un arrière-grand-père ressuscité relève d’un joyeux délire dont le film assume chaque détour avec une désarmante sincérité. Cette légèreté permanente pourrait sembler anodine, mais elle raconte finalement quelque chose d’assez touchant : l’imaginaire n’a pas toujours besoin de convoquer les traumatismes pour exister. Il peut aussi devenir un refuge, une cabane construite avec trois planches, une lampe torche et une imagination incapable de rester assise plus de trente secondes.

Cette philosophie irrigue également la mise en scène de House II : La Deuxième Histoire. Les mouvements de caméra demeurent simples, lisibles, presque modestes, comme si Ethan Wiley savait que les véritables vedettes étaient les décors, les créatures et les trouvailles visuelles disséminées dans chaque recoin de la maison. Le film ne cherche jamais à impressionner par des effets de manche ; il préfère cultiver une forme de merveilleux artisanal où chaque nouveau décor ressemble à un livre pop-up qui s’ouvrirait avec un sourire. Cette approche confère au long-métrage une étonnante intemporalité. Les technologies évoluent, les modes passent, mais il demeure toujours quelque chose d’irrésistiblement vivant dans un décor construit en dur, un maquillage en latex ou une marionnette animée image par image. House II ressemble finalement à une vieille malle retrouvée dans un grenier : elle grince un peu, sent la poussière des souvenirs, mais chaque objet qu’elle renferme possède une histoire que les productions calibrées d’aujourd’hui peinent parfois à raconter.

Impossible enfin de refermer la porte de House II : La Deuxième Histoire sans saluer sa distribution, qui comprend parfaitement le ton si particulier de l’entreprise. Arye Gross campe un héros sympathique dont la bonhomie fait merveille, tandis que Jonathan Stark lui offre une réplique délicieusement opportuniste, composant un tandem aussi improbable qu’attachant. Face à eux, Royal Dano vole régulièrement la vedette avec son grand-père revenu d’entre les morts, mélange irrésistible d’attitude cow-boy et d’humour pince-sans-rire. Le reste du casting, de Lar Park Lincoln à Bill Maher dans un rôle de méchant délicieusement cabotin, participe avec un plaisir communicatif à cette grande récréation fantastique. Sans atteindre la singularité du premier film de Steve Miner, House II : La Deuxième Histoire réussit pourtant un pari que bien des suites ratent avec fracas : ne jamais chercher à refaire le même numéro. À la place, il ouvre une autre porte de la maison, derrière laquelle attend un univers plus drôle, plus familial, plus fantasque aussi… et franchement, il aurait été dommage de ne pas aller y jeter un œil.

Le Blu-ray

[4/5]

Chez ESC Films, certaines sorties donnent immédiatement l’impression que l’éditeur connaît parfaitement son public. C’est exactement le cas de ce superbe coffret collector réunissant House et House II : La deuxième histoire, deux films qui, pour le moment, ne sont disponibles en Blu-ray en France qu’au sein de cette édition. Difficile de ne pas se laisser séduire par la présentation : un solide étui rigide et numéroté renfermant les deux Blu-ray, un livret exclusif de 52 pages ainsi que deux affiches collector. Voilà le genre d’objet que les amateurs de cinéma fantastique des années 80 prennent autant de plaisir à feuilleter qu’à exposer dans leur vidéothèque. Le soin apporté au packaging accompagne heureusement une prestation technique tout aussi convaincante. Car une fois lancé le Blu-ray de House II : La deuxième histoire, le plaisir se confirme rapidement. L’image affiche un niveau de définition très convaincant, respectueux de la photographie d’origine sans chercher à lisser artificiellement le grain argentique. Les couleurs retrouvent une belle vitalité, particulièrement dans les nombreuses séquences fantastiques où les maquillages de Chris Walas, les créatures animatroniques et les effets optiques profitent pleinement de cette restauration. Quelques plans conservent de légères limites inhérentes aux effets spéciaux optiques de l’époque, mais celles-ci appartiennent davantage au matériel d’origine qu’au transfert lui-même. Elles participent même au charme profondément artisanal de House II : La Deuxième Histoire, dont chaque incrustation et chaque matte painting rappellent le savoir-faire d’une génération d’artisans des effets spéciaux. Côté son, comme pour le premier opus, ESC Films nous propose une VF en DTS-HD Master Audio 2.0 ainsi qu’une VO, celle-ci proposée en DTS-HD Master Audio 5.1 et DTS-HD Master Audio 2.0. La version française se montre particulièrement agréable, surtout si vous avez découvert le film enfant, avec des dialogues parfaitement intelligibles, une belle dynamique et une restitution chaleureuse de la musique d’Harry Manfredini, qui accompagne avec malice les nombreux changements de ton du récit. La VO mixée en DTS-HD Master Audio 5.1 ouvre naturellement davantage l’espace sonore, en offrant une scène plus ample et quelques effets d’ambiance supplémentaires lors des nombreuses incursions fantastiques. Pour autant, l’écart reste mesuré et la VO en DTS-HD Master Audio 2.0, plus proche du mixage d’origine, conserve tout son intérêt. Dans les trois cas, les effets sonores, les rugissements des créatures et les compositions musicales bénéficient d’une reproduction propre et équilibrée, sans agressivité inutile. L’ensemble compose une prestation technique solide, parfaitement adaptée à l’esprit du film, qui permet surtout de redécouvrir toute la richesse sonore d’une œuvre où l’humour et le merveilleux passent aussi par un travail particulièrement inventif sur les bruitages et l’accompagnement musical.

Les suppléments constituent sans doute l’un des principaux arguments de cette belle édition ESC Films de House et House II : La deuxième histoire. La pièce maîtresse de ce deuxième disque est sans conteste le making of rétrospectif (58 minutes), documentaire particulièrement riche qui réunit Ethan Wiley, Sean S. Cunningham, Arye Gross, Jonathan Stark, Lar Park Lincoln, Devin DeVasquez, le compositeur Harry Manfredini, les responsables des maquillages et créatures Chris Walas et Mike Smithson, le superviseur des effets visuels Hoyt Yeatman, sans oublier le coordinateur des cascades Kane Hodder (qui fait d’ailleurs également une petite apparition dans le film). L’intérêt de cette rétrospective tient autant à sa durée qu’à son équilibre : chacun intervient avec suffisamment de recul pour raconter les coulisses du tournage, tout en revenant sur la liberté créative qui entourait encore ce type de production à la fin des années 80. Les anecdotes s’enchaînent naturellement, qu’il s’agisse de la conception des créatures, des contraintes budgétaires, des effets spéciaux mécaniques ou de la volonté assumée de prendre une direction radicalement différente de celle du premier film. Le documentaire souligne également combien House II : La Deuxième Histoire s’est construit presque comme un film autonome, davantage inspiré par le cinéma d’aventure fantastique que par les codes traditionnels du cinéma d’horreur. Ce regard rétrospectif, jamais complaisant mais constamment enthousiaste, permet surtout de mesurer le travail collectif accompli par une équipe d’artisans dont l’inventivité compensait largement les limites financières.

On continuera ensuite avec un making of d’époque (15 minutes). Véritable capsule temporelle, il retrouve le ton promotionnel propre aux featurettes de la fin des années 80, alternant images de tournage, extraits du film et interventions des principaux artisans. Son intérêt dépasse largement le simple aspect nostalgique : il permet de découvrir les effets spéciaux en cours de fabrication, d’observer les animatroniques avant leur intégration définitive à l’image et d’apercevoir les maquillages de Chris Walas sous un angle beaucoup plus concret. L’ensemble dialogue finalement très bien avec le documentaire moderne, chacun venant compléter l’autre sans redondance excessive. Les plus curieux prendront également beaucoup de plaisir à écouter le commentaire audio réunissant Ethan Wiley et Sean S. Cunningham (VOST). Le réalisateur, particulièrement prolixe, revient en détail sur l’écriture du scénario, les nombreuses idées abandonnées, les choix de mise en scène ou les difficultés rencontrées durant la production, tandis que le producteur apporte régulièrement un éclairage bienvenu sur les réalités économiques du projet. Le résultat s’avère souvent plus dense qu’on pourrait l’imaginer et accompagne idéalement une nouvelle vision du film. Les traditionnelles bandes-annonces complètent enfin cette édition qui, sans multiplier artificiellement les suppléments, privilégie la qualité à la quantité. Une philosophie finalement assez proche de House II : La Deuxième Histoire lui-même : généreuse, sincère et animée par une passion communicative pour ce cinéma fantastique artisanal dont chaque monstre, chaque décor et chaque trucage semblent encore aujourd’hui fabriqués avec des mains, des idées… et une bonne dose de magie.

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