La gifle
Allemagne : 2025
Titre original : Was Marielle weiß
Réalisation : Frédéric Hambalek
Scénario : Frédéric Hambalek
Interprètes : Laeni Geiseler, Julia Jentsch, Felix Kramer
Distribution : Paname Distribution
Durée : 1h26
Genre : Comédie, Drame
Date de sortie : 18 mars 2026
3/5
Synopsis : Julia et Tobias semblent être le couple parfait. Mais derrière les apparences, un trouble gronde. L’équilibre fragile entre les deux est brisé lorsque leur fille Marielle développe soudainement des capacités télépathiques, lui accordant le pouvoir de voir et d’entendre tout ce que ses parents font, jour et nuit.

Si vous êtes une mère ou un père, quelle serait votre réaction si votre fille ou votre fils vous disait, pire, vous apportait la preuve, que, à des kilomètres de distance, elle ou il voit et entend tout ce que vous faites dans la journée. Vous n’avez rien à cacher ? Super ! Mais admettez quand même que la situation est quand même assez flippante. Il ne manquerait plus que votre rejeton soit capable d’avoir accès à vos pensées les plus intimes ! Le film ne va pas tout à fait jusque là !! Il se contente (si l’on peut dire !) de nous entrainer dans une famille allemande au sein de laquelle Marielle, une adolescente d’une douzaine d’années, acquiert, à la suite d’une gifle que lui a donnée une camarade de classe, cette faculté de voir tout ce que ses parents font durant leurs journées et d’entendre tout ce qu’ils disent. Et figurez vous que Tobias et Julia, ces parents, ont des choses à cacher. Des choses qui se passent sur leur lieu de travail. Tobias, le père, occupe un poste de décision dans une maison d’édition mais, manquant de confiance en lui et sans arrêt contré par un collègue, il n’arrive pas à imposer son choix concernant la 4ème de couverture d’un livre face à ses collaborateurs. Une situation qui lui semble peu glorieuse et dont il aimerait bien qu’elle reste ignorée de sa famille. Quant à Julia, la mère, elle entretient un flirt poussé avec Max, un collègue de travail, et on sent que passer à une étape plus avancée dans leur relation ne serait pas pour lui déplaire. Lorsque Julia et Tobias sont enfin convaincus de l’existence de ce don chez leur fille, on pense qu’elle et lui vont adapter leur comportement à cette nouvelle situation, ce qui, bien sûr, peut être fait de différentes façons. C’est bien ce qui se passe, sauf que le choix fait par l’une comme par l’autre n’est pas loin d’être le pire qui puisse être fait. Ces parents vont jusqu’à se persuader que, s’il a suffi d’une gifle pour que Marielle acquiert son don, il suffit peut-être d’une autre gifle pour qu’il lui soit retiré. Pas sûr que ce processus empirique donne le résultat attendu !
C’est parait-il lorsqu’on lui a montré un babyphone équipé d’une caméra que le réalisateur allemand Frédéric Hambalek a commencé à se sentir troublé par la recherche d’un contrôle permanent de certains parents sur leurs enfants et qu’a germé en lui l’idée d’un film inversant le processus avec un enfant qui serait en état de surveiller H24 les faits et gestes de ses parents. C’est en cherchant avant tout à tirer parti du potentiel comique de la situation que Frédéric Hambalek a choisi de traiter ce contexte à la fois comique et dramatique. Certes, on ne passe pas son temps à éclater de rire à la vision de La gifle mais le film arrive à prodiguer aux spectateurs un certain nombre de moments savoureux. Et puis, surtout, ce film sur le mensonge en général et sur ceux au sein d’un couple en particulier ne peut que nous amener à réfléchir sur nos propres mensonges, qu’ils soient par omission ou par travestissement délibéré d’une vérité que l’on connait.
















