Test DVD : Zombeavers

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États-Unis : 2014
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : Al Kaplan, Jordan Rubin
Acteurs : , ,
Éditeur : Zylo
Durée : 1h25
Genre : Comédie, Horreur
Date de sortie DVD/BR : 17 février 2015

 

 

Alors que Zoé, Mary et Jenn rêvent d’un week-end paisible entre filles dans un chalet isolé, sans garçons à l’horizon, quelques amis arrivent par surprise. Ce qu’ils ignorent tous, c’est que des déchets toxiques ont été déversés dans le lac voisin, entraînant une mutation des habitants des lieux. Le week-end au calme devenu week-end de débauche vire au cauchemar : des castors OGM aux dents ultra acérées, prêts à tout dévorer sur leur passage débarquent ! Une horde de castors zombies (des Zombeavers) qui n’ont qu’une envie : se délecter de sang et de délicieuse chair humaine, transformant au passage leurs victimes en des créatures humanozombiescastors complètement enragées…

 

 

Le film

[3,5/5]

Avant d’attaquer la critique de Zombeavers, que vous soupçonnez déjà d’une richesse et d’une puissance analytique très proche des travaux de Gilles Deleuze, arrêtons-nous une seconde pour un peu d’étymologie. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, le terme « Zombeaver » est l’habile contraction des mots « zombie » et « beaver ». « Beaver » signifie « castor », c’est sa traduction littérale, mais c’est également un terme fréquemment utilisé aux États-Unis pour désigner une « foufoune ». Souvenez-vous, par exemple, en creusant dans votre mémoire de cinéphile, des films Y’a-t-il un flic pour sauver la reine ? et Alarme fatale. Tous deux comportaient des gags difficilement traduisibles utilisant le terme « beaver » pour faire rire le public. Dans Y’a-t-il un flic…, alors que Priscilla Presley monte sur un escabeau, l’agent Frank Drebin (impayable Leslie Nielsen) lui fait remarquer « nice beaver ! » (traduit en français par « belle fourrure »), ce à quoi elle répond « merci » en descendant un castor empaillé. Dans Alarme fatale, le terme « beaver » apparaissait lors d’une parodie de la scène de l’interrogatoire de Basic instinct : alors que la suspecte s’apprêtait à écarter les jambes, un castor apparaissait dans le fauteuil, avec la mention « gratuitous beaver shot » (soit plan de foufoune gratuit). Les exemples sont sans doute nombreux, mais je n’ai pensé qu’à ces deux-là.

Vous comprendrez bien qu’avec un titre pareil, Zombeavers n’allait pas faire dans la dentelle. C’est d’ailleurs une de ces caractéristiques les plus marquées : le film de Jordan Rubin affiche une vulgarité pétaradante, décomplexée et assumée. Pénis, godes, amour anal, cunnilingus, branlette, tous les sujets y passent, avec parfois même des photos à l’appui. Lorsque les jeunes héros s’abandonnent à l’éveil des sens, c’est dans toutes les positions et en poussant des cris, bref, le ton est donné d’entrée : on y va gaiement et dans une ambiance joyeusement délurée. De fait, Zombeavers n’a finalement d’autres ambitions que de faire rire de ses énormités. Et quand apparaissent les castors zombies, nés de la fuite d’un bidon de déchets toxiques (évoquant tout naturellement les productions ), les animatronics font le boulot de façon old school, les effets gore sont nombreux et globalement plutôt réussis, même si bien entendu, les hybrides humains / castors sont tout de même vaguement ridicules. Mais tout cela passe plutôt bien au second degré, d’autant plus que le film est court (tellement court que les auteurs se sont sentis obligés de rajouter un bêtisier à la fin de la dernière bobine histoire d’arriver bon gré mal gré aux 1h20 réglementaires). Si on est encore loin de la force décalée et puissamment subversive des œuvres made in Troma, Zombeavers s’avère une honorable petite comédie horrifique.

 

 

Le DVD

[4/5]

L’éditeur Zylo n’ayant pas pu nous fournir de Blu-ray test, on chroniquera donc Zombeavers sur support DVD. Le master étant récent et de très bonne tenue, l’encodage est parfait sur les scènes lumineuses. Sur les séquences nocturnes ou en basse lumière en revanche, les halos et la pixellisation sont malheureusement parfois au rendez-vous : les limites d’un encodage en définition standard sans doute. Côté son, VF et VO sont mixées en Dolby Digital 5.1, au rendu plutôt dynamique, surtout en version originale.

Dans la section suppléments, Zylo nous permet tout d’abord de découvrir quelques bouts d’essai des acteurs, enregistrés durant la période de castings, et comparés avec les scènes finalisées. On continue avec une scène coupée, prenant place au début du film, durant le trajet en voiture des trois jeunes filles, et porte sur la musique écoutée sur l’autoradio, dont la nullité volontaire fait débat auprès des filles. Le reste des suppléments fera office de court making of, avec trois featurettes consacrées à l’envers du décor : un module est consacré à quelques images du tournage, un autre à la fabrication d’un castor en animatronic, et le troisième survole la transformation d’un des acteurs (Rex Linn) en mutant castoroïde, ou, comme l’indique la jaquette du DVD, en humanozombiecastor.

 

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