Une jeunesse indienne – Homebound
Inde : 2025
Titre original : Homebound
Réalisation : Neeraj Ghaywan
Scénario : Neeraj Ghaywan
Interprètes : Ishaan Khatter, Vishal Jethwa, Janhvi Kapoor
Distribution : Ad Vitam
Durée : 1h59
Genre : Drame
Date de sortie : 25 mars 2026
3.5/5
Synopsis : Dans un village du nord de l’Inde, deux amis d’enfance tentent de passer le concours de police d’État, un métier qui pourrait leur offrir la dignité qu’ils n’osent espérer. Alors qu’ils touchent du doigt leur rêve, le lien précieux qui les unit est menacé par leurs désillusions…

En 2015, Masaan, premier long métrage du réalisateur indien Neeraj Ghaywan, avait été retenu dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes où il avait obtenu le prix FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique) et le prix de l’avenir de cette section. 10 ans Plus tard, avec, entre temps la réalisation de deux courts métrages et d’une dizaine d’épisodes de séries télévisées, Neeraj Ghaywan a retrouvé la section Un Certain Regard avec Une jeunesse indienne – Homebound, son deuxième long métrage, un film où l’on retrouve Martin Scorsese parmi les producteurs. Venant lui-même d’une communauté marginalisée, celle des Dalits, les hors-castes, ceux qu’on appelle les intouchables, Neeraj Ghaywan connait de façon intime la marginalisation, l’exclusion, les discriminations qui sont le lot d’une partie importante de la population indienne, ce malgré l’article 15 de la Constitution de l’Inde qui interdit les discriminations fondées sur les castes ou les religions. Dans Une jeunesse indienne – Homebound, il met en scène deux amis d’enfance, deux jeunes hommes, Shoaib Ali et Chandan Kumar, tous les deux discriminés, l’un du fait de sa religion musulmane, et qui, bien qu’il soit un excellent vendeur, le voit subir d’innombrables moqueries de la part de ses collègues de travail; l’autre du fait de son appartenance à une caste inférieure. Tous les deux ont des besoins d’argent importants, Shoaib Ali pour pouvoir payer la prothèse de genou dont son père a besoin, Chandan Kumar pour procéder à des réparations de la maison familiale.
Face à une société dans laquelle l’égalité des chances ne figure pas en bonne place au catalogue, Shoaib Ali et Chandan Kumar espèrent pouvoir profiter d’un concours qui leur permettrait d’accéder à un poste qui changerait tout pour eux, celui de policier : quand vous portez l’uniforme, on ne vous demande pas quelle est votre religion ou quelle est votre caste ! Un problème de taille, toutefois : cette opportunité s’apparente à un trou de souris : il n’y a que 3500 postes à pourvoir et 2,5 millions de candidats. L’action du film se déroule en pleine période Covid, ce qui explique le titre original du film, Homebound, un mot qui a une double signification : l’obligation de rester à la maison et le retour chez soi, la pandémie ayant entrainé lé fermeture de l’usine située loin de leur village dans laquelle Shoaib Ali et Chandan Kumar étaient allés travailler en attendant les résultats du concours. Dès lors, dans une deuxième partie du film qui a un peu trop tendance à flirter avec le mélodrame, le spectateur est amené à se demander si ces circonstances difficiles sont susceptibles de fragiliser l’amitié entre Shoaib Ali et Chandan Kumar, ou, au contraire, de la renforcer. Tiré d’une histoire véridique, Une jeunesse indienne – Homebound porte un regard intéressant sur la société indienne contemporaine mais en manquant souvent de distance dans ses positions. A côté de la peinture de l’amitié entre Shoaib Ali et Chandan Kumar et celle de leurs difficiles conditions de vie, le film ne manque pas d’épingler la mauvaise gestion de la crise de la pandémie de Covid-19 par les autorités indiennes.
















