Les Schtroumpfs – Le Film
États-Unis, Belgique, Italie, Australie, Royaume-Uni : 2025
Titre original : Smurfs
Réalisation : Chris Miller
Scénario : Pam Brady
Acteurs (VO) : Rihanna, James Corden, Nick Offerman
Éditeur : Paramount Pictures
Durée : 1h32
Genre : Animation, Aventures
Date de sortie cinéma : 16 juillet 2025
Date de sortie DVD/BR : 13 novembre 2025
Lorsque le Grand Schtroumpf est mystérieusement kidnappé par les vilains sorciers : Razamel et Gargamel, la Schtroumpfette et son meilleur ami Le Schtroumpf Sans-Nom partent en mission pour le retrouver ! Commence alors une aventure délirante où nos héros bleus vont croiser la route de nouveaux amis hauts en couleur comme Mama Poot et ses petits. Les Schtroumpfs doivent prendre en main leur destin pour sauver celui du monde entier…
Le film
[3,5/5]
Créés par Peyo à la fin des années 50, les Schtroumpfs ont connu une explosion de popularité au début des années 80, avec notamment la diffusion dans le monde entier des dessins animés produits par Hanna-Barbera ou la création des bonbons Schtroumpfs de chez Haribo, qui mèneraient à en 1989 à l’ouverture en Lorraine du parc à thème Big Bang Schtroumpf (renommé Walibi Schtroumpf à partir de 1991). La décennie 80 vit aussi la naissance de plusieurs nouveaux albums signés Peyo, avec une telle popularité que le dessinateur / scénariste créera sa propre maison d’édition en 1990.
Après cette décennie faste, les petites créatures bleues connurent une petite traversée du désert, jusqu’à revenir sur le devant de la scène sous l’impulsion de Sony en 2011 et 2013 avec deux films qui firent office de véritable jackpot pour la firme américaine, puisque les recettes cumulées par Les Schtroumpfs et Les Schtroumpfs 2 ont peu de choses près atteint la somme d’un milliard de dollars. Et de nos jours, on lit tellement de chiffres par ci et par là qu’on ne se rend plus compte de la valeur d’un milliard. Pour preuve, on vous invite à compter les secondes jusqu’à atteindre un milliard : cela vous prendra rien de moins que 31 ans, 8 mois et quelques jours.
Le petit village bleu imaginé par Peyo n’a donc jamais réellement cessé de hanter l’imaginaire collectif, et quelques années après leurs dernières aventures sur grand écran (Les Schtroumpfs et le village perdu en 2017), Les Schtroumpfs – Le film vient à nouveau nous rappeler que ces petites créatures ne sont pas seulement des icônes pour enfants mais aussi des symboles d’une utopie communautaire. Le long-métrage, cette fois produit et distribué par Paramount, s’inscrit dans une tradition de cinéma hybride mêlant animation et prises de vues réelles, à la manière de Paddington ou de la franchise Sonic. Mais plutôt que de miser sur le choc entre le monde humain et l’univers fantastique, Les Schtroumpfs – Le film choisit de plonger directement dans la forêt enchantée, en assumant une esthétique saturée de couleurs et une narration qui joue sur la simplicité apparente pour mieux interroger des thèmes universels : la solidarité, la différence et la quête d’identité.
Dans Les Schtroumpfs – Le film, les petits bonshommes bleus sont à nouveau menacés par leur éternel ennemi Gargamel, cette fois-ci secondé par son frère Razamel, également sorcier. Bien entendu, le film met en avant la diversité des personnalités schtroumpfiennes : chaque personnage, du Schtroumpf grognon au Schtroumpf maladroit, incarne une facette de l’humanité, ce qui permettra au récit de devenir une parabole sur l’acceptation de soi et des autres, tout en interrogeant la notion de communauté. A l’heure où l’individualisme domine le monde occidental, les Schtroumpfs ne parviennent quant à eux à survivre que parce qu’ils coopèrent, et où chacun trouve sa place dans un système global. Chacun d’entre apporte sa pierre à l’édifice, mais c’est l’ensemble qui fait sens et permet d’avancer – une belle illustration du proverbe selon lequel « Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ».
Derrière l’humour, les couleurs et les personnages enfantins, l’œuvre de Peyo a toujours souligné le fait que l’harmonie collective est une construction fragile, menacée par les forces de division, et Les Schtroumpfs – Le film traduit à nouveau cela à l’écran. Visuellement, le film de Chris Miller est par ailleurs très impressionnant. Les textures des personnages, la fluidité des mouvements et l’intégration dans des décors réels témoignent d’un savoir-faire technique qui rivalise avec les productions Disney. Les séquences de poursuite, notamment celle où les Schtroumpfs traversent un champ de fleurs géantes, exploitent la profondeur de champ et la lumière naturelle pour créer une immersion totale. Le film joue aussi sur les contrastes : la noirceur de l’univers de Gargamel s’oppose à la luminosité du village, et cette opposition visuelle traduit la lutte entre destruction et harmonie.
Le Blu-ray
[4/5]
Le Blu-ray de Les Schtroumpfs – Le film, édité par Paramount Pictures, se présente dans un boîtier avec fourreau, sobre mais élégant. L’image en Haute-Définition restitue parfaitement les couleurs éclatantes du village et les contrastes sombres du labo de Gargamel. Les séquences en extérieur bénéficient d’une luminosité remarquable, et les textures des personnages sont d’une précision impressionnante. Le son, en Dolby Digital 5.1 pour la VF, assure une spatialisation dynamique qui fera assurément plaisir aux petits ainsi qu’aux plus grands, mais c’est la VO en Dolby Atmos (avec un « core » Dolby TrueHD 7.1) qui tire tout particulièrement son épingle du jeu : dynamique ample, effets immersifs, dialogues clairs. Les chansons et la musique de Henry Jackman gagnent à être savourées en version originale, où la richesse des orchestrations est pleinement restituée.
Côté suppléments, le Blu-ray de Les Schtroumpfs – Le film propose une série de modules promo assez informatifs et relativement variés. On commencera avec une featurette consacrée au doublage du film (5 minutes), notamment assuré par Rihanna et John Goodman, on enchaînera avec un sujet consacré aux personnages (4 minutes), et on s’intéressera ensuite plus spécifiquement à l’animation et au style visuel du film (5 minutes). On poursuivra ensuite avec un module dédié à la bande originale (4 minutes), par le biais d’un entretien avec Henry Jackman, qui sera suivi par un sujet centré sur la scène de boîte de nuit avec DJ Snake (3 minutes). Enfin, deux clips musicaux complètent l’ensemble : « Higher Love » de Desi Trill avec DJ Khaled, Cardi B, Natania et Subhi (3 minutes), et « Friend of Mine » de Rihanna (3 minutes). Ces ajouts, légers mais agréables, permettent de prolonger l’expérience du film.





















