Test Blu-ray : R100 / Blaq Market #06

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Éditeur indépendant faisant indéniablement partie des plus intéressants en France en termes de qualité et d’audace, a lancé il y a un peu plus d’un an une collection appelée « », destinée à réunir des œuvres inclassables et déroutantes, signées par des cinéastes singuliers aux thèmes et à l’identité formelle très affirmés. « Blaq Market » est donc une collection qui a su captiver non seulement un public amateur de cinéma de genre au sens très large du terme mais aussi tout cinéphile avide de découverte(s)…

La première vague de la collection « Blaq Market » (décembre 2015) réunissait L’enfant miroir (Philip Ridley,) et Der Samurai (Till Kleinert, 2014).

La deuxième vague de la collection « Blaq Market » réunissait Ruined heart (Khavn de la Cruz, 2014) et Aaaaaaaah! (Steve Oram, 2015)

La troisième vague de la collection « Blaq Market » se tourne aujourd’hui vers le Japon, avec deux Combo Blu-ray / DVD absolument uniques, composés, pour le premier, du film (, 2013), et pour le second, de Tetsuo 3 : The bullet man (2009) + Fires on the plain (2014), tous deux réalisés par le cinéaste culte Shinya Tsukamoto.

 

 

R100


Japon : 2013
Titre original : –
Réalisateur : Hitoshi Matsumoto
Scénario : Hitoshi Matsumoto, , , ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Blaq Out
Durée : 1h39
Genre : Comédie, Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 6 décembre 2016

 

 

Takafumi, vendeur de literie sans grande ambition, décide de devenir membre d’un club privé pour pimenter un peu sa vie. Un monde de plaisirs s’offre alors à lui, sous forme de femmes dominatrices faisant irruption dans son quotidien aux moments les plus inattendus. Mais lorsqu’il souhaite résilier son adhésion, Takafumi ne sait pas encore quelle tempête d’évènements plus improbables les uns que les autres il va déclencher…

 

 

Le film

[4/5]

Taré, inclassable et vraiment typiquement japonais, R100 permet à Hitoshi Matsumoto de renouer avec la veine comique bizarroïde qui animait déjà son film Symbol, réalisé en 2009. Le film sous-tend de façon potache et décomplexée qu’afin de trouver le bonheur, l’homme doit passer par la souffrance physique. Si Shinya Tsukamoto avait déjà traité ce thème avec brio dans l’épatant Tokyo fist en 1995, Matsumoto quant à lui choisit de jouer la carte du décalage et de l’absurde, en mettant en scène un morne vendeur de matelas découvrant la plénitude à travers les services d’une boite de dominatrices SM / Bondage dont le boulot est de le frapper ou de l’humilier dans des lieux publics.

Mais si absurde et jalonnée de gags WTF soit-elle (mention particulière à ces personnages qui commentent le film en train de se dérouler), la trajectoire du héros vers le bonheur, dont le climax sera représenté à l’écran par une réinterprétation toute personnelle de l’hymne à la joie de Beethoven, a quelque chose de logique, de presque « rationnel ». Une rationalité dans la folie, dans une folie qui monte crescendo au rythme d’un comique de répétition de plus en plus barré en ce qui concerne l’annihilation de la vie « normale » de Takafumi, et R100 continue de monter en vrille jusqu’à un final complètement improbable mais 100% cohérent avec ce qu’il raconte, dans le sens où [ATTENTION SPOILERS] à la fin du film, notre vendeur de literie se voit totalement libéré des contraintes qui le maintenaient à sa morne existence… Et qui dans R100 représente une totale liberté ? Les femmes. [FIN DES SPOILERS]

R100 est donc un voyage cinématographique complètement fou et unique, aussi absurde que stimulant : le genre de pépite inattendue que l’on aurait bien tort de bouder.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le film de Hitoshi Matsumoto édité par Blaq out s’offre aujourd’hui une galette Blu-ray de très haute tenue. Niveau image, c’est assez superbe : les tons très froids et désaturés de la photo du film sont respectés à la lettre, le piqué est précis, la définition sans faux pas, et le film est proposé en 1080p : en deux mots, ce Blu-ray fait honneur au format. Côté son, la VO s’illustre en DTS-HD Master Audio 5.1, dans un mixage sobre privilégiant les ambiances ; la spatialisation ne se fait remarquer que durant de rares passages.

Niveau suppléments, c’est du lourd pour qui apprécie l’humour décalé et les outrances non-sensiques du film. On commencera avec un making of revenant sur le tournage de plusieurs scènes et laissant entrevoir une ambiance de tournage très détendue, suivi d’un montage de rencontres avec l’équipe du film lors de diverses avant-premières (dans un ton très promo et révérencieux propre aux japonais). On terminera avec une analyse du film par Stéphane du Mesnildot, journaliste aux Cahiers du Cinéma et spécialiste du cinéma japonais.

 

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