Accueil Nécrologie Décès de l’actrice Nathalie Baye

Décès de l’actrice Nathalie Baye

0
242

La Nuit américaine © 1973 Les Films du Carrosse / Productions et Éditions Cinématographiques Françaises / Warner Bros. Discovery France
Tous droits réservés

L’actrice française Nathalie Baye est décédée le 17 avril à Paris des suites de la maladie à corps de Lewy. Elle était âgée de 77 ans. En cinquante ans d’une carrière cinématographique remarquable, entre son premier film en 1973 La Nuit américaine de François Truffaut et son dernier en 2023 La Nuit du verre d’eau de Carlos Chahine, Baye avait été l’une des vedettes majeures du cinéma français. À l’aise dans une multitude de rôles et d’emplois, elle avait su alterner avec une désinvolture exceptionnelle entre des films populaires et des productions aux ambitions artistiques plus marquées.

Un parcours hors pair qui l’avait vue collaborer avec de nombreux cinéastes de renom, dont François Truffaut, Maurice Pialat, Alain Cavalier, Marco Ferreri, Claude Sautet, Bertrand Tavernier, Jean-Luc Godard, Bertrand Blier, Nicole Garcia, Xavier Beauvois, Steven Spielberg, Claude Chabrol, Tsai-Ming Liang, Pierre Salvadori et Xavier Dolan.

Ses obsèques se tiendront le vendredi 24 avril à l’église Saint-Sulpice à Paris, avant son inhumation dans la stricte intimité.

La Chambre verte © 1978 Dominique Le Rigoleur / Les Films du Carrosse / Les Productions Artistes Associés / MK2 Films Tous droits réservés

Au début de sa carrière, Nathalie Baye avait voulu devenir danseuse, avant de se reconvertir au métier de comédienne par voie du théâtre. Diplômée du Conservatoire national d’art dramatique de Paris, elle avait fait ses premiers pas devant la caméra dans un film devenu rapidement légendaire. Ce fut La Nuit américaine de François Truffaut, Oscar du Meilleur Film étranger en 1974, dans lequel elle campait la scripte Joëlle. Avant de retrouver le réalisateur vers la fin de la décennie, elle avait perfectionné son jeu dans des rôles plus ou moins importants chez Maurice Pialat (La Gueule ouverte), Claude Pinoteau (La Gifle), Alain Cavalier (Le Plein de super), Nadine Trintignant (Le Voyage de noces), Marco Ferreri (La Dernière femme) et Claude Sautet (Mado).

En 1977, ce furent donc les doubles retrouvailles entre Baye et Truffaut. D’abord dans L’Homme qui aimait les femmes, puis dans le plus intimiste La Chambre verte dans lequel elle interprétait son premier rôle majeur. Jusqu’à la fin de la décennie, on a également pu la voir chez Élie Chouraqui (Mon premier amour) et Eduardo De Gregorio (La Mémoire courte).

Sauve qui peut [la vie] © 1980 Anne-Marie Miéville / Sara Films / Sonimage / Saga Productions / MK2 Films / Gaumont Tous droits réservés

Les années ‘80 représentaient la période de la consécration pour la jeune actrice. En témoignent ses rôles de plus en plus marquants dans Je vais craquer !!! de François Leterrier, Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier, Sauve qui peut [la vie] et Détective de Jean-Luc Godard, La Provinciale de Claude Goretta, Beau-père et Notre histoire de Bertrand Blier, Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre, Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne, La Balance de Bob Swaim – César du Meilleur Film en 1983 –, J’ai épousé une ombre de Robin Davis et Rive droite rive gauche de Philippe Labro.

A partir de la deuxième moitié des années ‘80 et jusqu’à la fin des années ‘90, Nathalie Baye avait sensiblement ralenti le rythme des tournages, sans doute aussi pour élever la fille qu’elle avait eue avec le chanteur Johnny Hallyday. Néanmoins, pendant ces dix, quinze années plus calmes, on a encore pu la voir dans De guerre lasse de Robert Enrico, En toute innocence de Alain Jessua, Le Roi blessé de Damiano Damiani, La Baule-les-Pins de Diane Kurys, Un week-end sur deux de Nicole Garcia, La Voix de Pierre Granier-Deferre, le téléfilm « Les Soldats de l’espérance » de Roger Spottiswoode – Emmy du Meilleur téléfilm en 1994 –, La Machine de François Dupeyron, Enfants de salaud de Tonie Marshall, Paparazzi de Alain Berberian et Si je t’aime prends garde à toi de Jeanne Labrune.

Vénus beauté [institut] © 1999 Agat Films / Tabo Tabo Films / arte France Cinéma / Pyramide Distribution Tous droits réservés

La deuxième période faste de la carrière de Nathalie Baye avait débuté avec Vénus beauté [institut] de Tonie Marshall – César du Meilleur Film en l’an 2000 –, pour ne plus jamais réellement s’arrêter.

Ainsi, elle était souvent au centre de productions prestigieuses, comme Une liaison pornographique de Frédéric Fonteyne, Selon Matthieu et Le Petit lieutenant de Xavier Beauvois, Ça ira mieux demain de Jeanne Labrune, Barnie et ses petites contrariétés de Bruno Chiche, Absolument fabuleux de Gabriel Aghion, Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg, La Fleur du mal de Claude Chabrol, Les Sentiments de Noémie Lvovsky, France Boutique et Passe-passe de Tonie Marshall, Une vie à t’attendre de Thierry Klifa, L’un reste l’autre part de Claude Berri, La Californie de Jacques Fieschi, Ne le dis à personne de Guillaume Canet, Michou d’Auber de Thomas Gilou, Les Bureaux de dieu de Claire Simon, Cliente de Josiane Balasko et Visage de Tsai-Ming Liang.

De même pour les années 2010 avec, entre autres, Ensemble c’est trop de Léa Fazer, De vrais mensonges de Pierre Salvadori, Je n’ai rien oublié de Bruno Chiche, Laurence Anyways et Juste la fin du monde – Grand Prix au Festival de Cannes en 2016 – de Xavier Dolan, L’Affaire SK1 de Frédéric Tellier, Moka de Frédéric Mermoud, Alibi.com et sa suite de Philippe Lacheau, Les Gardiennes de Xavier Beauvois, Garçon chiffon de Nicolas Maury, Haute couture de Sylvie Ohayon, Lui de Guillaume Canet, Downton Abbey 2 Une nouvelle ère de Simon Curtis et La Nuit du verre d’eau de Carlos Chahine.

Le Petit lieutenant © 2005 Thierry Valletoux / Why Not Productions / France 2 Cinéma / Studiocanal Tous droits réservés

Entre 1981 et 2017, Nathalie Baye a été nommée à dix reprises aux César. Sept fois comme Meilleure actrice pour Une semaine de vacances, La Balance, J’ai épousé une ombre, Un week-end sur deux, Vénus beauté [institut], Les Sentiments et Le Petit lieutenant, ainsi que trois fois comme Meilleure actrice dans un second rôle pour Sauve qui peut [la vie], Une étrange affaire et Juste la fin du monde. Elle l’avait gagné quatre fois, dont trois consécutives entre 1981 et ‘83, pour Sauve qui peut [la vie], Une étrange affaire, La Balance et Le Petit lieutenant.

Aux European Film Awards, elle a été nommée comme Meilleure actrice européenne pour Une liaison pornographique en 1999 et Le Petit lieutenant en 2006. Également en 1999, elle avait remporté la Coupe Volpi de la Meilleure actrice au Festival de Venise pour le film de Frédéric Fonteyne.

Nathalie Baye est la mère de l’actrice Laura Smet (La Sainte famille).

Juste la fin du monde © 2016 Shayne Laverdiare / Sons of Manual / MK2 Films / Diaphana Distribution Tous droits réservés

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici